Chaque jour, une épave : 18 mai 1943, un bombardier anglais Stirling tombait à Saint-Jean-de-Monts

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

George était le surnom de l’avion Stirling Mark III, BK701 OJ-G (G comme George), qui faisait partie du 149e Squadron de la Royal Air Force, l’armée de l’air anglaise. Cette unité était engagée dans « l’Opération Jardinage », qui consistait à « semer » régulièrement des mines maritimes dans les eaux côtières française, sur son littoral Atlantique, de façon à gêner la navigation des U-Boote près des accès à leurs bases sous-marines.

Le Short Stirling a été le premier bombardier lourd quadrimoteur britannique de la Seconde Guerre mondiale. Il a été conçu et construit par les ateliers Short Brothers sur les spécifications du Ministère de l’Air en 1936 et entra en service en 1941. Il connut une carrière opérationnelle avec le « Bomber Command » jusqu’en décembre 1943, puis fut progressivement remplacé par des bombardiers plus performants comme l’Halifax et le Lancaster, qui pouvaient voler à plus haute altitude et éviter les tirs anti-aériens allemands. Vers la fin de la guerre, le Stirling fut utilisé pour larguer des parachutistes ou tirer des planeurs qui transportaient les soldats lors du débarquement du 6 juin 1944.

Long de 26 mètres sur 30 mètres d’envergure et 7 mètres de hauteur pour une masse maximale avec son armement de 31 tonnes, ce quadrimoteur volait à 450 km/h jusqu’à 3800 mètres d’altitude et avait un rayon d’action de 1875 km. Il était armé de 8 mitrailleuses de 7,7 mm et pouvait transporter plus de 6 tonnes de bombes dans sa soute.

Le 17 mai 1943, alors que la nuit précédente, les avions du 617 Squadron de la Royal Air Force avaient bombardé les barrages de la vallée de la Ruhr en Allemagne, l’équipage du Stirling BK701 du 149 Squadron s’occupait à préparer son avion pour sa mission de la nuit suivante. Il y avait là le pilote, lieutenant John Edward Hill, nommé officier pilote depuis à peine 1 mois, le sergent Thomas Smith (22 ans), le sergent Sidney Biddulph (28 ans), le sergent Joseph Edward Boyes (21 ans), le sergent J.A. Boland (âge ?) le sergent Sidney Robert Shankster (20 ans) et le sergent Cecil Claude Daniels Scotney (25 ans).

Retour de mission

Le Bomber Command envoyait 5 avions Stirling, dont faisait partie le BK701, ainsi que des Lancaster pour poser des mines dans les eaux françaises sur la côte Atlantique, entre La Rochelle et l’estuaire de la Loire. Cette opération qui portait le nom de code « Canelle », consistait à semer des mines le long du littoral dans les zones d’approches de la base sous-marine de La Pallice, pendant qu’un autre groupe ferait de même près de la base de Saint-Nazaire. Chaque Stirling avait pour mission de larguer 4 mines de 750 kg, tandis que les Lancaster devaient en mouilleur 6 chacun.

Chargement de bombes
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L’escadrille a décollé ce 17 mai à 22h50, avec des conditions météorologiques plutôt favorables. Le Stirling BK701-G décolla et après une courte traversée, atteint bientôt les côtes françaises et là commencèrent les difficultés. Selon les équipages qui en sont revenus, des projecteurs anti-aériens éclairaient le ciel dans la région de Bayeux, afin de guider la chasse nocturne de la Luftwaffe en provenance de Brest pour intercepter les vagues de bombardiers alliés. Après avoir traversé la Bretagne, l’escadrille longea les côtes vendéennes et arriva ensuite à proximité de sa cible peu avant 1h du matin. Juste au nord-ouest de La Pallice, le grand phare solitaire de l’île de Ré servait de repère. La visibilité sur La Pallice était excellente, sans nuage avec la lune presque pleine un peu au-dessus de l’horizon.

Selon le rapport du lieutenant hill (le pilote qui a survécu) le Stirling BK701-G a été touché par l’artillerie anti-aérienne alors qu’il volait très bas sur l’estuaire de la Loire, un peu avant son arrivée sur la zone de largage des mines : «après avoir été touché par la FLAK, j’ai essayé de maintenir l’avion mais les commandes ne répondaient plus ».

L’avion perdait de l’altitude et a fini par plonger vers la mer, où le pilote a quand même réussi à effectuer un amerrissage d’urgence sans trop de dégâts. Quelques membres de l’équipage ont réussi à s’extraire de l’avion, puis celui-ci coula rapidement par l’avant.

Le pilote ajouta dans son rapport : « J’ai entendu crier Biddulph, nous avons essayé de le retrouver dans l’obscurité, sans succès. Boyes, Smith et Scotney se sont sans doute noyés en nageant après que l’avion a coulé. Je n’ai plus revu Biddulph après que l’on ait heurté la surface de l’eau ; je pense qu’il a été pris au piège dans l’avion quand il a coulé».

Sur les 7 hommes qui composaient l’équipage du BK701-G, 3 seulement ont survécu : le pilote Hill, le sergent Boland et le sergent Shankster. Dans une lettre à la famille de Thomas Smith, lui aussi noyé lors de l’amerrissage, le sergent Shankster expliquait : « votre fils Thomas, ainsi que Bidduph, Boyes et Scotney n’ont pas réussi à s’extraire de l’avion qui a immédiatement coulé, rendant impossible toute tentative de notre part pour essayer de les aider de quelque façon que ce soit ».

A la suite du naufrage de l’avion Stirling BK701-G en ces premières heures du 18 mai 1943, les 3 survivants ont pu regagner la côte où ils ont été immédiatement faits prisonniers par les soldats allemands qui les recherchaient activement. Les corps de Boyes et Smith ont été retrouvés et récupérés par la Croix Rouge ; ils sont enterrés au cimetière de Saint-Hilaire-de-Riez (Boyes) et au cimetière de Saint-Gilles-sur-Vie (Smith). Les corps de Biddulph et Scotney, qui ont certainement été pris au piège dans l’avion quand il a coulé, n’ont jamais été retrouvés. Leurs noms sont gravés sur la stelle commémorative de Runnymede, en Grande Bretagne.

Le lieutenant John Hill, le pilote, a été fait prisonnier et envoyé au Stalag Luft 3 Sagan et Belaria en Basse-Silésie (aujourd’hui en Pologne). Il a été libéré en 1945.

Le sergent Sidney Shankster, après avoir été capturé, a été envoyé au Stalag Luft 1 à Barth Vogelsand en Prusse et plus tard au Stalag Luft 6 à Heydekrug, en Prusse orientale (aujourd’hui la Lituanie), puis au Stalag Luft 4 à Gross Tychow en Poméranie (aujourd’hui en Pologne). Libéré en 1945, il s’est marié le 22 septembre 1945 avec sa fiancée Irène qu’il avait rencontrée avant la guerre. Le couple a eu deux enfants. Sidney Shankster est décédé à Coventry en 1970, à l’âge de 47 ans.

Le sergent Boland, après avoir été fait prisonnier, a été envoyé au Stalag Luft 1 à Barth Vogelsand en Prusse avec Sidney Shankster, puis au Stalag 6 à Heydekrug, toujours avec Shankster. Puis leurs chemins se séparèrent et Boland fut envoyé au Stalag 357 Kopernikus à Thorn en Pologne. Sa piste s’arrête là, on ne sait pas ce qu’il est devenu par la suite…

Aujourd’hui l’épave du Stirling BK701-G dort sous les eaux de l’Atlantique, devant la plage de Saint-Jean de Monts sous quelques mètres d’eau, aux coordonnées : latitude 46° 46’ 565 N et longitude 2° 04’ 681 W.

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