Chaque jour, une épave : 8 mars 1939, le Saint Prosper, une épave mythique

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

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Le Saint Prosper était un cargo à vapeur français de 111 mètres de long sur 15 mètres de large et 8,8 mètres de tirant d’eau, pour une jauge de 4330 tonnes. Sa machine à vapeur à triple expansion de 515 cv propulsait le bateau, au moyen d’une seule hélice, à 11 nœuds. Construit en 1920 par les chantiers William Gray & Co de West Hartlepool, en Grande Bretagne, il appartenait à la Sonciété Navale de l’Ouest, dont le siège était au Havre.

Tout est parti d’un fait divers paru dans les journaux de mars 1939. La Seconde Guerre mondiale était imminente et un drame en mer n’était pas dans les préoccupations principales. Les coupures de journaux retrouvées posent bien quelques questions sur la mystérieuse disparition d’un cargo en Méditerranée, mais tout le monde le sait bien : la mer est dangereuse, parfois…

Ce cargo, c’est le Saint Prosper, l’un des plus grands de la flotte commerciale française, avec ses 111 mètres de long. Après un voyage aller de Rouen vers Oran, il fit escale à Alger le 4 mars 1939 avant d’entamer la traversée de retour vers la France. Là, il devait charger une cargaison de barils de pétrole à destination de Marseille. L’équipage de 27 marins, principalement bretons de la région de Paimpol, était sous les ordres du capitaine Jules-Honoré Langlois.

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Le 8 mars 1939, au milieu de la Méditerranée lors de sa traversée vers Marseille, le Saint Prosper envoyait un message radio pour signaler qu’il était pris dans une tempête et que son arrivée à Marseille était retardée au lendemain, devant la nécessité de se protéger des fureurs de la mer. Il se dérouta alors vers l’ouest, se rapprochant des côtes espagnoles pour chercher l’abri du littoral.

En Espagne, le pays était englué dans la guerre civile et dans la région de Barcelone, les Républicains étaient constamment harcelés par les troupes du général Franco et par les bateaux de guerre. Aussi pour les empêcher d’approcher de la côte, des chapelets de mines avaient été mouillés. C’était le cas à Rosas, où le Saint Prosper allait chercher à se réfugier, fonçant droit sur le piège qui ne lui était pas destiné. En manœuvrant, le cargo toucha une mine qui explosa au niveau de son quart arrière, sur tribord. Il coula en quelques minutes, entraînant avec lui tout son équipage. Seul un homme grièvement brûlé fut retrouvé sur la grève à Rosas, mais il mourut avant d’avoir pu se faire comprendre, car il s’exprimait dans un langage incompréhensible que les habitants prirent pour du grec (alors que cela devait être du Breton).

Dans les jours qui ont suivi, on retrouva quelques fragments de bois d’embarcations de sauvetage et un gilet de sauvetage, ainsi que de grandes trainées huileuses, notamment près des Baléares. On en conclut alors que le bateau qui avait coulé près de Rosas devait être un pétrolier grec… Quant au Saint Prosper, qui n’est jamais arrivé à Marseille, la compagnie déclara officiellement sa perte corps et bien au large des Baléares. Les familles n’obtinrent plus jamais de nouvelles de leurs proches disparus. Ce n’est que 65 ans plus tard que l’on finira par apprendre les circonstances du drame.

En juin 1967, une première découverte aurait pu mettre fin à l’angoisse des familles, mais elle fut étouffée par la compagnie, pour des raisons qui restent encore obscures. A Rosas, les pêcheurs perdaient régulièrement des filets ou des lignes qui restaient accrochées sur l’épave dite « du pétrolier grec », qui n’avait encore jamais été identifiée ni même explorée. Un plongeur barcelonais, Eusebio Escardibul, plongea sur le site pour rendre service à un ami pêcheur dont le filet était coincé. Il découvrit alors que l’épave qui gisait là, sous 60 mètres d’eau, n’était pas celle d’un pétrolier grec, mais bel et bien le cargo Saint Prosper, disparu 28 ans auparavant. Comme preuve, il remonta la cloche du bateau, portant le nom de Saint Prosper. Mais la compagnie propriétaire du cargo, la Société Navale de l’Ouest, prévenue, refusa d’informer les familles des marins, sous prétexte de ne pas vouloir « raviver les douleurs »… La vraie raison devait plutôt être recherchée du côté des indemnités que la compagnie aurait dû reverser aux familles.

Pose d’une plaque commémorative (photo P. Strazzera)

Mais les familles des disparus n’ont jamais désespéré et c’est ainsi qu’en 2004, Michel Guillou, neveu de l’un des membres de l’équipage du Saint Prosper, découvrit sur internet un site qui relatait l’histoire du cargo ainsi que l’exploration de l’épave dans la baie de Rosas en Espagne, non loin de la frontière française, par un groupe de plongeurs français, le « Sommeil des Epaves ». Franck Gentili et Patrice Strazzera on reconstitué les faits et photographié le site dans ses moindres détails. 65 ans après le drame, les familles des marins du Saint Prosper ont pu avoir enfin des réponses à leurs questions.

La stelle avec le viseur qui permet de voir le lieu du naufrage

Une première commémoration s’est tenue à Rosas, le 27 août 2005, avec trois familles. Une plaque a été descendue sur l’épave ainsi qu’en Bretagne, à Ploubazanec. Une dernière commémoration fut organisée à Rosas, le 7 mars 2009, 70 ans après le drame. Une stelle a été installée face à la mer, per laquelle on peut voir le point où a eu lieu le naufrage. Aujourd’hui, 19 familles ont été retrouvées, grâce à la ténacité des Guillou.

L’épave du Saint Prosper quant à elle, repose toujours dans la baie de Rosas, par 60 mètres de fond, aux coordonnées suivantes : latitude 42° 10’ 88 N ; longitude 3° 11’ 96 E. Posé bien droit au fond, le bateau est toujours dominé par son imposant mât de charge et abrite une vie foisonnante. La plongée sur cette épave reste particulièrement difficile au regard de sa profondeur et de la présence de filets.

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Lien vers la très belle vidéo Youtube réalisée par Josep Maria Castellvi :

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