Chaque jour, une épave : 1er mai 1944, l’Astrée à Port-Vendres

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

L’Astrée était un cargo charbonnieren acier à vapeur, construit en 1921 par la Blyth Dry Docks and Shipbuilding Co à Blyth en Angleterre. Sous son nom d’origine Bellbro, il appartenait à la Halifax Shipping Corporation, filiale de Bell, James and Co, basée à Hull. Il mesurait 87 mètres de long sur 13 mètres de large et 5,4 mètres de tirant d’eau. Il jaugeait 2171 tonnes et il était propulsé par une machine à vapeur à triple expansion de 274 cv sur une hélice, lui donnant la vitesse de 10 nœuds.

En mai 1933, la Société Navale Caennaise, voulant remplacer son vieux vapeur Astrée, trop petit, a acheté le Bellbro, et l’a rebaptisé l’Astrée 2. Cette compagnie l’a gardé jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.

En 1939, le navire est passé sous le contrôle de la Société Maritime Nationale comme participation à l’effort de guerre et a été affecté au transport de marchandises pondéreuses (charbon, minerai, acier, phosphates). Ses destinations : Oran, Sousse, et Tunis en Méditerranée Occidentale, Casablanca et Safi sur l’Atlantique.

L’Astrée

A bord, l’équipage se composait de 26 marins, dont deux mitrailleurs chargés d’assurer la protection du navire contre les avions ennemis. Leur armement était assez maigre : une mitrailleuse double Hotchkiss, un fusil, un revolver… Cet armement était plutôt symbolique, pas de quoi changer le cours de la guerre, ni même protéger efficacement le navire en cas d’attaque, ce qui démontre un certain optimisme de la part des autorités françaises…

Le 5 décembre 1942, après la débâcle, l’Astrée a été réquisitionné par les Allemands, puis est passé sous pavillon italien et rebaptisé Siena. Il a ensuite été affecté au trafic avec la Tunisie. Mais en 1943, il est repassé aux mains des Allemands, reprenant à cette occasion son nom d’origine, l’Astrée. Il navigua alors pour la compagnie Mittelmeer Reederei, d’Hambourg, tout en continuant à assurer le trafic méditerranéen avec l’Afrique du nord.

Le sous-marin anglais H.M.S. Untiring qui a coulé l’Astrée
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Le 1er mai 1944, l’Astrée, revenant d’Egypte, fut torpillé à proximité de Port-Vendres par le sous-marin anglais H.M.S. Untiring. Des témoins locaux racontent que c’était par une belle journée, en plein après-midi et par mer calme que le cargo Astrée, bien reconnaissable avec sa grande cheminée noire, avait dépassé Port-Vendres en longeant la côte en direction du nord, lorsqu’il fut secoué par une énorme explosion : une torpille venait de l’atteindre sur son avant tribord. Aucun indice n’aurait laissé supposer l’imminence de cette attaque. Le sous-marin qui avait envoyé la torpille restait invisible, certainement embusqué près de la côte très découpée dans cette région. Après avoir été sérieusement touché par la torpille, l’explosion ayant fait beaucoup de dégâts, il n’était pas possible à l’équipage d’étancher l’importante voie d’eau qui s’était déclarée et le cargo fit demi-tour en urgence pour tenter de rallier Port-Vendres avant de sombrer, mais il n’y arriva pas et a coulé après seulement quelques minutes. Les batteries allemandes du cap Béar, alertées, étaient entrées en action et bombardaient la mer au hasard en espérant débusquer le sous-marin. Mais celui-ci s’était déjà enfui sans difficulté. Nul ne sait ce qu’il est advenu de l’équipage de l’Astrée et s’il a pu échapper au naufrage.

Aujourd’hui l’épave est posée par 45 mètres de fond, droit sur sa quille, aux coordonnées : latitude 42° 31’ 700 N et longitude 3° 08’ 025 E. La torpille a quasiment coupé l’épave en deux, juste devant le château. La proue est fortement penchée sur tribord, les ancres sont encore à poste, le mât de charge avant s’est écroulé sur tribord.  Le château est encore bien conservé ; la cheminée a été arasée au niveau du pont supérieur par les chaluts, mais les coursives sont encore bien visibles.

Les cales de la partie arrière sont ouvertes et emplies de vase ; le mât de charge arrière s’est écroulé sur tribord. L’hélice et le safran sont encore en place, souvent recouverts de filets dangereux pour les plongeurs.

Avec l’Alice Robert et le Saumur, l’Astrée est l’une des épaves les plus plongées de la Côte Vermeille. Elle est aussi habitée par une faune très riche. Comme sur les autres épaves de la région, les conditions de plongée sont parfois rendues difficiles par le courant et la faible visibilité.

Découvrez l’épave de l’Astrée en plongée, avec les récits de 3 plongeurs spécialistes d’horizons différents : Francis Micheletti, écrivain ; Patrice Strazzera, photographe et Hervé Levano, océanographe. Trois points de vue différents qui témoignent selon leur propre sensibilité, de façon à découvrir les multiples facettes de l’épave. Dossier PDF en téléchargement gratuit en cliquant ici : https://www.plongee-infos.com/?p=234

Retrouvez l’Astrée et les épaves de le côte Catalane dans le livre “Fortunes de mer et épaves dans le Parc naturel marin du golfe du Lion” paru le 28 avril dernier. Un livre né d’une rencontre entre trois passionnés d’épaves qui ne manquent pas d’expérience en ce domaine. Hervé Levano sort son premier livre “Les épaves de la Côte Vermeille” en 1998. Il en décrit une vingtaine avec précision, ce livre deviendra une référence pour les plongeurs. Cette même année, Patrice Strazzera avec son équipe de plongeurs du SDE sortira “Le sommeil des épaves”, cet ouvrage fait une part belle aux avions et bateaux coulés sur la côte des Pyrénées-Orientales. Un nouveau style photographique est né sous l’œil de Patrice, fait de magnifiques photos en noir et blanc offrant une perspective étonnante sur les épaves photographiées. Par la suite il publiera 5 autres livres pour le plaisir de ses fans. Laurent Urios quant à lui n’est pas en reste, en 2014 il publie avec Sylvain Astrié Les trois vies de l’Alice Robert dit le Bananier, un livre de 162 pages avec plus d’une centaine d’illustrations, à sa lecture vous n’aurez plus de secrets pour cette épave devenue mythique de la côte Catalane : https://www.plongee-infos.com/?p=3556

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