Chaque jour, une épave : 10 mars 1800, le Repulse aux Glenan et ses deux mutineries

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Le HMS Repulse était un vaisseau de ligne anglais de 3e rang, de 64 canons, gréé en 3 mâts carrés. Construit en 1778 par les chantiers Fabian d’East Cowes en Grande Bretagne pour la Royal Navy de la Couronne Britannique, Il mesurait 48 mètres de long sur 13 mètres de large pour un tirant d’eau de 6 mètres. Il jaugeait 1387 tonnes.

Le Repulse avait connu une vie mouvementée, puisqu’il fut exposé à deux mutineries. En mai 1797 déjà, il avait miraculeusement échappé à la fameuse mutinerie du « Nore », lorsque les marins refusèrent les ordres et tentèrent de s’emparer de plusieurs navires pour protester contre leurs conditions de vie déplorables. Le premier lieutenant du Repulse, T. Francis Douglas, avait réussi à soustraire le navire aux mutins. A la suite de son acte de bravoure, celui-ci s’était vu offrir une épée portant gravée la commémoration de l’événement.

Bonaparte en Egypte

A la fin 1799, juste après le débarquement de Bonaparte à Fréjus à son retour d’Egypte, prélude à la formation du Consulat, les relations entre la France et l’Angleterre étaient des plus mauvaises, le développement des idées révolutionnaires en France n’étant pas du tout du goût de nos voisins qui s’entêtaient à soutenir les royalistes. Les victoires françaises au Proche-Orient n’étaient pas là pour calmer les choses, à part la défaite de la flotte française par l’amiral Nelson à Aboukir. La France possédait alors 48 vaisseaux de ligne dans ses différents ports (plus 13 en construction), 50 frégates (plus 12 en construction), 42 corvettes brigantins ainsi que 177 petites unités. Soit un total de 342 navires en état ou pouvant être prêts rapidement. L’Angleterre quant à elle, pouvait aligner un total de 757 bâtiments. Devant un tel déséquilibre des forces, on comprend aisément pourquoi, quand Bonaparte, le 25 décembre 1799, fit une proposition de paix au Roi d’Angleterre, il se vit opposer une fin de non recevoir.

Le Repulse faisait partie de la Flotte de la Manche, composée de 28 vaisseaux de ligne de sa Majesté, sous le commandement de l’amiral Alan Gardner. La flotte anglaise croisait au large de Brest, bloquant ainsi les flottes alliées française et espagnole, qui alignaient de leur côté 45 vaisseaux. Début mars 1800, le vaisseau de 64 canons Repulse, commandé par la Captain James Alms, fut détaché de la flotte sur ordre de l’amiral Gardner, pour croiser vers la pointe sud bretonne, du côté de penmarc’h, de façon à intercepter les bateaux de ravitaillement à destination de Brest. Durant le contournement de la pointe bretonne, le Repulse fut malmené par plusieurs jours de tempête. Le dimanche 9 mars, c’est une véritable tornade qui s’abattit sur le vaisseau anglais, lui infligeant de gros dégâts. Même son capitaine fut blessé dans une mauvaise chute ayant occasionné la fracture d’une côte qui l’a immobilisé dans sa cabine.

Vaisseaux de ligne de 3e rang du même genre que le Repulse

A cause du mauvais temps, il était extrêmement difficile de calculer la position du navire, d’autant plus que le courant faisait constamment dévier le Repulse de sa route. Dans la soirée du 10 mars 1800, alors qu’il avançait à 6 nœuds, le Repulse heurta des rochers au sud-est de l’île d’Ouessant. Le navire resta planté sur les récifs pendant près d’une heure avant de réussir à se dégager. Mais la coque avait souffert de l’échouage et une brèche s’était ouverte, laissant entrer une grosse quantité d’eau dans les ponts inférieurs. Mais le Repulse ne sombra pas tout de suite. Réussissant à le maintenir à flot, l’équipage l’orienta progressivement vers la côte de l’actuel Sud-Finistère afin de l’échouer sur le littoral et pouvoir regagner la terre ferme sans faire trop de victimes. Finalement, le Repulse a réussi à atteindre l’archipel des Glenan, où il a sombré dans une zone peu profonde, près de l’île de Penfret. L’équipage et son capitaine blessé put alors quitter le bord pour se réfugier sur l’île où les habitants leur prodiguèrent tous les soins nécessaires, avant que les soldats français viennent les faire prisonniers pour les emmener vers la prison de Quimper. L’abordage de l’île, dans le gros temps qui ne s’était toujours pas calmé, ne s’est pas passé aussi bien qu’espéré, puisque plusieurs canots furent retournés par les rouleaux, noyant une douzaine d’hommes.

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Au milieu de la panique générale, un autre bateau ne suivit pas les autres et s’éloigna vers le large, avec à son bord le premier lieutenant John Carpenter Rothery, le 4e lieutenant, deux midships et huit marins, qui, désobéissant aux ordres du capitaine, préférèrent affronter la fureur de l’océan plutôt que de se constituer prisonniers. Ils ont dérivé ensuite pendant quatre jours, passant leur temps à écoper pour ne pas couler, avant d’aborder l’île de Guernesey et rentrer ensuite vers leur pays.

Par la suite, l’équipage du Repulse et son capitaine furent remis par la France à l’Angleterre. A son retour, le capitaine James Alms fut rejoint par son premier lieutenant, à la barre de la Cour Martiale chargée d’établir les responsabilités dans le naufrage. Contre toute attente, John Carpenter, le premier lieutenant, fut jugé coupable de mutinerie car il avait désobéi aux ordres de reddition du capitaine, même s’il a réussi à rejoindre l’Angleterre. Dans la Marine de guerre, même dans la défaite, on ne discute jamais les ordres du capitaine… James Alms le capitaine, quant à lui fut acquitté, étant jugé dans l’incapacité de remplir correctement sa mission de commandement sur le pont dans la tempête à cause de sa blessure. Les voies de la Justice sont parfois comme celles du seigneur : impénétrables…

Aujourd’hui, les restes du Repulse, dispersés par l’océan, doivent être cherchés sous quelques mètres d’eau dans l’archipel des Glenan, entre l’île de Penfret et l’île du Loc’h, aux coordonnées : latitude 47° 43’ 017 N ; longitude 3° 58’ 967 W.

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