Chaque jour, une épave : 25 mai 1947, le pétrolier Saint-Yves à La Rochelle

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Saint-Yves était un pétrolier à vapeur, construit en 1939 par les Ateliers et Chantiers de France à Dunkerque, pour le compte de la compagnie Soflumar (Société d´Armement Fluvial et Maritime) de Paris., société spécialisée dans le transport maritime et fluvial de vin et de carburant liquide en citerne. Les Ateliers et Chantiers de France étaient alors très réputés, après avoir lancé en 1937 le plus gros pétrolier du monde (pour l’époque), le Emile Miguet, de 175 mètres de long sur 22 de large.

La coque en acier du Saint-Yves mesurait 71 mètres de long sur 11 mètres de large et sa machine de 3 cylindres à triple expansion de 75 cv, alimentée par une seule chaudière, le propulsait au moyen d’une seule hélice à la vitesse maximale de 10 nœuds.

En 1941, alors que la Seconde Guerre mondiale prenait mauvaise tournure pour la France avec l’occupation allemande, le Saint-Yves, comme beaucoup d’autres navires français, a été saisi par l’occupant pour servir de soutien logistique aux forces allemandes. Renommé pour l’occasion Osterode (du nom d’une ville de Pologne), il a alors été manœuvré par un équipage allemand. En 1944, son nom fut changé pour Cammin (également le nom d’une ville de Pologne, dans la région de Poméranie), certainement selon la fantaisie de son propriétaire provisoire… Ce n’est qu’après la fin du conflit mondial et sa restitution à sa compagnie-mère, la Soflumar, que le Saint-Yves put reprendre son nom d’origine et retrouva ses activités commerciales civiles.

La proue du Saint-Yves encore à la surface, où se sont réfugiés 5 marins

Le 25 mai 1947, alors qu’il transportait une cargaison de 4500 tonnes d’essence en provenance de la raffinerie de Port Jerôme, près du Havre et à destination du port de La Pallice à La Rochelle, le Saint-Yves longeait le chenal entre les îles de Ré et d’Oléron, à environ 4 milles nautiques de sa destination, quand son arrière heurta une mine oubliée depuis la guerre. L’explosion déchira la coque et l’eau de mer envahit aussitôt la salle des machines située justement à l’arrière du navire.

La récupération des naufragés

Comprenant que la situation était désespérée, au vu de la gite très rapide prise par le pétrolier et avec le risque d’un embrasement général de sa cargaison de carburant, transformant le pétrolier en véritable bombe flottante potentielle, le capitaine Gelein ordonna immédiatement l’évacuation.

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Les embarcations furent mises à l’eau mais avant que la totalité de l’équipage puisse prendre place à bord, le pétrolier acheva de chavirer par tribord, la poupe ayant déjà complètement disparu sous la surface. Seule la proue émergeait encore, sur laquelle 5 marins s’étaient réfugiés en attendant de rejoindre leurs compagnons déjà en sécurité dans les canots. Finalement la totalité des 22 hommes d’équipage a été récupérée par les embarcations, sains et saufs mis à part une légère blessure à la tête du capitaine.

La proue du Saint-Yves, dont le nom est bien visible. Les naufragés ont tous été récupérés sains et saufs

Alertés par le sémaphore de Chassiron, 2 bâtiments de la Marine Nationale se rendirent sur les lieux, accompagnés de plusieurs pêcheurs qui se trouvaient dans la zone. L’équipage put ainsi retrouver la terre ferme sans autre ennui. Les dragueurs de mines 301 et 326 furent envoyés pour sécuriser la zone et rechercher la présence éventuelle d’autres engins explosifs. La totalité du Pertuis d’Antioche, comprenant le chenal d’accès à La Pallice, avait pourtant été déminée en 1945, mais une mine sera passée inaperçue ou bien sera remontée par la suite… Les jours suivants, l’avant de l’épave flottait encore entre deux eaux, à 15 mètres de profondeur alors que la poupe était posée au fond. Des experts sont venus sur le site afin dévaluer les possibilités de renflouage, solution qui sera abandonnée au profit du pompage du carburant, heureusement resté dans ses cuves toujours bien étanches.

Aujourd’hui, le Saint-Yves repose toujours par 35 mètres de fond, à mi-chemin entre la pointe de Chassiron sur l’île d’Oléron et la commune d’Ars-en-Ré sur l’île de Ré, aux coordonnées : latitude 46° 07’ 179 N et longitude 1° 28’ 575 W. Malgré sa profondeur accessible, cette épave est très peu connue car elle se situe dans le milieu du chenal d’accès au port de La Pallice, très fréquenté par la navigation commerciale.

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