Chaque jour, une épave : 4 mars 1970, le mystère du naufrage du Nadia

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Profil du Nadia

Le Nadia était un chalutier français de 28 mètres de long, large de 7 mètres, d’un tirant d’eau de 2,66 m et d’une jauge brute de 147 tonneaux. Il a été construit en 1963 par les Chantiers et Ateliers de la Perrière à Lorient, tout près de l’ancienne base sous-marine. Il était équipé d’un moteur Baudouin DB 12 de 600 cv qui lui permettait de faire route à 11 nœuds. Immatriculé le 3 octobre 1963, francisé à Lorient le 3 février 1964 sous le n° 2113, le Nadia avait appartenu un temps à l’armement Candela. Originaire d’Alicante, Monsieur Candela avait commandé aux Ateliers et chantiers de La Perrière, à Lorient, deux chalutiers de trente mètres et leur avait donné le nom de ses enfants, comme souvent dans le milieu de la pêche. Il avait acquis le premier et le troisième bateau d’une série de huit et les avait nommés, le premier Richard Candela et le second Nadia Candela. Depuis le 29 mai 1968, le Nadia Candela, rebaptisé Nadia le 6 juin 1969, appartenait à un groupe d’armateurs copropriétaires. Le patron du Nadia était un pêcheur du cru, Eugène Rio qui accusait une longue carrière dans le métier.

Le Nadia à ses débuts

Le 4 mars 1970, le Nadia quittait le port de Concarneau vers 8 h 45 pour regagner Étel, son port d’attache, avec trois hommes à son bord : le patron, Eugène Rio, 42 ans ; le second mécanicien Edmond Moysan, 29 ans ; et un matelot, André Le Formal, 22 ans. Le reste de l’équipage, sept hommes en tout, avait pris place dans un taxi pour rejoindre leurs domiciles dans le Morbihan. La mer, bien qu’agitée, n’était pas spécialement mauvaise, houleuse sans plus. Le vent soufflait d’ouest plein arrière à 34-35 nœuds.

Rien ne pouvait laisser prévoir l’accident. Et pourtant vers 10 heures, le Nadia prit soudain de la gite et embarqua un paquet de mer qui acheva de le chavirer. En quelques secondes, ce fut le drame. Le matelot Le Formal qui remontait de la cale à poissons échappa à la gite en courant sur le pont puis sur la coque. Le patron Rio, sortit de la timonerie et se précipita sur un container qui renfermait un canot de survie et le jeta à la mer. Malheureusement, le bout qui commandait son ouverture n’était pas amarré à bord et le canot partit à la dérive, rapidement écarté par le vent. Il attrapa alors le second container et répéta la même manœuvre, le résultat fut aussi désespérant, là encore, le bout n’était pas amarré. Le second canot dérivant sous le vent, sans hésiter, le patron et le matelot se jetèrent à l’eau et réussirent à saisir l’engin. Coincé dans la coursive du côté ou le chalutier avait chaviré, Edmond Moysan, le second mécanicien, ne put se dégager et sombra avec le bateau dont l’étrave seule restera émergée de deux à trois mètres pendant près de deux heures.

Les deux rescapés ayant réussi à déployer leur engin de survie, se réfugièrent à l’intérieur et attendirent les secours. Ce fut la gabare Le Grillon, bateau de travail de la Marine Nationale, qui venait de quitter le port de Lorient pour rejoindre l’escadre de l’Atlantique, qui arriva la première sur les lieux du naufrage, guidée par une fusée de détresse.

À 11 h 55, à un demi-mille nautique, le commandant de la gabare Le Grillon aperçut une étrave qui émergeait de quelques mètres à la surface de l’eau : « J’ai cru qu’il s’agissait d’un petit côtier, du genre caseyeur, 10 mètres de long, tout au plus. J’ai pensé que nous arrivions trop tard ». Mais, peu après, il aperçut une autre fusée rouge à environ 3 milles nautiques de là. Ce n’est qu’à 12 h 15 que Le Grillon aborda enfin le canot de sauvetage et embarqua les deux rescapés. Le patron, Eugène Rio, répétait sans cesse : « Je ne comprends pas, la mer n’était pas mauvaise. Le bateau s’était toujours bien comporté. Les semaines dernières, dans le Nord, nous avions essuyé des tempêtes. Tout s’était passé normalement ». Le mystère du naufrage du Nadia ne fut jamais résolu.

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Le Nadia a été retrouvé par les plongeurs de l’Expédition Scyllias, une association lorientaise spécialisée dans l’Histoire maritime et dans la recherche d’épaves, à la latitude 47° 41’ 379 N et longitude 3° 37’ 246 W. Le bateau, très bien conservé, repose sur un fond de vase par environ 47 mètres de profondeur, couché sur bâbord, incliné à 45°. Avant d’aller lui rendre visite, il ne faut pas perdre de vue que cette plongée, malgré une profondeur raisonnable, est assez délicate et requiert un minimum de sérieux et de compétences. En effet, cet endroit est très fréquenté par les chalutiers qui quadrillent régulièrement les alentours, parfois très près du Nadia, remuant le fond vaseux et soulevant d’énormes nuages de particules, gâchant par là même la transparence de l’eau. Le Nadia reste malgré tout une très belle plongée, mais il ne faut pas oublier, quand on plonge sur cette épave, qu’elle est aussi la tombe d’un jeune marin…

Site de l’Expédition Scyllias : https://www.scyllias.fr

Lien vers la vidéo d’une plongée sur le Nadia avec le Club Subaquatique Lorientais :

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