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Texte et photos Jean-Louis Maurette

Les épaves sont une véritable passion pour les plongeurs, et encore plus pour les Tekkies (plongeurs Tek) qui sont capables de descendre à des profondeurs déraisonnables pour visiter une belle endormie… Passons en revue les techniques incontournables pour explorer les épaves en sécurité.

Les épaves enflamment souvent l’imaginaire des plongeurs. Certains attrapent le virus et ne jurent que par elles. Le fait est que plonger sur certaines épaves procure une étrange expérience émotionnelle. Les tragédies liées à ces pathétiques vestiges font prendre conscience de la fragilité de l’être humain et de la dérision de certains de ses objectifs. Il est vrai aussi que ces scènes de désastre se métamorphosent fréquemment en de véritables sanctuaires explosant de vie sous-marine. Les épaves attirent, mais attention ! Certains dangers y sont associés et il est préférable de les connaître afin de les éviter, ou à défaut, de les minimiser et les rendre acceptables. Plusieurs accidents mortels surviennent tous les ans et nous rappellent que certaines règles doivent être appliquées et qu’il est dangereux de les ignorer ou de ne pas les respecter. 

La plongée sur épave se divise en deux phases principales : l’exploration externe et l’exploration interne, cette dernière pouvant également se séparer en deux parties, la pénétration limitée, dans laquelle la lumière du jour est toujours visible, et la pénétration profonde, sans lumière naturelle et avec progression sous-plafond, comparable à la plongée spéléo.

L’exploration externe

Une épave présente des difficultés spécifiques. On ne l’aborde pas de la même manière qu’un tombant ou une roche. 

Aucun accessoire ne doit traîner, au risque de s’accrocher sur une aspérité
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Premier principe de base : Vous ne devez jamais laisser traîner d’équipement. Les manomètres, détendeurs, lampes et accessoires divers doivent toujoursêtre fixés au plus près du corps mais aisément accessibles. L’utilisation de mousquetons bas de gamme est à proscrire formellement au bénéfice de ceux qui possèdent un système de fermeture évitant une ouverture inopinée. Plastique et aluminium à bannir ! Le premier pour sa fragilité, le second pour sa sensibilité aux couples électrolytiques. Un bon mousqueton doit être en bronze ou en inox, d’une taille suffisante pour être manipulé facilement, s’ouvrir d’une seule main, même gantée et les doigts engourdis par le froid, et à chaque fois que le plongeur le souhaite. Si le bris d’un mousqueton en plastique ou l’ouverture intempestive d’un modèle inadapté peuvent causer la perte d’un accessoire coûteux, ce qui est généralement regrettable, qu’en est-il d’un plongeur dont la vie peut-être mise en danger à cause du blocage d’un mécanisme dû à la corrosion ? La plongée nécessite un matériel adapté, laissez celui destiné au parachutisme ou à l’escalade au placard. Il est aussi curieux de voir des plongeurs investir des sommes conséquentes dans l’achat d’un détendeur ou un ordinateur haut de gamme et négliger un accessoire important comme le mousqueton qui pourtant ne doit pas souffrir la médiocrité… 

Deuxième principe : Utilisez dans la mesure du possible la règle des tiers pour la gestion de votre air. C’est à dire, un tiers pour la descente et la première partie de la plongée, un tiers pour le retour et la remontée et le dernier tiers en réserve afin de palier à un éventuel problème (fuites, dépassement du temps de plongée, etc).

En général, la descente s’effectue le long d’une ligne de mouillage (ou d’une balise). Dès l’arrivée sur l’épave, il est nécessaire de mémoriser des marques particulières et de prendre des repères. Les surfaces verticales ou penchées, souvent déformées, les ouvertures et saillies diverses, peuvent poser des problèmes de navigation. 

Pour la pénétration à l’intérieur de l’épave, l’utilisation d’un fil d’Ariane peut s’avérer fort judicieux

Dans les cas d’épaves de grandes tailles disloquées ou de mauvaise visibilité, il ne faut pas hésiter à utiliser un dévidoir et à poser un fil d’Ariane à partir de la ligne de mouillage (ou la balise). Généralement, et spécialement s’il y a du courant, il est préférable de partir de la ligne de mouillage et d’y revenir.Certaines plongées nécessitent néanmoins une récupération en pleine eau car tributaires du courant et d’une période d’étale limitée. Comme toujours c’est au plongeur de bien planifier sa plongée et l’adapter aux conditions rencontrées sachant que si une bonne préparation ne supprime pas totalement les risques elle les diminue néanmoins fortement.

Avec d’excellentes conditions de visibilité, l’usage d’un dévidoir n’est pas obligatoire mais il faut absolument s’orienter avant de laisser la ligne de mouillage. De plus n’oubliez pas que les épaves métalliques rendent hasardeux et même illusoire l’usage d’un compas.

Si l’épave est de petite taille, vous pouvez en faire le tour complet. Vous commencez la progression le long d’un bord (s’il existe encore), continuez en longeant l’autre côté, et revenez ainsi à votre point de départ. Si les dimensions de l’épave sont trop importantes, vous devez limiter votre exploration à une zone plus restreinte.

La présence de courants n’est pas rare. Il se peut qu’une partie de l’épave y soit sujette et l’autre non. Vous avez alors le choix entre un côté abrité ou agité. Dans certains cas, la possibilité s’offre aussi de partir à contre-courant et revenir en vous laissant porter par celui-ci.

Toujours utiliser les éléments de l’épave pour s’abriter des courants éventuels

Il arrive parfois que la houle ou le ressac provoque un effet de succion et d’aspiration à travers les ouvertures d’épaves peu profondes ou en partie immergée. Un plongeur peut être violemment attiré vers les parois et blessé. Vous devez donc être attentif à tout mouvement d’eau suspect pouvant annoncer ce type de phénomène particulier.

Les pêcheurs connaissent bien ces refuges privilégiés pour la faune que sont les épaves. Ils y abandonnent souvent des lambeaux de filets (quand ce ne sont pas des filets entiers !) qui continuent de pêcher les poissons… comme les plongeurs. Dans tous les cas, lors de la présence de filets et de bouts divers, la méfiance et la prudence sont de rigueur !

Si par malchance, vous restez accroché à un filet (ceux en nylon transparent sont particulièrement « pêchant »), pas de panique, restez zen. Une situation au départ embarrassante peut rapidement devenir dramatique si une agitation intempestive s’en mêle. Il est primordial, comme toujours en plongée, de garder son calme. Il suffit la plupart du temps d’ôter quelques mailles emprisonnant un accessoire. Votre collègue (vous ne plongez jamais seul, n’est-ce pas ?) peut vous aider à vous sortir de ce mauvais pas, mais il doit faire preuve de circonspection et de doigté.

Présence de filets : attention, danger ! Le plongeur peut y rester accroché…

Si vous êtes bien pris, utilisez votre couteau, votre cisaille ou un coupe-fil type « Z-knife ». La grande majorité des poignards de plongée ne sont pas toujours suffisamment affûtés pour couper net un fil ou une ligne dans laquelle on s’est retrouvé emmêlé. La lame de rasoir du « Z-knife » y parvient sans problème, d’autre part, sa conception évite de couper un tuyau. La cisaille permet de sectionner un câble de petit diamètre, même en acier. 

Les épaves sont fréquemment déchiquetées, ornées de tôles coupantes, de ferrailles tordues et acérées. Des concrétions ou des coquillages les recouvrent parfois et les rendent abrasives. Les amateurs d’activités halieutiques y laissent aussi nombre d’hameçons dont la diversité n’a d’égale que leur propension à trouver des doigts à leur convenance. Vous apprécierez le port de bons gants qui protégeront efficacement vos mains le cas échéant. Mais ouvrez l’oeil car même les meilleurs gants n’offrent pas une protection absolue…

Observez toujours où vous vous dirigez (quand la visibilité le permet…). Evitez si possible de passer sous des pièces ou des morceaux d’épaves qui oscillent sous l’action du courant ou des vagues et qui peuvent s’effondrer inopinément. 

Vous avez évité les quelques pièges précédemment cités, c’est un bon début. Vous pouvez donc continuer votre périple subaquatique, mais…. restez vigilant !

A l’intérieur d’une épave, les sédiments peuvent être soulevés non seulement par le palmage, mais aussi par les bulles des plongeurs (au plafond)

L’exploration interne

L’exploration interne d’une épave, avec les risques de désorientation et d’emprisonnement dans un environnement clos sans accès direct vers la surface, est une des formes de plongée les plus dangereuses mais aussi des plus passionnantes. Bien entendu certaines précautions sont à prendre et la place n’est pas à l’improvisation ou à la précipitation. 

Tout d’abord, si vous pénétrez dans un compartiment, un équipier doit être informé de votre initiative et vous attendre. C’est impératif !!! Il doit être équipé d’un phare qui permettra lors d’un retour dans la pénombre ou par mauvaise visibilité d’aider à visualiser la sortie sur les derniers mètres. Cet équipier est là aussi pour garder vos blocs de déco et/ou votre bloc principal si vous avez décapelé afin d’utiliser un bloc de taille inférieure. Cela peut paraître curieux mais c’est une précaution élémentaire car le cas n’est pas si rare sur des épaves régulièrement fréquentées où des plongeurs étrangers à l’action trouvant un bloc et le croyant abandonné l’ont remonté avec eux ! 

La pénétration verticale, tête en avant peut s’avérer très dangereuse si l’intérieur est trop exigu pour pouvoir faire demi-tour

En règle générale, si l’entrée du compartiment par lequel vous allez vous glisser dans l’épave est horizontale, vous devez pénétrer la tête en avant, si elle est verticale, il est préférable de descendre les pieds en premier.

Si l’architecture de l’épave à investiguer le justifie, vous aurez au préalable fixé votre fil d’Ariane dans une zone exposée à la lumière du jour, si possible à l’extérieur de l’épave. Afin de sécuriser cette ligne de vie, il est conseillé de l’accrocher une seconde fois à proximité du premier point de fixation.

A ce niveau de la plongée, il est nécessaire de maîtriser parfaitement la technique et le maniement du fil d’Ariane. Si tel n’est pas votre cas, soyez raisonnable et contentez-vous sagement d’une exploration limitée, en ne perdant jamais de vue le passage par lequel vous êtes entré et qui est aussi dans la majorité des cas… la sortie.

Le plongeur d’épaves prudent prend toujours le temps d’observer afin d’évaluer le risque et de repérer les sorties possibles

Il faut toujours avoir à l’esprit que très souvent, même dans le cas d’une pénétration limitée, la visibilité se dégrade après le passage d’un plongeur. La progression commence dans l’eau claire, mais le retour s’effectue fréquemment dans un brouillard de particules qui stoppe la lumière des phares et peut réduire l’éclairage à quelques centimètres.

De nombreux plongeurs pensent à tort que les mouvements de palmes sont seuls responsables de la détérioration de la visibilité. Les bulles qui s’échappent des détendeurs suffisent aussi à détacher des particules diverses des plafonds. Avant de pénétrer complètement dans un compartiment, vous pouvez faire fuser un de vos détendeurs pour voir si les bulles décollent des particules des parois. 

Dans le cas d’ouvertures très étroites, le plongeur peut être amené à décapeler son bloc et à se laisser glisser les palmes en avant, le blocs entre les jambes. A réserver aux experts !

Pour éviter de dégrader trop rapidement la clarté de l’eau, vous devez en premier lieu régler soigneusement votre flottabilité afin de ne pas toucher le fond (ni le plafond…). La progression s’effectue toujours lentement, en évitant si possible de palmer verticalement. Mieux vaut utiliser de doux et courts mouvements de palmes latéraux, de s’aider des bras et des mains. Surtout pas de coup de pieds intempestifs.

Lors de votre progression, n’hésitez pas à vous retourner régulièrement et d’observer la dégradation de la visibilité après votre passage. Si vous êtes pris dans un brouillard de particules, restez absolument immobile une ou deux minutes. Il arrive que les particules se dissipent suffisamment pour vous permettre de voir à nouveau.

Il existe d’autres dangers auxquels il faut faire attention et dont il est rarement fait mention. 

Par exemple, résistez à la tentation de manipuler des obus, des fusées de mortiers ou des objets à vocation ambiguë et inconnue pour un profane, genre mines sous-marines. Les engins destructeurs semés au fond des mers par l’homme au cours des guerres sont souvent en parfait état de fonctionnement, et ce, malgré un aspect extérieur qui pourrait laisser penser le contraire. A caresser des yeux uniquement…. !

Dans les épaves comme ailleurs, on ne touche à rien ! ce plongeur inconscient porte un obus qui est susceptible d’exploser à la première occasion !

Vous devez vous méfier également de certains « résidants » qui peuvent faire preuve d’une curiosité déplacée ou d’une irascibilité imprévue. Ne les provoquez pas inutilement par un comportement inopportun, en les éclairant avec insistance, en agitant vos doigts devant leur gueule, en les regardant sous le nez béatement car narcosé, ou en les acculant dans des recoins. Sur les côtes européennes, les congres, animaux habituellement d’un naturel pacifique, ont parfois des réactions assez vives. Dans les eaux tropicales, faites attention aux grosses murènes, qui n’aiment pas toujours être chatouillées, et aux scorpaenidés (poissons-pierres, poissons-scorpions etc…). Dans tous les cas, regardez bien où vous posez les mains et où vous mettez votre nez.

On ne touche pas à la faune, même si parfois, comme ce congre, elle se montre un peu trop familière… Cela reste quand même des animaux sauvages aux réactions imprévisibles

Enfin, subjugué par l’exploration d’une superbe épave, n’oubliez quand même pas de contrôler régulièrement vos paramètres de plongée.

Matériel et équipement type

Aucun équipement n’est 100 % fiable, toutes les configurations doivent permettre de faire face à une défaillance de matériel.

  • L’air (ou le mélange respiratoire)

On pense bien sûr en premier lieu, à un problème d’alimentation en gaz respiratoire. Le plongeur doit pouvoir regagner la surface en effectuant normalement sa décompression, même si un détendeur se bloque ou se met en débit continu suite à un choc ou un frottement du premier étage sur une partie de l’épave, même si un tuyau de manomètre éclate. 

La meilleure solution est d’utiliser deux blocs indépendants équipés chacun d’un détendeur et d’un manomètre. Le seul inconvénient de ce système est qu’il oblige à changer régulièrement de détendeur afin de respirer alternativement sur chaque bouteille. D’autre part, privilégiez les connections DIN, plus solides que les étriers.

Si l’on souhaite employer deux blocs connectés (afin d’utiliser un ordinateur tenant compte de la respiration, un masque facial ou simplement pour éviter les incessants échanges d’embouts) il est indispensable de pouvoir isoler les deux réservoirs d’air. Dans ce cas, il faut équiper les blocs  d’une télécommande de robinet. Associé au robinet central d’un bi-bouteille, ce système extrêmement simple permet de déconnecter les deux blocs en cas de fuite. Si la perte d’air peut-être stoppée par la fermeture du robinet correspondant, il est alors possible de récupérer l’air sauvé, par la réouverture du robinet central.

  • L’équilibre sous l’eau

Tous les plongeurs utilisent un système pour compenser les variations de flottabilité durant la plongée, qu’elles soient dues à la profondeur ou à la consommation d’air. Cependant, peu préviennent les conséquences dramatiques de ce système, que cela soit dû à une panne d’inflateur, ou à une rupture de la poche d’air. Le plongeur soucieux de garantir son retour vers la surface veillera donc à doubler son système de flottabilité en employant un gilet stabilisateur de type « wings » possédant deux vessies (OMS, Dive Rite sont les plus connus mais les marques et modèles ne manquent pas). 

La maîtrise de la flottabilité est importante afin d’éviter de se frotter aux éléments de l’épave, au risque de soulever les sédiments et de brouiller la visibilité, mais aussi au risque de se blesser sur les aspérités tranchantes et rouillées

Ces gilets stabilisateurs en plusieurs parties, généralement un harnais, une plaque et une bouée dorsale (nommée familièrement  « wing » en raison de sa forme rappelant vaguement une aile) sont optimisés pour les plongeurs techniques car ils permettent de résoudre trois problèmes fondamentaux du plongeur :

  • Le portage.

– Une solidité certaine.

– Un grand confort, même avec un gros scaphandre.

– Une adaptabilité à toute configuration de scaphandres, avec bouteilles dorsales, latérales, voire ventrales.

  • La flottabilité.

– Emplacement idéal de la bouée car elle ne gêne aucunement le plongeur quel que soit son gonflage.

– Possibilité d’avoir deux vessies séparées et deux systèmes de purges/inflateurs indépendants, bien utiles en cas de défaillance  matériel.

– Rétractation automatique de la « wing » afin de n’occuper que l’espace réellement nécessaire. Cela procure un excellent hydrodynamisme et permet de limiter l’encombrement, ce qui est très intéressant pour l’exploration interne des épaves équipé d’un bi bouteilles. Le désavantage étant que les caoutchoucs de rétractation peuvent s’accrocher. 

– Modularité permettant de faire face au type d’exploration projeté, par exemple un volume normal pour la « wing » d’environ 38 litres pour un scaphandre classique et pouvant être porté, par simple échange, à 47 litres pour une plongée nécessitant un équipement lourd.

Les accessoires doivent toujours être fixés au plus près du corps du plongeur et facilement identifiables par celui-ci
  • La fixation des accessoires.

– De nombreux point de fixation sur le harnais permettent d’assujettir de façon rationnelle l’ensemble des équipements (dévidoirs, lampes,  phares et batteries, bouteille pour inflateur ou pour un vêtement étanche etc… ) que requiert la plongée technique sur épaves.

– Des pochettes amovibles permettent d’emporter des accessoires nécessitant une protection (masque de secours, tables de décompression, etc…).

– Des pochettes spécialisées sont aussi prévues pour emporter du lestage.

Quand vous aurez bien étudié les gilets stabilisateurs des différents fabricants de matériel de plongée, il est fort probable que votre préférence ira à un système « wings » OMS ou Dive Rite, d’autant plus qu’il existe une compatibilité entre ces deux marques avec la possibilité, à titre d’exemple, d’utiliser une plaque et un harnais OMS avec une bouée Dive Rite, d’où la certitude de toujours trouver la bonne combinaison. Mais d’autres marques offrent aussi d’excellents produits et comme pour toute chose, il est bon de comparer les modèles. 

La lumière

Simple plaisir des couleurs lors d’une plongée de jour, la lumière devient un élément fondamental de sécurité pour le plongeur qui s’enfonce dans l’obscurité d’une épave. Là encore la redondance doit être la règle. 

A l’intérieur d’une épave l’utilisation de lumière artificielle est très utile et peut même être vitale pour identifier les dangers et retrouver le chemin de la sortie

Vous devrez veiller à ce que votre éclairage ne vous retire pas l’usage d’une main au moment où vous en avez le plus besoin. Le port d’un casque, à l’instar des plongeurs spéléos, est une  solution envisageable car celui-ci peut servir non seulement à la protection de votre crâne mais aussi à fixer plusieurs sources lumineuses. Attention néanmoins à ne pas privilégier le look au détriment de la vision et de la mobilité de la tête et voir le rebord arrière du casque venir toucher la robinetterie et empêcher de regarder vers le haut. Comme tout matériel un essai est préférable avant utilisation.

Beaucoup de plongeurs spéléos (et les plongeurs sur épaves peuvent s’inspirer avec profit de leurs techniques) considèrent comme « base lumière » deux lampes de secours de faible puissance mais longue autonomie et deux phares de puissances différentes permettant de s’adapter aux variations de turbidité de l’eau. Dans le cas de la plongée épave un seul phare puissant mais muni d’un variateur est un choix raisonnable et permet de limiter l’encombrement.

Un accessoire très efficace est la poignée dite « main libre » qui se place autour d’une main et vous laisse toute liberté d’action. Vous pouvez également fixer une lampe sur votre avant-bras grâce à un lien élastique, à condition de ne pas trop le serrer. 

Les phares monoblocs peuvent être jugés encombrants et lourds. La possibilité existe de systèmes de phare modulaire à batteries indépendantes que l’on peut fixer dans de multiples positions, aux anneaux d’un harnais, sur les bouteilles, ou entre les deux blocs. Ces phares, de par la taille supérieure de leurs accus, sont dotés généralement d’une plus grande autonomie. Par contre ils ont le désavantage de posséder un câble donc une gêne certaine dans le cas de progression en « milieux encombrés ». Le choix d’un phare doit être fonction de l’utilisation qui en est faite. A quoi bon une heure et demi d’autonomie et un encombrement conséquent afin d’effectuer des plongées moyennes de 20 minutes ? Si c’est uniquement pour la possibilité d’être utilisé aussi comme moyen de signalisation en surface en cas de pépin il y a des matériels plus compacts, moins chers et mieux adaptés car prévus pour ce cas de figure particulier.

Il est évident que l’on ne doit absolument rien remonter du fond, même pas cette magnifique mine flottante qui peut exploser d’une minute à l’autre…

Le retour

Vous devez vous munir de deux dévidoirs, un gros ou moyen modèle, appelé primaire, destiné à baliser votre progression lors de l’exploration et un petit modèle, pouvant servir à pénétrer dans un compartiment situé en dehors du parcours principal et rechercher (et si possible retrouver… ) la ligne de vie principale si vous perdez cette dernière. Ces dévidoirs existent en de nombreuses versions qui différent par leur taille, leur diamètre, leur capacité et les matériaux employés pour leur construction. 

Seul le profil de l’exploration projeté définit les types de dévidoirs adaptés. Communément, les modèles de secours sont munis d’un solide fil d’environ cinquante mètres et d’une section d’au moins 2 mm et les primaires, de cent à cent cinquante mètres de fil de trois à quatre mm de section. 

Il se peut qu’un jour « votre vie ne tienne qu’à un fil ».Alors, ne lésiner pas sur la qualité de cet équipement d’une importance capitale et dont peut dépendre votre survie. Imaginez-vous un instant, désorienté au fond d’une épave, dans une obscurité totale due à un brouillard de particules, avec dans les mains les restes disloqués d’un infâme bidouillage pompeusement baptisé dévidoir !

Votre couteau doit pouvoir être saisi facilement par vos deux mains. Le positionnement sur la jambe est à proscrire, mieux vaut le placer sur les bretelles ou la ceinture de votre gilet stabilisateur, de préférence le manche vers le bas. Par mesure de sécurité, munissez-vous de deux poignards (précaution indispensable pour palier la perte de l’un des deux) ou bien mieux, d’un poignard et d’un «Z-Knife ». A cet équipement de base vous pouvez ajouter une cisaille, instrument peu encombrant et léger mais très pratique pour couper des fils métalliques. 

En cas de bris ou de perte de votre masque vous apprécierez cette précaution salutaire qu’est l’emport d’un masque de secours. Toujours le bon vieux principe de la redondance, valable aussi pour tous vos appareils de contrôle.

L’équipe de plongeurs qui s’est prêtée au jeu pour illustrer cet article

Mais avant toute chose il est bon de garder à l’esprit ces  principes de base :  les accessoires sont là avant tout pour vous aider et non vous gêner, et les plus simples sont bien souvent les meilleurs et les plus fiables ! Mieux vaut plonger avecun équipement léger mais rationnel, bien adapté et que l’on maîtrise parfaitement, plutôt que ressembler à un extraterrestre et être un assisté permanent. Cette petite liste de conseils est loin d’être exhaustive mais est basée sur quelques expériences « stimulantes », toutes prêtant à sourire car ayant eu une fin heureuse. Mais la simple observation de quelques règles aurait pu éviter de les vivre et finalement de se faire quelques frayeurs, le but premier étant de se faire plaisir et non peur.

N’allez pas croire pour autant que ce type de plongée soit réservé à une élite. Abordée dans de bonnes conditions, en appliquant dans la mesure du possible les recommandations et les principes de base exposés précédemment, la fréquentation de ces «vieilles dames  englouties » aux destins souvent dramatiques que sont les épaves procure beaucoup de plaisirs, de moments magiques et de souvenirs inoubliables. 

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