Chaque jour, une épave : 6 février 1918, le Duca Di Genova

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Allons rendre visite à nos voisins espagnols, qui ont eux aussi leur lot d’épaves à découvrir…

Le Duca Di Genova était un paquebot à vapeur italien, construit en 1907 par les chantiers Cantieri Navali Riuniti, à La Spezia en Italie, pour le compte de la compagnie Navigazione Generale Italiana, de Gènes. 145 mètres de long, 16 mètres de large, il faisait partie des géants des mers, comme ses frères, le Duca d’Aoste et le Duca degli Abruzzi. Avec une jauge de 7893 tonnes, ses deux machines à vapeur de 4 cylindres à quadruple expansion de 760 cv et ses deux hélices le propulsaient à 16,5 nœuds.

Le voyage inaugural du Duca Di Genova a eu lieu le 18 octobre 1908, au départ de Gênes, vers New York et retour à Naples. Le 29 octobre 1912, le Duca di Genova est transféré à la compagnie La Veloce Navigazione Italiana a Vapore, toujours à Gènes, où il a assuré la ligne de l’Amérique du Sud. Par la suite, en 1916, le gouvernement italien a réquisitionné le navire et l’a transformé en bâtiment de transport de troupes.

L’équipage Duca di Genova ne pouvait imaginer à quel point il était proche de la tragédie, passé minuit en cette fin de nuit du 5 au 6 février 1918, alors qu’il naviguait sur une mer calme devant le phare de Canet d’En Berenguer, sur la côte méditerranéenne d’Espagne. A peu de distance au nord de la ville de Valence, tout près du petit port de Sagunto, Canet d’En Berenguer est aujourd’hui dotée d’un petit port de plaisance, juste à l’emplacement du phare.

Bien que la compagnie La Veloce ait été réquisitionnée pour le transport des troupes, elle pouvait, entre deux réquisitions, effectuer quelques transports pour continuer ses activités commerciales. Ainsi, le Duca Di Genova revenait à cette occasion d’Argentine avec une cargaison de farine, de blé et de haricots. Cependant, une silhouette menaçante allait bientôt rompre la quiétude nocturne…

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Un sous-marin allemand, l’U-64, commandé par Robert Moraht, a émergé à seulement 800 mètres du navire. Immédiatement, le capitaine du bateau à vapeur Miguel Motta a ordonné de tourner à tribord pour éviter le sous-marin et alla chercher l’abri près de la côte. Mais, le submersible a manœuvré jusqu’à être placé entre le Duca di Genoa et la terre avant de tirer une torpille contre le transatlantique.

Le projectile a pénétré dans l’une des cales pour finir par exploser près de la salle des machines, occasionnant deux blessés. Le Duca Di Genova, touché mortellement, se dirigea alors vers la côte pour faciliter son évacuation, ou bien pour limiter les dégâts en l’échouant. Bientôt, la proue talonna sur un banc de sable. A la hâte, Motta donna des instructions pour évacuer le navire qui commençait à couler de la poupe. Sa proue, échouée sur le banc de sable, restait à la surface. Bien que la majorité des 148 membres de l’équipage aient atteint la côte à bord de huit bateaux, cinq hommes ont disparu après s’être jetés dans la mer dans la confusion et la panique des premiers moments. Dans l’après-midi du lendemain, les vagues ont déposé le cadavre de l’un d’eaux sur la plage. La nuit suivante, la mer rendit le reste des corps.

A terre, les travailleurs de la compagnie locale Sierra Menera furent les premiers à aider les naufragés. Peu à peu, les membres d’équipage ont été logés dans des maisons des habitants et les blessés ont été transportés à l’hôpital, tandis que le capitaine contactait la compagnie propriétaire du navire. Les autorités locales iront également dans la région, où le consul italien Camilo Reali arrivera bientôt pour superviser le rapatriement. Les jours suivants, les plongeurs commencèrent à étudier l’état du navire pour essayer de le renflouer, ou au moins récupérer sa cargaison, évaluée à environ deux millions de pesetas.

La silhouette des deux cheminées du Duca di Genova qui émergeaient encore des eaux au large de Canet d’En Berenguer était une vision quotidienne pour les riverains qui, dans les premiers jours, s’approchaient de la plage pour participer au sauvetage. Enfin, le 4 octobre de cette année, une forte tempête entraîna les derniers restes de vapeur à l’écart du banc de sable, vers une zone un peu plus profonde. Quelques semaines plus tard, le 11 novembre, l’Allemagne signa l’armistice qui mit fin à la guerre.

Aujourd’hui, les restes du bateau reposent environ à une vingtaine de mètres de profondeur, aux coordonnées 39° 40’ 250 de latitude Nord et 00° 11’ 167 de longitude West, pour le regard exclusif de quelques plongeurs. Personne dans Sagunto ne se souvient de ce naufrage.

Il est à noter que cette région possède quelques plongées très intéressantes, comme une autre épave, très impressionnante, le Coila, ou bien un spot extraordinaire qu’est le minuscule archipel des Columbretes, ancien cratère de volcan entouré d’un haut-fond devenu une réserve biologique, à une cinquantaine de kilomètres de la côte. Les plongées dans cette zone sont très réglementées pour préserver ce site extrêmement riche.

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