Chaque jour, une épave : 4 février 1903, l’Espingole

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

L’Espingole était un contre-torpilleur de classe Durandal construit par les Chantiers Augustin Normand, au Havre pour la Marine Nationale française à la fin des années 1890. Mise en service en 1900, il n’a connu que quelques années de service avant de s’échouer et de sombrer en 1903 devant la Côte d’Azur…

L’Espingole avait une longueur totale de 57,6 mètres, une largeur de 6,3 mètres et un tirant d’eau maximal de 3,2 mètres. Il jaugeait 306 tonnes. Les deux machines à vapeur à triple détente, chacune entraînant un arbre, ont été conçues pour produire 5 200 cv par deux chaudières à tubes d’eau. Le navire pouvait atteindre une vitesse de 26 nœuds. Sa coque était subdivisée par neuf cloisons transversales étanches. Il était manœuvré par un équipage de quatre officiers et soixante marins.

L’Espingole portait un canon de 65 millimètres à l’avant du pont, auquel venaient s’ajouter six canons Hotchkiss de 47 mm, trois de chaque côté. Deux tubes lance-torpille de 381 millimètres venaient compléter son armement.

L’Espingole était le dernier des quatre destroyers de la classe Durandal. Il a pris le nom d’un type de tromblon français, comme tous les navires dans sa classe ont été nommés d’après des noms d’armes (Hallebarde, Fauconneau, Durandal). Il a été affecté à la flotte méditerranéenne en décembre et a effectué plusieurs visites portuaires en France, en Corse et en Afrique du Nord française en 1901. Son gouvernail a été endommagé après avoir heurté le fond de Golfe-Juan et il resta en réparations du 3 au 27 septembre de la même année. En octobre 1901, la 1ère Escadre, sous le commandement du contre-amiral Léonce Caillard, composé des cuirassés Gaulois et Charlemagne, du croiseur blindé Pothuau, escorté par l’Espingole et le destroyer Epée, participa à une opération sur l’île de Lesbos, puis vers l’Empire ottoman. Les navires ont effectué un certain nombre de visites portuaires alors qu’ils se trouvaient dans la mer Égée, y compris les îles de Milos, Syros et Tinos, en plus des ports de Smyrne et du Pirée, avant de rentrer à Toulon le 12 décembre. Le navire a été réaménagé du 3 au 17 avril 1902 avant de reprendre sa routine normale de visites portuaires. Le Lieutenant de Vaisseau Marcotte de Sainte-Marie a relevé le LV Langier en juin et l’Espingole a été réaménagé du 13 novembre au 2 décembre.

Le 4 février 1903, le navire a heurté la roche “Sec de Taillat” dans la baie de Cavalaire, au large de Cavalaire-sur-Mer, après s’être écarté à l’extérieur du chenal, provoquant une déchirure de 2,5 à 3 mètres dans sa coque. Du charbon, des munitions et deux canons de 47 mm ont été jetés par-dessus bord pour alléger le navire, tandis que son « sister-ship » l’Hallebarde, a tenté de le remorquer. L’aussière s’est cassée pendant le remorquage, blessant deux membres d’équipage de l’Hallebarde. L’Hallebarde a ensuite recueilli l’équipage de 62 hommes de l’Espingole avant que le navire ne coule aux coordonnées 43° 09′ 696 de latitude Nord et 06° 36′ 283 de longitude Est. Il n’y eut aucune victime à déplorer. Le LV Marcotte de Sainte-Marie fut finalement acquitté par la Cour martiale sept ans après le naufrage de son navire.

Par la suite, plusieurs tentatives de sauvetage ont échoué et l’Espingole a été rayé du registre naval le 16 septembre. La marine a vendu son épave aux enchères en décembre 1909 et a décidé d’offrir une série de primes progressives si le gagnant pouvait renflouer le navire et le livrer intact. La compagnie de sauvetage n’a pas eu plus de succès et a abandonné l’effort après cinq mois de travail.

L’Espingole est désormais l’une des épaves régulièrement visitées par les centres de plongée locaux. Il est difficile au vu des vestiges épars reposant par -38m sur un fond de sable de se faire une idée précise de ce qu’était à l’époque l’Espingole, néanmoins il s’agit là d’une intéressante épave, facile d’accès, et qui permet de s’immerger dans l’histoire maritime en plus de passer un agréable moment en compagnie d’une faune qui trouve là de nombreuses cachettes ou virevolte en pleine eau. Les photographes peuvent à loisir pratiquer leur passion car les sujets ne manquent pas et les contemplatifs trouveront matière à s’extasier devant un tableau qui enchante le regard.

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