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Par Jean de Saint Victor de Saint Blancard (www.subphotos.com– (F) sea 4 you)

Focus sur la formation « SAL » (scaphandrier autonome léger) des sapeurs-pompiers, ouverte aux hommes comme aux femmes. Référentiel emplois, activités, compétences des sapeurs-pompiers pour des interventions secours et sécurité en milieu aquatique et hyperbare…

Vous savez peut-être déjà que le terme de « sapeur-pompier » est directement lié au terme et grade de sapeur du corps militaire du Génie, composé de plusieurs métiers.
Sapeur est le grade de base, le premier de ceux des hommes du rang. Il a donné son nom aux « sapeurs-pompiers » à la suite de la création des premiers corps de pompiers professionnels qui étaient à l’origine des corps militaires faisant partie du génie militaire et en reprenaient donc les grades.

Nous sommes allés à Lyon à la rencontre du caporal Coralie Andreani, une des rares femmes qualifiées « scaphandrier autonome léger de niveau 1 » (SAL 1). Notre objectif était de pouvoir recueillir des informations sur les sapeurs-pompiers amenés à intervenir en milieu aquatique.

Lundi 7 octobre 2019 à 09h30, rendez-vous pris à la caserne de Lyon-confluence, inaugurée le 2 septembre 2017 par le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et d’autres personnalités officielles.

Grace à la qualité de nos échanges avec le caporal Coralie Andreani et avec le lieutenant hors-classe Arnaud Starck, conseiller technique départemental nautique adjoint, en lisant ces lignes vous allez vous immerger dans une activité professionnelle qui s’exerce « palmes aux pieds » et mieux comprendre les enjeux des formations pour assurer les interventions.

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Qui sait ? Cela encouragera peut-être une ou plusieurs vocations ? Pour assumer un métier « passion » et non sans risque qui exige une rigueur absolue.

Textes de références :

  • Décret 2011-45 du 11 janvier 2011 relatif à la protection des travailleurs intervenant en milieu hyperbare,
  • Référentiel emplois, activités, compétences et ses annexes du 31 juillet 2014.

Vous avez compris que des textes précis encadrent les spécialités nautiques professionnelles. Sont définis dans ces textes les différents niveaux de plongée, la formation, les missions.

La formation à la plongée est dispensée à trois niveaux

L’accès au premier niveau de cette formation à la plongée est subordonné au suivi d’une formation préparatoire dispensée à l’échelon départemental, dans un centre agréé et à une profondeur maximale de 12 mètres.
Cette formation préparatoire permet de sélectionner les candidats aptes à suivre la formation de « scaphandrier autonome léger » (SAL).

Chaque niveau nécessite l’acquisition d’une unité de valeur de formation : scaphandriers autonomes légers, unité de valeur « SAL 1 », acquise lors de stages départementaux, nationaux, dans la limite d’une profondeur 30 mètres.

La pré-formation

 Le stage préparatoire est organisé au niveau départemental coordonné par la zone.
Conditions de candidature : 
– Être « sapeur-pompier professionnel titulaire » ou « sapeur-pompier volontaire » ayant validé la période probatoire.

– Être médicalement apte en milieu subaquatique et hyperbare
– Être majeur
– Être à jour de sa formation continue en matière de secours à personne
– Être titulaire du « sauvetage aquatique » niveau 1

La profondeur maximale atteinte au cours de cette pré-formation ne doit pas excéder 12 mètres de profondeur. Il s’agit d’un stage bloqué d’une durée effective de cinq jours, encadré par un responsable pédagogique, conseiller technique SAL recyclé, et un conseiller technique SAL ou chef d’unité SAL opérationnel pour deux stagiaires maximum. Le stagiaire ayant validé les objectifs de pré-formation reçoit une attestation délivrée par l’organisme formateur, lui permettant l’accès au stage SAL 1. Attestation valable douze mois.

L’unité de valeur « SAL 1 » 

Le stage de formation SAL 1 a pour but d’acquérir les compétences nécessaires pour effectuer des interventions de secours et de sécurité en milieu aquatique et hyperbare, en maîtrisant les techniques de plongée et les techniques opérationnelles de base et d’occuper l’emploi d’équipier « scaphandrier autonome léger » – SAL 1.

Apres avoir validé les objectifs de la pré-formation, le candidat va pouvoir suivre le stage de formation en site naturel durant une période de trois semaines, dans les centres agréés organisateurs de la formation SAL 1.

Le scaphandrier autonome léger SAL 1 peut à la demande de son directeur départemental des Services d’Incendie et de Secours, suivre une formation complémentaire lui permettant d’obtenir la qualification « 50 mètres ».

Les conditions de candidature et d’admission au stage de qualification opérationnelle «50 metres » sont les suivantes : être titulaire du diplôme SAL 1 depuis plus d’un an et être habilité « 30 mètres » + inscription sur la liste annuelle départementale d’aptitude opérationnelle + avoir réalisé au moins 60 plongées en milieu naturel, dont six plongées entre – 20 mètres et – 30 mètres et ce dans les douze derniers mois + avoir satisfait aux tests d’admission organisés sous la responsabilité du conseiller technique SAL de zone à la demande des autorités d’emplois.

Equivalences 

Diplôme Sécurité Civile accordé par équivalence 

Sal 1 = plongeur niveau 4 – autonome – ffessm –

Sal 1 = plongeur autonome niveau 4 – fsgt – 

Sal 1 = bp jeps 

Diplômes liés à l’aptitude à l’hyperbarie (CAH) – mention A & B, délivrés par le Ministère du Travail sous condition de réaliser le module opération niveau « SAL » (diplômes Sécurité Civile accordés par équivalence).

Sal 1 (30 mètres) = classe 1 

Sal 1 (50 mètres) = classe 2 

Diplômes délivrés par le ministère de la défense (diplômes Sécurité Civile accordés par équivalence sous condition de réaliser le module opération niveau « SAL »).

SAL 1 = certificat technique élémentaire (CTE) – Armée de Terre 

SAL 1 = certificat technique élémentaire (CTE) – Brigade des sapeurs pompiers de paris 

Sal 1 = plongeur de bord – Marine Nationale –

Sal 1 qualifie « – 50 mètres » = plongeur démineur – Marine Nationale (diplôme Sécurité Civile accordé par équivalence sous condition de réaliser le module «connaissances professionnelles » niveau sal 2).

Sal 1 = plongeur de bord – Bataillon des marins pompiers de Marseille (diplôme Sécurité Civile accordé par équivalence sous condition de réaliser le module opération niveau SAL 1).

Sal 1 = certificat de plongeur autonome de la Gendarmerie Nationale (diplôme Sécurite Civile accordé par équivalence sous condition de réaliser le module opération niveau SAL 1).

Cadre d’activité – missions 

Les missions des SAL sont toujours caractérisées par l’urgence dans le cadre de la sauvegarde des personnes et des biens ou de la protection de l’environnement.
Les différentes missions que les sal sont susceptibles d’assurer sont : 

– Sauvetage et assistance
– Prompts secours en milieu hyperbare
– Reconnaissances
– Sécurité des interventions en site aquatique
– Dispositif prévisionnel de secours aquatique ou subaquatique et hyperbare
– Travaux subaquatiques et hyperbares d’urgence
– Assistance pour la lutte contre les pollutions et la protection de l’environnement
– Recherches diverses
La notion de « prompt secours » reste valable pour une personne noyée, immergée pendant une durée d’une heure et pouvant aller jusqu’à deux heures dans une eau très froide inférieure à 6° Celsius.
L’intervention sera adaptée en fonction du contexte (poches d’air, zones de survie) ou de l’autonomie (emploi de recycleur par exemple) et de la condition physique de l’individu susceptible d’intervenir.
Les travaux subaquatiques et hyperbares d’urgence qui entrent dans le cadre des missions des SAL ont pour but le colmatage de brèche, le dégagement d’une voie navigable, fluviale ou maritime, l’amarrage, le repêchage ou le renflouement de véhicules ou engins divers, l’enlèvement d’obstacles immergés, le traitement d’une pollution, le dégagement d’hélice entravée ne permettant pas la manœuvrabilité de l’embarcation. 

Les travaux de renflouement, d’enlèvement, de destruction d’obstacles immergés et de dégagement de bateaux ou de navires, incombent normalement à des sociétés spécialisées dans les travaux subaquatiques et hyperbares. L’activité des plongeurs sapeurs-pompiers doit rester motivée par l’urgence, l’occurrence d’un danger avéré ou en cas de carence de telles sociétés.

Les scaphandriers peuvent être engagés suite à réquisition de l’autorité judiciaire ou administrative, sous réserve de leur qualification et habilitation. Les plongeurs seront engages après réception de la réquisition. Le commandant des opérations de secours recueille l’avis des plongeurs sur des critères précis et références, organise le travail sur cette base. Dès l’acceptation de la mission, le directeur de plongée (conseiller technique SAL ou chef d’unité SAL) est responsable de l’ensemble des plongeurs placés sous son autorité. Il définit une idée de manœuvre et propose une méthode d’intervention au commandant des opérations de secours pour accord.

La mission et ses limites, fixées par le commandant des opérations de secours, peuvent être refusées par le responsable de la plongée si les conditions de sécurité ne sont pas respectées ou si le cadre réglementaire n’est pas respecté.

Le comportement du plongeur doit être adapté aux conditions particulières de la plongée. Le plongeur doit avoir une parfaite maîtrise de lui-même, ainsi qu’une totale connaissance et une absolue conscience des dangers. Enfin, le plongeur garde son libre arbitre en toute circonstances prévues par le référentiel national pour refuser une plongée en cas de méforme psychique ou physique.

Vous avez compris en lisant ces lignes combien les sapeurs-pompiers doivent faire preuve de qualités d’engagement, de motivation, de courage, de sang-froid, de rusticité, d’autonomie… Qualités physiques pour compléter la vocation et la volonté pour réussir des formations exigeantes et qualifiantes.

Aimer le milieu aquatique est l’une des clefs pour entreprendre un suivi de formation pour valider la formation de scaphandrier autonome léger. 

Unité mixte

Il y a mixité ! L’exemple du caporal Coralie Andreani doit encourager les jeunes femmes sapeurs-pompiers à s’intéresser à ce challenge d’intégration dans les équipes « SAL 1 ».

Coralie est devenue sapeur-pompier professionnel en 2015. Après une formation de 4 mois où elle a développé des compétences en secourisme, en incendie et en opérations diverses, elle a souhaité se spécialiser dans le milieu aquatique. Ainsi, en 2016, elle suit la formation SAV1 qui lui permet de devenir nageuse sauveteuse.  Un an plus tard, Coralie passe des épreuves physiques et écrites afin d’accéder à la formation de scaphandrier autonome léger de niveau 1. Elle devient ainsi une des rares femmes plongeuses au sein du SDMIS.

C’est un métier-passion exigeant, qui s’exerce avec rigueur « palmes aux pieds »…

Rapprochez-vous au niveau départemental d’un conseiller technique SAL pour davantage d’informations sur le déroulé de la formation « SAL 1 » en pleine eau et les compétences opérationnelles à atteindre.

Nous souhaitons le meilleur aux sapeurs-pompiers en saluant leur professionnalisme. Que ces photographies partagées en ligne puissent réaffirmer notre respect et notre reconnaissance et encourager des vocations ?

Remerciements :

Lieutenant-colonel Sébastien Pontet, chef du groupement centre – chef du CIS Lyon-Corneille – specialités nautiques 

Lieutenant Sylvain Dupuy, coordinateur, conseiller technique départemental nautique, caserne Lyon-Corneille 

Lieutenant Lionel François, conseiller technique plongeur – sauveteur aquatique – formateur moyens nautiques 

Lieutenant-colonel Philippe Bourgin, chef de la caserne Lyon-Confluence

Lieutenant hors classe Arnaud Starck, conseiller technique départemental nautique adjoint Confluence 

Sergent-chef Djamel Djemah – SAL 1 

Caporal Coralie Andreani – SAL 1 

Tous les sapeurs-pompiers croisés à la caserne Lyon-Confluence le lundi 7 octobre 2019…

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