Chaque jour, une épave : 18 juin 1940, le Chasseur 16 à Groix

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Peinture à l'huile de J-G Montador peintre de la Marine L'œuvre, prêtée par l'artiste, se trouve au Memorial du 19 août 1942 à Dieppe (Seine-Maritime, France)

Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Chasseur 16 mis en construction en 1938 aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, Worms et Cie, au Trait, près du Havre, pour la Marine Nationale française. Il s’agissait d’un chasseur de sous-marins de « classe 5 », de 107 tonnes, de 37 mètres de long sur 6 mètres de large pour 2 mètres de tirant d’eau, motorisé de 2 diesels de 1130 cv sur 2 hélices, lui donnant une vitesse de 15,5 nœuds.

Un canon de 75 mm à l’avant, deux mitrailleuses antiaériennes en passerelle et des grenades anti-sous-marines à l’arrière constituaient l’armement. L’équipage disposait de simples hamacs tendus à l’avant entre la chambre du commandant, au centre, et le magasin, en proue. Le logement des deux maîtres était, lui, aménagé sur l’arrière, près de la cambuse.

Le Chasseur 16 fut lancé le 8 juin 1940 mais n’étant pas terminé, il devait être remorqué comme trois autres navires-jumeaux portant les numéros 8, 12 et 15, pour gagner Cherbourg le lendemain. Mais devant l’avancée des troupes allemandes qui envahissaient progressivement toute la côte de la Manche, le convoi de remorquage dut poursuivre sa route vers un port de la côte Atlantique, qui n’était pas encore menacée.

Le 16 juin, toujours remorqué il se présenta à Lorient fuyant toujours l’avance allemande. Mais déjà les Junkers 88 et les Heinkel 111 lâchaient leurs bombes sur la région lorientaise et la Wehrmacht pointait son nez aux portes du Morbihan et plus au sud, jusqu’à Saint-Nazaire et Nantes.

Le 17 juin, d’autres avions ennemis semèrent des mines à la sortie du port de Lorient. Partout, on s’organisait pour évacuer dans un immense désordre. L’or de la Banque de France, mais aussi des réserves belges et polonaises, étaient embarqués. Ainsi, 275 tonnes de métal précieux ont été soustraites à la convoitise de l’envahisseur et attendraient des jours meilleurs à Casablanca.

Le 18 juin 1940, les alertes aériennes se succédaient, bombes et mines pleuvaient. Des réfugiés venus du Nord et de Bretagne, auxquels se mêlaient des militaires d’origines diverses, tentaient d’embarquer sur tout ce qui flottait. À 13 heures, l’ordre d’appareillage général fut donné. Tous les bateaux devaient rallier le Maroc. Ceux qui ne disposaient pas de l’autonomie nécessaire se rendraient en Angleterre, d’autres enfin seraient sabordés. Ainsi, de nombreux navires militaires quittaient la rade, accompagnés d’une vingtaine de cargos et de chalutiers.

Le Chasseur 16, qui n’était pas encore terminé, fut remorqué hors du port et coulé, en début de soirée, entre Groix et le continent, sans avoir connu le moindre combat. L’aviso Enseigne Henry et le patrouilleur auxiliaire Quimpéroise subiront le même sort. C’est au cours de cette débâcle que la Tanche sauta sur une mine, le lendemain à la sortie du port, faisant près de 200 morts.

Aujourd’hui l’épave du Chasseur 16 dort toujours sur un fond de sable par 25 mètres de profondeur, entre l’entrée de la rade de Lorient et l’île de Groix, aux coordonnées : latitude 47° 39’ 926 N et longitude 3° 27’ 692 W. La visibilité est rarement au rendez-vous dans cette zone, mais on peut tout de même découvrir les restes de l’épave qui s’étendent sur une quarantaine de mètres de longueur. Les moteurs sont bien visibles au milieu de l’épave. De par sa faible profondeur, le site est accessible à tous niveaux de plongeurs.

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