Chaque jour, une épave : 17 mai 2006, le porte-avions Oriskany

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

L’USS Oriskany n’est pas une épave comme les autres, c’est l’un des trois seuls porte-avions visitables en plongée dans le monde (avec le Saratoga dans l’atoll de Bikini et l’Hermes au Sri Lanka)…

L’Oriskany

L’USS Oriskany (CVA-34) était l’un des rares porte-avions de classe Essex achevés après la Seconde Guerre mondiale pour la marine américaine. Le navire a été nommé ainsi en mémoire de la bataille d’Oriskany pendant la guerre d’indépendance des Etats Unis. D’une longueur de 271 mètres pour une largeur de 38 mètres et un tirant d’eau de 9,3 mètres, il jaugeait pas moins de 32 000 tonnes. Il était propulsé par 4 turbines à vapeur de 150 000 cv sur 4 hélices, alimentées par 8 chaudières, pour une vitesse maxi de 33 nœuds. Avec une autonomie de 20 000 milles nautiques (37 000 km) il aurait presque pu faire le tour de la planète, manœuvré par un équipage de 2600 marins et officiers. Il transportait en mission une centaine d’avions.

Conçu à l’origine comme un porte-avions de classe Essex «à longue coque», sa construction a démarré en 1942. Il a finalement été mis en service en 1950.

Il a opéré principalement dans le Pacifique dans les années 1970, gagnant deux étoiles de bataille pour son service lors de la guerre de Corée et dix autres pour la guerre du Vietnam, ayant participé à de très nombreuses opérations de bombardements durant ces deux conflits. En 1966, un énorme incendie a éclaté sur le pont de l’Oriskany lorsqu’une fusée éclairante au magnésium a explosé accidentellement ; 44 hommes sont morts dans le feu.

Le porte-avions était stationné au Vietnam le matin du 26 octobre 1966, lorsqu’un feu a éclaté du côté tribord du hangar avant du navire et a traversé 5 ponts, tuant 44 hommes. Beaucoup de ceux qui ont perdu la vie étaient des pilotes de combat chevronnés qui avaient effectué des raids sur le Vietnam quelques heures plus tôt. L’incendie s’est déclaré lorsqu’une fusée éclairante au magnésium a explosé dans le Hangar 1, sous le pont d’envol. L’enquête a montré que la cause de l’incendie était une erreur humaine. Un marin avait déclenché accidentellement la fusée, et dans la panique, l’avait jetée dans le compartiment où les fusées étaient stockées, au lieu de la jeter dans l’eau par dessus-bord; cela a allumé toutes les fusées éclairantes du compartiment et a causé des dommages horribles. Certains des hommes ont évacué des bombes lourdes qui se trouvaient à portée des flammes, tandis que d’autres plaçaient les avions hors de danger. Il a fallu plus de 3 heures pour circonscrire l’incendie.

Un avion s’écrase sur le pont de l’Oriscany
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Une enquête ultérieure et une analyse effectuée par le Naval Ammunition Depot, ont montré qu’une fusée sur 1000 risquait de s’enflammer accidentellement si elle était soumise à un choc. Cinq membres d’équipage ont été traduits en cour martiale à la suite de l’incident mais ont été acquittés.

Une semaine plus tard, le porte-avions partit pour San Diego, afin d’y subir de grendes réparations à la suite des importants dégâts qu’il avait subis. En mars 1967, l’Oriskany, entièrement réparé, reprit la mer en direction du Vietnam où il arriva en juillet de la même année, juste à temps pour porter assistance à un autre porte-avions américain, l’USS Forrestal, lui aussi en proie aux flammes…

230 kg d’explosif ont été nécessaires pour saborder l’Oriskany

Arrivé à l’âge de la retraite en 1976, le porte-avions a été désaffecté. À la fin de la guerre froide et après la réduction de la force active de la marine américaine, l’Oriskany a été reconnu comme obsolète et a été rayé du « Naval Vessel Register » en 1989. Sa coque a été dépouillée de tout équipement pouvant être réutilisé ou recyclé. La cloche du navire (enlevée lors de la désaffectation en 1976) est maintenant exposée à Oriskany, New York, et diverses pièces ont été récupérées pour soutenir le USS Hornet Museum à Alameda, en Californie et d’autres musées de la Navy.

Au début des années 1990, un groupe d’hommes d’affaires du Japon a voulu acheter l’Oriskany et l’exposer dans la baie de Tokyo, mais le projet a échoué en raison du manque de financement.

Le navire a ensuite été vendu pour la ferraille en 1995, mais n’ayant pas trouvé d’acquéreur sérieux, il a été repris en 1997. En 2004, il a été décidé de le couler comme récif artificiel au large de la Floride dans le golfe du Mexique. Après de nombreux examens environnementaux et travaux de nettoyage visant à éliminer les substances toxiques, l’Oriskany est arrivé à Pensacola en décembre 2004. L’intention initiale était que le navire soit coulé à l’été 2005, mais les travaux de dépollutions ont pris du retard et c’est seulement le 17 mai 2006 que l’ancien porte-avions put être immergé comme récif artificiel pour l’Etat de Floride.

Le navire a été remorqué à Pensacola sur la côte ouest de la Floride, en mars 2006 pour les derniers préparatifs en vue du naufrage. Le 17 mai 2006, une équipe de la Marine a effectué le sabordage de l’ancien porte-avions, avec les organismes écologiques concernés et la Garde côtière américaine. Une équipe d’artificiers a fait exploser environ 230 kg de charges explosives C-4. Le navire a coulé par l’arrière 37 minutes après la détonation, sur un fond de 64 m dans le golfe du Mexique, aux coordonnées : latitude 30° 02’ 542 N et longitude 87° 00’ 374 W.

Comme prévu, le navire s’est immobilisé en position verticale. Le pont d’envol était à une profondeur de 41 m et son îlot de commandement s’élevait jusqu’à 21 m de la surface. La structure de l’îlot est accessible aux plongeurs récréatifs, mais la visite au-delà du pont d’envol nécessite un niveau plus confirmé. Le Times de Londres a nommé l’épave de l’Oriskany comme l’un des dix meilleurs sites de plongée sur épave au monde.

L’immense navire est un paradis pour plongeurs avec sa masse et ses dimensions impressionnantes. Désormais, l’Oriskany est le plus grand navire jamais coulé pour faire un récif artificiel. Souhaitons que l’exemple de ce porte-avions devenu un magnifique spot de plongée donne des idées à l’Etat français pour faire de même avec quelques-uns des ses navires réformés, qui pourrissent bien cachés dans un certain estuaire breton, avant de finir dans un quelconque chantier de démolition indien…

Lien vers vidéo Youtube de Seal Sport :

1 COMMENTAIRE

  1. En France les fonctionnaires et l’administration toute puissante à mis bon ordre à ce type de débordement
    Nos portes avions on leur fait faire d’abord une longue promenade couteuse et on les fait découper à l’autre bout de la planète. Pas question de le couler chez nous où ce serait un apport touristique de plus que non ! Le fond de la mer apparient à des décideurs pointus qui eux ne veulent surtout pas être dérangés par un tel travail !!!

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