Chaque jour, une épave : 3 juin 1967, le Benzène, à l’île du Levant près de Port-Cros

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le chaland pétrolier Benzène a été construit par l’arsenal de Lorient en 1936, pour le compte de la Marine Nationale française, sous le matricule A-633. Long de 62 mètres pour 12 mètres de large, sa machine à vapeur de 32 cylindres à triple expansion de 900 cv alimentée par une seule chaudière, le propulsait sur une hélice à 10,5 nœuds.

Il a été mis en service à Brest le 2 septembre 1937 ; en 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale grondait, le Benzène était envoyé en Afrique du Nord, à Oran. Le 3 juillet 1940, il se trouvait toujours en Algérie, alors que la flotte française repliée à Oran après l’armistice, était bombardée par la flotte britannique. Les Anglais voulaient empêcher les navires français d’être pris par l’armée allemande.

Le Benzène et quelques autres bâtiments français réussirent à échapper au massacre qui fit 1300 morts chez les marins français. Le Benzène resta en Algérie jusqu’en 1942, puis rentra en France.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Benzène reprit une carrière sans incident au sein de la Marine française, comme chaland pétrolier et on n’entendra plus parler de lui jusqu’à la fin de sa carrière.

En 1967, le Benzène désarmé attendait une décision sur son sort. La plupart des navires de la « Royale » finissant dans les chantiers de destruction, le Benzène eut encore la chance de passer à travers les mailles du filet et d’éviter le sort de ses congénères, comme ce fut le cas à Oran. Certains navires étaient utilisés comme brise-lames, comme à Saint-Mandrier.

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Aussi, le petit port de l’Ayguade sur l’île du Levant, près de Ports-cros et de Porquerolles, très peu abrité du Mistral, n’avait pas les moyens financiers de faire construire une digue. Il disposait déjà d’une vieille épave, le Polyphème, mais celle-ci donnait de sérieux signes de faiblesse, il fallait donc la remplacer. Le Benzène fut envoyé au Levant et le 3 juin 1967, le vieux pétrolier, nettoyé, fut coulé pour former une digne au port de l’Ayguade.

Ainsi, ce bateau sans gloire et sans grand fait d’arme a-t-il entamé une nouvelle vie près des îles paradisiaques d’Hyères. Il s’étend toujours aujourd’hui sous 5 mètres d’eau, aux coordonnées : latitude 43° 00’ 98 N et longitude 6° 25’ 99 E. Mais même sans les coordonnées, vous ne pouvez pas vous tromper, l’épave est facilement accessible à l’entrée du petit port, en apnée comme en plongée avec bouteilles.

L’épave est certes sans grande prétention, mais la faible profondeur, l’eau très claire et la lumière qui passe la surface donnent au site un aspect féérique très agréable. Une bien belle promenade subaquatique pendant les vacances, qui offre d’excellentes possibilités de photographies.

 

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