Chaque jour, une épave : 6 mars 1919, le Lagoubran à Marseille

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Lagoubran était un remorqueur, construit par les Ateliers & Chantiers Dubigeon à Nantes, pour la Marine Nationale qui l’a utilisé comme petite unité de servitude, C’était un remorqueur à vapeur et à roues à aubes de 28 mètres de long sur 7,5 mètres de large, jaugeant 103 tonnes. Il était propulsé par une machine à vapeur à simple chaudière de 220 cv qui faisait tourner deux roues à aubes latérales de dix pales de 4,2 mètres de diamètre. Il fut mis en chantier en 1885, puis mis à flot en 1887 pour une mise en service effective le 20 novembre 1888.

Sur la passerelle du Lagoubran, quelques jours avant sa disparition

Le Lagoubran était basé à la Direction du Port de Toulon, Il passa les trente ans de sa vie à remorquer les gros navires de guerre, à déplacer des corps morts, à traîner des chalands, mais il intervenait aussi sur toute la partie est de la côte Méditerranéenne, accompagnant des dragueurs de mines et relevant des engins immergés.

Le Lagoubran, bateau de servitudes

Depuis le 16 février 1919, le Lagoubran était détaché sur la zone de Marseille où il portait assistance aux deux dragueurs de mines Pioche et Coccinelle pour des opérations de déminage et de nettoyage de la baie phocéenne, la Grande Guerre enfin terminée ayant laissé de nombreux engins de lutte anti-sous-marine. Il y avait lieu de débarrasser le littoral de tous ces engins de mort afin de rendre la navigation commerciale plus sûre et éviter les rencontres accidentelles, comme on a pu le voir juste un an auparavant avec des naufrages comme celui de la Drôme ou du Ker Bihan. La zone entre le Planier et l’île Riou était en passe d’être complètement débarrassée de ses « cadeaux » encombrants mais il restait encore de nombreux engins à relever.

Coupure du journal “le Temps” du 8 mars 1919 qui relate le naufrage

Le 6 mars 1919, sur l’appel des deux dragueurs, le Lagoubran s’était rendu dans la zone à mi-chemin entre Marseille et le Planier, afin de faire exploser un paquet de mines et de relever un élément de filet. Durant les manœuvres, sa proue heurta une mine encore en état qui explosa, détruisant tout l’avant du bateau et tuant les hommes qui s’affairaient à cet endroit. Le Lagoubran sombra très rapidement après l’explosion. Sur les 30 membres qui composaient l’équipage, 8 marins furent tués (dont un qui est mort à son arrivée à l’hôpital) et 4 autres ont été blessés. Les survivants ont eu le temps d’embarquer dans les canots de sauvetage avant que le Lagoubran disparaisse de la surface et furent récupérés par les dragueurs qui s’étaient approchés pour porter secours.

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Le Lagoubran est une épave difficile à plonger car profonde, posée sur le sable à près de 68 mètres de fond, le haut de l’épave atteignant tout juste les 64 mètres. Une plongée au Trimix est donc conseillée. L’autre danger est la présence de filets sur l’épave. La visibilité souvent faible incite à la prudence vis-à-vis des filets. La vie qui s’est développée autour de l’épave est extrêmement riche, avec notamment des nuages d’anthias et des congres respectables. Au centre du navire, on peut admirer la chaudière et les restes des roues à aube protégées par leurs cages, toujours fixées contre la coque du bateau. Les coordonnées du site sont : latitude 43° 13’ 747 N ; longitude 5° 16’ 291 E.

Lien vers vidéo Youtube plongée sur le Lagoubran par Deep CCR Tartiflette :

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