Chaque jour, une épave : 19 juin 1940, la Tanche à Lorient

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

La Tanche était un navire issu d’une série un peu particulière de chalutiers-patrouilleurs de la Marine Nationale, c’est-à-dire de bateaux patrouilleurs adaptés sur des coques de chalutiers, construits en 1918 aux chantiers Delauney Belville de La Pallice.

la Tanche avait une longueur de 40 m pour 7 m de large et un tirant d’eau de 4,8 m. Dotée d’une machine à vapeur alternative à triple expansion de 450 cv et d’une Chaudière pour une vitesse de 9 nœuds, d’une jauge brute de 276 tonnes. Son armement était constitué d’un canon de 90 mm et d’un autre de 47 mm.

Le chalutier a été placé, en janvier 1919, en réserve au sein de la flottille de Bretagne sud à Lorient, avant de rejoindre la flottille de Provence en septembre et être armé comme garde-pêche. Mais la même année, il fut intégré à la liste de la liquidation des stocks avec 70 autres patrouilleurs en excédent aux besoins de la Marine après la fin de la Première Guerre mondiale. En janvier 1920, il a été repris par le Secrétariat à la Marine marchande au bénéfice de l’Office scientifique et technique des pêches maritimes. Dès le 1er février, il appareilla de la cité phocéenne en direction de Lorient avec un équipage de la Marine nationale, les cales à poissons ayant été transformées en 6 chambres et laboratoires. Par la suite, la Tanche effectua de nombreuses missions de recherches océanographiques, entre 1921 et 1928 dans le golfe de Gascogne et sur les côtes du Maroc, notamment des études sur la migration des thons ou l’incidence du bruit des hélices sur la faune marine.

En 1928, le chalutier a été vendu à l’armement Merrienne Frères, de Fécamp. Transformé au Havre pour la pêche, le chalutier reprit du service, manœuvré par 30 hommes d’équipage, jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.

Le mercredi 19 juin 1940, alors que l’armée allemande avançait à grand pas, bousculant toute la partie nord de la France sur son passage, côté français c’était la debâcle. Tous les ports des côtes de la Manche et du nord de la Bretagne étaient pris ou en train de tomber, les Allemands entraient dans Paris. La Tanche, réfugiée à Lorient, préparait l’évacuation de la ville bretonne au sein d’une armada de bateaux de toutes tailles, pris d’assaut par des milliers de fuyards à destination, soit de la zone libre, soit de l’Angleterre.

Sur le port de Lorient régnait la plus totale confusion. Deux jours plus tôt, le Paquebot Lancastria avait été coulé par l’aviation ennemie dans l’estuaire de la Loire, devant Saint-Nazaire, causant la mort de plusieurs milliers de personnes. Depuis la veille, les bateaux partaient de Lorient, on sabordait les bâtiments qui étaient inutiles.

Vers 15h, la Tanche prit enfin la mer, se scales remplies de charbon. A son bord s’étaient antassés plus de 250 personnes, civiles et militaires, dans le but de rallier un port au sud de la Loire, en zone libre, vraisemblablement La Rochelle.

Des avions ennemis avaient largué des mines la veille, à la sortie du port. Les opérations de ratissage ont bien été entreprises aussitôt mais la passe Ouest n’avait pas été sécurisée à l’heure du départ du chalutier.

Il était environ 16 heures quand le chalutier s’engage dans la passe Ouest, à la sortie de la rade de Lorient. Soudain, retentit une violente explosion accompagnée d’un monstrueux geyser qui projeta en l’air des corps disloqués et déchiquetés. La Tanche venait de sauter sur une mine. En un instant, le bateau fut englouti. Quelques rescapés de l’explosion s’accrochèrent tant bien que mal à des morceaux de bois qui flottaient et furent récupéré un peu plus tard par un navire venu à la rescousse. Douze survivants sont hissés à bord, puis de nombreux cadavres.

Au fil des semaines, les bateaux de pêche retrouveront plus d’une quarantaine de corps et, pendant plusieurs mois, la mer rejettera sur les plages alentour les dépouilles de dizaines de malheureux, dont Georges Fréger, le capitaine, que l’on identifiera grâce à sa montre. Le lundi 7 octobre, on découvrit encore près du fort Puce, à Gâvres, un cadavre sans bras ni tête provenant probablement du chalutier Tanche. Environ 240 personnes ont trouvé la mort dans cet épouvantable naufrage.

Aujourd’hui, l’épave de la Tanche dort toujours sous une dizaine de mètres d’eau, sur un fond de sable à la sortie du port de Lorient, près de la balise des Truies aux coordonnées : latitude 47° 41’ 284 N et longitude 3° 23’ 230 W. La plongée est facile au vu de la faible profondeur, meme si le site se trouve en bordure du chenal de navigation, et bénéficie généralement d’une bonne luminosité. L’épave est couchée sur bâbord et est animée d’une faune très variée, allant des crabs et araignées aux tacauds, en passant par les congres, soles et pourquoi pas, un éventuel homard…

Lien vers video Youtube de Franck56 :

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