Chaque jour, une épave : 30 janvier 1945, le Wilhelm Gustloff, la plus grande tragédie maritime de tous les temps

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

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Même si l’épave de ce jour est difficilement accessible, nous ne pouvons pas passer à côté de l’anniversaire de la plus grande tragédie maritime de tous les temps avec le naufrage du paquebot Wilhelm Gustloff, le 30 janvier 1945, qui fit près de 10 000 morts en quelques instants. S’il était possible d’établir un classement dans l’horreur, on serait avec le Wilhelm Gustloff et ses 10 000 morts, très loin devant les 1500 morts du Titanic. Pourtant celui-ci fut la catastrophe la plus médiatisée de l’histoire maritime, alors que le Wilhelm Gustloff, parce qu’il était dans le mauvais camp, fut rapidement oublié…

Le Wilhelm Gustloff était un paquebot allemand « populaire », construit en 1936 par les chantiers Blohm & Voss de Hambourg, pour le Ministère du travail allemand. Celui-ci le mit au service du « Kraft Durch freude » (La force par la joie), organisation de loisirs créée par la direction national-socialiste, afin de récompenser les ouvriers de l’industrie les plus méritants avec une croisière sur un tel navire qui leur aurait été inaccessible en d’autres circonstances. Le navire faisait 208 mètres de long sur 23 mètres de large, pour un tirant d’eau de 7 mètres et un déplacement de 26000 tonnes. Le géant qui mesurait 56 mètres de la quille à la cheminée, était propulsé par 4 moteurs diesel Man de 8 cylindres développant 9500 cv à une vitesse de 15,5 nœuds. Il était manœuvré par 417 hommes d’équipage et était prévu pour transporter 1943 passagers.

Au début de l’année 1945, la plupart des Allemands, civils ou militaires, avaient conscience que l’issue de la guerre était proche et que la défaite était inéluctable. Devant l’inexorable poussée soviétique sur le front de l’est qui reculait de toutes part, les réfugiés civils affluaient en même temps que les soldats blessés en Prusse orientale pour être évacués vers l’ouest. Les Russes avaient tellement souffert durant toute la durée du front de l’est qu’ils ne se gênaient pas pour massacrer à leur tour les populations, comme l’avaient été auparavant les populations russes. L’exode déborda bien vite les autorités du Reich qui avaient à ce moment-là une autre préoccupation : se sauver les premières et les civils n’auraient qu’à se débrouiller s’il restait de la place. On mit en place une évacuation en bateau par la mer Baltique et plusieurs gros porteurs, comme le Wilhelm Gustloff et le Steuben, furent utilisés pour l’occasion. Mais les côtes de la Baltique étaient régulièrement minées par la marine russe, forçant les bateaux à naviguer plus au large, là où les attendaient les sous-marins soviétiques…

Lien vers le passionnant documentaire National Geographic sur l’histoire du Wilhelm Gustloff et son naufrage : « le Gustloff, la plus grande catastrophe maritime de tous les temps » (en Français)

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Le 30 janvier 1945, après avoir embarqué un maximum de réfugiés, des familles, des enfants, des soldats blessés et aussi des infirmières, le Wilhelm Gustloff, chargé de plus de 10 000 personnes (alors qu’il était prévu pour 1900), prenait la mer en direction de Kiel, en Allemagne. Tous les réfugiés, qui venaient de vivre l’épreuve la plus dure de leur existence en traversant par millions la campagne gelée en direction de Gotenhafen (aujourd’hui Gdynia en Pologne), perdant sur le chemin de nombreuses personnes à bout de forces qui se laissaient mourir dans la neige, n’étaient pas encore au bout de leur peine. Trois sous-marins russes rôdaient dans les parages, mais le paquebot appareilla quand même, sans attendre une escorte pour ne pas être retardé. C’est le S-13, commandé par le capitaine de corvette Marinesko, qui repéra vers 21h10 le Wilhelm Gustloff, tous feux allumés, en violation flagrante des consignes de sécurité qui préconisaient de voyager tous feux éteints pour ne pas être repérés. S’engage alors un jeu du chat et de la souris (pour une fois, la souris est bien plus grosse que le chat…), qui amène progressivement le submersible soviétique dans la position idéale pour lâcher ses tropilles, ce qui fut fait peu après 23h. Trois torpilles vinrent exploser contre le flanc bâbord du Wilhelm Gustloff : la première au niveau du compartiment équipage à l’avant, la seconde au niveau de la piscine qui pour l’occasion, était vide et abritait une compagnie d’infirmières et la troisième au niveau de la salle des machines, déchirant une partie considérable de la coque.

Un drame affreux se joua alors, le paquebot mit près d’une heure à couler, causant la mort de 9000 à 10000 hommes, femmes et enfants, par noyade pour par le froid. Certains ont péri dès le début dans les explosions, d’autres ont été piétinés dans la panique qui s’en est suivie, d’autres encore ont préféré se suicider avec leur arme pour s’éviter la souffrance d’une noyade dans l’eau glacée… Les autres navires du convoi ne purent recueillir que 1252 survivants. Puis à la fin de la nuit, le silence finit par retomber sur la mer. Le lendemain, dans la brume du petit matin, on comptait d’innombrables cadavres flottant dans leur gilet de sauvetage parmi les débris du naufrage. On ne connaît pas le nombre exact de victime car le paquebot, dans la débâcle, avait embarqué autant de réfugiés qu’il pouvait en contenir, si l’on en juge par les photos montrant les différents ponts du paquebot couverts d’une véritable marée humaine.

Lien vers : Documents filmés de l’époque

11 jours plus tard, un deuxième paquebot, le Steuben, allait connaître exactement la même fin, par le même sous-marin, causant la mort de plus de 3600 personnes sur les 4200 qui se trouvaient à bord. 600 survivants seulement reverront la terre ferme à la suite de cette deuxième tragédie.

Ces catastrophes (parmi d’autres) se sont produites sur des navires allemands pendant la guerre, ce qui explique qu’elles sont rapidement tombées dans l’oubli du côté occidental et encore aujourd’hui, elles ne sont que très rarement évoquées. Côté soviétique, le capitaine de corvette Marinesko, commandant le sous-marin S-13, reçut bien des années plus tard, à titre posthume, le titre de Héros de l’Union soviétique pour ces deux actions qui firent au total près de 14000 victimes, sans avoir jamais coulé un bateau militaire…

La gigantesque épave gît par 50 mètres de fond dans la mer Baltique non loin de Gdansk, par une latitude de 55° 07’ 483 N et une longitude de 17° 42’ 217 E. En 2006, des plongeurs explorèrent l’épave et récupérèrent une cloche ainsi que différents objets qui ont été exposés dans un musée de Gdansk à Krantor. L’épave est désormais classée tombe de guerre.

Lien vers la vidéo poignante sur : la Plongée sur l’épave du Wilhelm Gustloff

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