Chaque jour, une épave : 26 avril 1944, le torpilleur T-29 à Perros Guirec

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Torpilleur allemand de type 1939

Le T-29 était un torpilleur allemand à vapeur de type « Torpedoboot 1939 » qui appartenait à la 4e flottille de torpilleurs de la Kriegsmarine basée à Brest. Construit en 1942 par les chantiers Schichau Werft à Elblag dans la Pologne actuelle pour le compte de la Kriegsmarine, il mesurait 102 mètres de long et 10 mètres de large pour 3 mètres de tirant d’eau. Il était propulsé par 2 turbines à vapeur développant un total de 29000cv à une vitesse de 32 nœuds. Le navire possédait 4 canons de 105 mm, 4 canons de 37 mm, 12 canons AA 20 mm, 6 tubes lance torpille de 533 et 50 mines. Il était manœuvré par un équipage de 206 hommes. Son commandant était le Kapitänleutnant Georg Grund.

Le torpilleur T-29 était affecté à Brest depuis un an quand, le 25 avril 1944 il fut envoyé avec ses congénères T-24 et T-27 pour mouiller un champ de mines dans le nord-ouest de l’archipel des Sept-Îles, dans les Côtes d’Armor.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1944, vers 2h du matin alors qu’ils rejoignaient Brest, leur mission accomplie, ils ont été interceptés dans le nord-ouest de l’île de Batz par la force 26 alliée, formée du croiseur anglais HMS Black Prince du destroyer HMS Ashanti et des destroyers canadiens HMCS Athabaskan, Haida et Huron. Cette escadre avait pour mission d’empêcher toute activité allemande en Manche avant le débarquement du 6 juin 1944, dont les préparatifs allaient bon train.

Le combat du T-24 contre le destroyer canadien Athabaskan

Pour éviter la confrontation directe avec une force nettement supérieure, les torpilleurs allemands décidèrent de changer de cap pour se diriger vers Saint-Malo en longeant la côte, afin d’échapper aux radars anglais. Les destroyers canadiens, plus rapides que les croiseurs anglais, se lancèrent à la poursuite de la flottille et donnèrent l’assaut sur le T-29, qui était le plus proche d’eux. Plusieurs coups touchèrent de plein fouet le torpilleur allemand, qui a vu sa situation se détériorer très rapidement sous une pluie d’obus qui atteignaient d’autant plus facilement leur but après qu’il ait été stoppé.

Vers 4h30 ce matin du 26 avril 1944, le T-29, blessé à mort, reçut le coup de grâce et coula presque immédiatement, en face de Port-Blanc, entraînant avec lui 137 hommes de l’équipage, dont son commandant, le Kapitänleutnant Georg Grund, ainsi que le Korvettenkapitän Franz Kohlauf, commandant de la 4e Flottille de torpilleurs qui se trouvait lui aussi à bord du T-29 avec une grande partie de son état-major.

Le T-27 en perdition
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Dans la journée du 26 avril, alors que des patrouilleurs récupéraient 73 rescapés du naufrage du T-29, la poursuite continuait entre les torpilleurs restant et les navires alliés. Dans la nuit du 28 au 29 avril, alors que le T-27, à son tour en détresse, allait se jeter en feu sur la côte près de Kerlouan où il a été achevé par des avions anglais Typhoon du 266e Squadron, le T-24, dernier des trois torpilleurs, réussit le tour de force de couler l’Athabaskan par une torpille au large de l’Aber Wrac’h.

Le T-24 ne profita pas longtemps de sa victoire, puisqu’il fut à son tour envoyé par le fond quelques semaines plus tard, le 28 août 1944, durant l’opération Overlord.

Aujourd’hui l’épave du torpilleur T29 repose par environ 40m de fond (à basse mer), à 5 nautiques à l’est de l’île Rouzic et 3 nautiques au nord de Port-Blanc, à la position : latitude 48° 53’ 228 N et longitude 3° 18’ 697 W. L’épave est posée à l’envers, l’arrière en direction de la côte. La coque est cassée à plusieurs endroits et permet aux plongeurs de pénétrer à l’intérieur. Sur l’arrière les deux hélices sont présentes. Un important champ de débris jonche le sol près de l’épave, aux endroits où la coque s’est effondrée. Vers le milieu du navire, en passant à l’intérieur, les machines sont toujours visibles.

L’épave est habitée par une population très dense de tacauds et ses inévitables gardiens, les congres. Une très belle plongée, à réserver aux plongeurs confirmés à cause de la profondeur et des courants, souvent forts si l’on dépasse la fenêtre de l’étale.

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