Chaque jour, une épave : 2 décembre 1987, le Rainbow Warrior

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Une plongée un peu particulière aujourd’hui, sur un bateau tristement célèbre : le Rainbow Warrior, navire de Greenpeace qui fut au cœur de l’un des plus grands scandales politiques du 20e siècle en même temps qu’un gros incident diplomatique entre la France et la Nouvelle Zélande… La honte de la France, ou quand les politiques feraient mieux de rester sur le green de leur terrain de golf favori au lieu de se mêler d’espionnage !

Construit en 1955 à Aberdeen en Écosse par les chantiers Hall, Russell & Co, en tant que chalutier sous le nom de Sir William Hardy, ce bateau qui allait devenir si célèbre a été utilisé par le ministère de l’agriculture du Royaume-Uni jusqu’en 1977.

Vendu pour 40 000 £ à Greenpeace, il a subi quatre mois de travaux pour devenir le Rainbow Warrior, leur premier bateau et navire amiral, lancé le 29 avril 1978. Il a été utilisé par cette association dans les années 1980 contre les essais nucléaires français en cours à cette époque dans le Pacifique, sur les îles polynésiennes de Mururoa et Fangataufa.

Alors que le navire était en route en 1985 vers Mururoa pour entraver ces essais, et qu’il mouillait dans le port d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, il fut coulé par des agents des services secrets français, déclenchant « l’affaire du Rainbow Warrior ».

Le 10 juillet 1985, alors qu’il se trouvait à quai dans le port d’Auckland, le Rainbow Warrior était paré à appareiller pour l’atoll de Moruroa afin de protester contre les essais nucléaires français. L’opération de sabotage fut commanditée par le ministre de la Défense français Charles Hernu, avec l’autorisation explicite du président de la République française François Mitterrand.

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Au milieu de plusieurs solutions plus ou moins douces et discrètes pour empêcher l’équipage d’appareiller, les politiques choisirent la plus radicale : envoyer le bateau par le fond.

L’opération a donc lieu le 10 juillet 1985. Sous la surveillance et les directives de deux agents pas si secrets que cela, puisqu’ils seront repérés à peine quelques heures plus tard, une équipe de nageurs de combat (qui eux par contre, ont fait correctement leur job, si l’on en juge par les résultats), au terme d’une longue approche en plongée à travers le port, pose deux charges explosives sous la coque : une première de faible puissance, au niveau du gouvernail, pour alarmer l’équipage et lui donner le temps d’évacuer le bateau, suivie d’une deuxième, plus importante, sous les machines, destinée à percer la coque et faire couler le navire. L’intervalle entre les deux explosions est suffisant pour que le bateau soit bien évacué, pour éviter les pertes humaines. Sauf que dans ce genre d’opération, il peut toujours y avoir un impondérable : si l’équipage a effectivement eu le temps de quitter le bateau, un photographe, Fernando Pereira, retourne alors dans sa cabine pour récupérer son équipement de photo. C’est à ce moment que survient la deuxième explosion. Le photographe, piégé dans sa cabine par la montée des eaux, n’a plus le temps de ressortir et meurt noyé.

Cette affaire causera de gros remous dans la politique internationale, ainsi qu’un certain «rafraîchissement» des relations entre les deux pays. De cette affaire, la France n’en est pas sortie grandie, car outre le fait que son service de renseignement a été ridiculisé, les politiques français ont organisé des fuites de renseignements dans la presse, qui ont abouti à la condamnation en Nouvelle Zélande de deux agents français, complètement lâchés (on pourrait même dire trahis) par les autorités françaises, alors qu’ils n’étaient pourtant que deux simples pions…

Le Rainbow Warrior, lui, vient de mourir une première fois, les assurances l’ayant jugé irréparable. La décision est alors prise de lui donner une chance de continuer sa mission de protection de la nature, en devenant un récif artificiel. Renfloué, le bateau est débarrassé de toutes ses parties potentiellement polluantes, nettoyé et préparé pour son immersion.

Il va donc mourir une deuxième fois en étant sabordé le 2 décembre 1987, paisiblement à l’aide de ballasts, à l’issue d’une cérémonie maorie traditionnelle. Au large des îles Cavalli, au sud de Motutapere island (Matauri Bay, au nord de la Nouvelle Zélande), il repose aujourd’hui sur un fond de sable, à 28 mètres de profondeur. Une stelle commémorative a été installée sur une colline voisine qui domine la baie.

Latitude : 34°58,60’S
Longitude : 173°58,14’E

Un club de plongée local propose la visite de l’épave, qui abrite désormais une vie foisonnante (https://www.divenz.com).

Si vous n’avez pas prévu de voyage en Nouvelle Zélande pour aller visiter cette célèbre épave, sachez que vous pouvez quand même découvrir le Rainbow Warrior en plongée, grâce à une visite virtuelle interactive en vidéo, sur le site :

http://www.rainbow-warrior.info/en/Matauri-Bay

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