Chaque jour, une épave : 24 mai 1941, le dragueur de mines Meulière, près d’Ajaccio

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Meulière était un dragueur de mines de la Marine Nationale française, construit aux Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire et lancé en 1918. Il mesurait 57 mètres de long pour 8 mètres de large et 2,5 mètres de tirant d’eau. Jaugeant 380 tonnes, il était propulsé par une machine à vapeur de 3 cylindres à triple expansion de 500 cv, alimentée par une chaudière, pour une vitesse de 10,5 nœuds obtenus par deux hélices.

Le fait remarquable est que ce navire possédait deux hélices pour un seul moteur : la machine entraînait un arbre terminé par une engrenage énorme qui faisait tourner les deux arbres porte-hélices dans le même sens. Pour virer sur la droite, il fallait une cinquantaine de mètres et pour virer à gauche, il fallait près de cinq cents mètres, à cause du pas identique des hélices (pour éviter ce phénomène, les navires modernes sont équipés d’hélices à pas inversés : les deux hélices tournent en sens inverse).

Au premier plan, le système de rouage de transmission : à la sortie de la machine, l’arbre principal actionne 2 roues couplées aux arbres des 2 hélices.

Armé par un équipage de 3 Officiers et 60 hommes, le Meulière était doté d’un canon de 65 mm. C’était à l’origine un aviso de 2° classe comme son sister-ship, le Granit. Les U-boote de la Première Guerre mondiale avaient infligé des pertes conséquentes aux flottes marchandes alliées, soit par torpillage soit par mouillage de mines. Pour contrer cette menace, on avait réquisitionné à tour de bras des remorqueurs, des chalutiers et des yachts que l’on avait transformé en patrouilleurs ou en dragueurs. Puis, comme il n’y en avait jamais assez, on avait transformé d’autres bâtiments pour augmenter les rangs des dragueurs de mines nécessaires au déminage du littoral. C’est ainsi que le Meulière et son sister-ship le Granit ont été transformés en dragueurs de mines et intégrés au groupe de dragueurs portant des noms de roches : Granit, Meulière, Quartz, Silex, Albâtre, Basalte, etc. Chose bizarre à l’Etat-Major de la Marine, il faut avoir l’amour des paradoxes pour donner à des bateaux des noms de cailloux…

Le Meulière était né sous une mauvaise étoile, car pendant sa construction, le 28 novembre 1918 s’était produit un accident mortel : des ouvriers travaillant à bord du dragueur de mines, avaient trouvé à l’embauche du matin, au fond de la chambre des machines, le corps d’un peintre qui était pris de boisson la veille au soir et qui était vraisemblablement tombé en raison de l’obscurité, du haut du pont du navire.

Après la guerre, le Meulière a été désarmé en 1920, transféré à Rochefort pour être transformé en navire de transport de personnel. En 1922, on le retrouva à Toulon. Le 28 Décembre 1939, Le Meulière s’échoua une première fois près d’Ajaccio. Après s’être dégagé, il est rentré à Toulon pour réparations.

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Le 19 mai 1941, lors d’une sortie pédagogique des élèves de terminale mécanique du Lycée Fesch d’Ajaccio, le Meulière s’échoua de nouveau dans la baie d’Ajaccio, près du petit port de pêcheurs de Castagna. Trois jours plus tard, le 24 mai 1941, on réussit à le dégager mais très mal en point, il finit par sombrer, non loin du sec qui a causé sa perte.

Aujourd’hui, l’épave du Meulière se trouve toujours au pied de la roche de la Castagna, près du village de Portigliolo, par un fond allant de 6 à 12 mètres, aux coordonnées : latitude 41° 48.031′ N et longitude 8° 43.743′ E. L’épave est relativement éclatée, conséquence de sa position à faible profondeur, soumise aux colères de la mer. Mais ses beaux restes et surtout son étrange machine propulsive énorme, posée à côté de sa chaudière en font un spot de plongée très attractif. La proximité de la surface et la transparence de l’eau en font un site de choix pour les photographes.

La gigantesque machine et sa chaudière

Pour découvrir plus de photos sur l’épave du Meulière et tout connaître des épaves corses, visitez le site du photographe et vidéaste sous-marin Stéphan Le Gallais : http://www.legallais.net

Lien vers vidéo Youtube de Stephan Le Gallais :

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