Chaque jour, une épave : 16 avril 1942, un avion Wellington tombait près de Noirmoutier

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Vickers Wellington Mk III était un bombardier anglais de la Royal Air Force, affecté à des tâches très variées allant du transport et de la reconnaissance, au bombardement, la surveillance maritime, la chasse aux sous-marins et au largage de mines. Un modèle qui avait déjà fait ses preuves lors de la Seconde Guerre mondiale, puisque les premiers appareils avaient vu le jour en 1938.

Les différents modèles de Wellington. Dans cet article, il s’agit d’un Mk III

Construit par la firme Vickers – Armstrong, d’une envergure de 26,26 mètres pour une longueur de 19,68 mètres et une hauteur de 5,31 mètres, il accusait un poids total de près de 13 tonnes. Les deux moteurs de la version Mk III étaient des Bristol Hercules III de 14 cylindres en étoile de 1375 cv chacun qui le faisaient voler à 400 km/h à une altitude maxi de 6000 mètres et un rayon d’action de 1930 km. Il était manœuvré par un équipage de 6 hommes et possédait un armement de 8 mitrailleuses (2 à l’avant, 2 en sabords et 4 à l’arrière sur le Mk III) et pouvait emporter 2 tonnes de bombes. Cet avion très robuste, malgré son revêtement en toile enduite sur une structure métallique croisée recouverte de lisses de bois, pouvait continuer à voler même en ayant subi des dégâts importants.

L’armature métallique du Wellington était recouverte de lisses en bois et entoilée. L’ensemble était très résistant

En 1942, le N°156 Squadron de la RAF était stationné sur la base d’Alconbury dans le Cambridgeshire et était équipé d’avions Vickers Wellington III, avant de se moderniser à partir de 1943 et de remplacer sa flotte par des Avro Lancaster, plus performants.

Un Wellington du N° 156 Squadron

Le Wellington Mk III N° X3417 était affecté Au 156 Squadron. Il était piloté par le sergent/Pilot Officer Joseph Sheffield, 26 ans (né le 12 mai 1915), de Glasgow en Ecosse. Les membres de son équipage étaient le sergent John Roderick Mcrae, Observateur, le sergent Roylance Kinsey, navigateur, 25 ans, de Hythe (Hamshire), le Sergent Rex Valund Hagborg, navigateur, le sergent John James Smith, mitrailleur, 29 ans, de New Cross (Londres) et le sergent Dennis Shapley Hall, mitrailleur, 21 ans, de Dereham (Norfolk).

L’équipage du Wellington N°X3417 peu avant sa mission fatale. Au milieu agenouillé, le pilote Joseph Sheffield

Le 16 avril 1942 à 21h15, plusieurs avions du 156 Squadron décollaient de la base d’Alconbury pour une mission nocturne au-dessus de la France. Il y avait les avions Wellington numéros X3677, X3741, X3671, X3710, X3695 et X3417, qui transportaient chacun deux mines. L’opération consistait à larguer les mines au-dessus de l’estuaire de la Loire, dans la zone de Saint Nazaire, afin de perturber la navigation des bâtiments allemands, notamment des sous-marins qui faisaient des ravages sur les convois alliés en Atlantique. Le nom de code de l’opération évoquait un « jardin » où les avions devaient aller planter des « légumes »…

Le pilote Joseph Sheffield, 26 ans, peu avant sa disparition
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Après avoir survolé la Bretagne par une nuit très sombre qui ne favorisait pas la prise de repères, mais qui avait l’avantage de cacher les aéronefs aux yeux des guetteurs (car les batteries anti-aériennes allemandes veillaient), l’escadrille arriva au-dessus de l’objectif. Enfin, presque, puisque le Wellington N°X3710 s’est trompé de localisation dans l’obscurité et a lancé ses deux mines à 23h50 dans… le golfe du Morbihan ! Les autres appareils larguèrent avec succès leurs mines sur la cible vers minuit, à une altitude de 500 pieds (150 mètres) et à une vitesse de 145 mph (230 km/h) sous les tirs de DCA.

Puis les avions prirent le chemin du retour et se posèrent à leur base avant l’aube. Tous, sauf un. Il manquait le Wellington X3417, qui n’est jamais rentré à sa base. Aucun message ne fut reçu de sa part, l’avion a tout bonnement disparu alors qu’il était en train de larguer ses deux mines dans l’estuaire de la Loire, en baie de Bourgneuf entre la pointe Saint-Gildas et l’île de Noirmoutier. A-t-il été victime d’un tir de DCA bien ajusté ou bien a-t-il été abattu par un chasseur nocturne de l’unité allemande Nachtjäger (unité formée pour lutter contre les bombardements de nuits pratiqués par le Bomber Command anglais sur le continent) ? Nul ne sait. Sur les registres d’opérations, il fut « présumé crashé dans la zone de la cible ».

Ce fait a pu être confirmé quelques jours plus tard, quand on retrouva deux corps d’aviateurs anglais rejetés par la mer sur le littoral. Le premier était le corps du pilote, Joseph Sheffield, retrouvé sur une plage de la Baule, qui fut par la suite enterré au cimetière d’Escoublac-la-Baule. Le deuxième était le corps de l’un des mitrailleurs, le sergent Dennis Shapley Hall, qui fut retrouvé sur une plage de l’île de Noirmoutier et fut enterré sur cette île, au cimetière de Barbatre. Les corps des 4 autres membres de l’équipage ne furent jamais retrouvés. A défaut de sépulture, leurs noms sont gravés sur le Mémorial De Runnymede, dans le Surrey en Grande Bretagne.

La tombe du pilote Joseph Sheffield au cimetière d’Escoublac-la-Baule

L’épave du Wellington gît toujours à la pointe de l’île de Noirmoutier, par 17 mètres de fond, aux coordonnées : latitude 47° 03’ 9 N et longitude 2° 21’ 0 W. Il ne faut pas s’attendre à trouver un avion entier, le revêtement en toile enduite et les lisses ayant disparu depuis longtemps. Seule la structure métallique, les moteurs impressionnants de 14 cylindres en étoile et les armements, mitrailleuses et différents accessoires métalliques sont encore présents. Lors de l’exploration d’une épave de ce genre, il est bon de toujours garder une pensée pour les hommes qui s’en sont allés vers leur destin avec leur appareil.

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