Chaque jour, une épave : 3 avril 1918, Le France Aimée, coulé accidentellement

0
Publicité

Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le France Aimée, un cargo charbonnier à vapeur français de 699 tonnes en acier, appartenait à la Société d’importation du Nord et de l’Est, de Rouen, petite compagnie qui ne possédait que deux cargos vraquiers. Mis à l’eau au tout début du XXe siècle, il était affecté aux lignes trans-Manche pour effectuer des transports de charbon entre le sud de l’Angleterre et les ports normands.

Le 3 avril 1918, il faisait encore nuit quand le France Aimée quitta le mouillage de St-Helens, devant Portsmouth, à l’abri de l’île de Wight. Il venait du port de Barry-Docks, au Pays de Galles et transportait 758 tonnes de charbon à destination de Rouen. Il doubla la pointe est de l’île de Wight pour s’engager dans la traversée de la Manche. Il se trouvait alors à 2,5 milles nautiques dans le sud-ouest du mouillage de St-Helens. Dans la pénombre de cette fin de nuit, l’équipage du cargo ne vit pas arriver un bateau bas sur l’eau, qui surgit brusquement sur leur tribord. Il s’agissait du destroyer britannique HMS P35. La collision fut inévitable, le P35 heurta violemment le France Aimée et enfonça son bordé tribord, provoquant une importante voie d’eau.

Les dégâts étaient trop importants et le France Aimée commença à s’enfoncer rapidement. Son équipage, jugeant la situation désespérée, dut se résoudre à abandonner le navire en perdition. Tous les marins furent recueillis sains et saufs à bord du chalutier anglais Princess Olga, avant d’être transférés vers le torpilleur d’escadre français Francisque, venu porter secours lui aussi et qui les rapatria à Cherbourg.

Le rapport du Lieutenant de Vaisseau Jean Armand Amédée Boileau, commandant le torpilleur d’escadre Francisque, a noté dans son journal de bord : «Je vous rends compte que j’ai ramené de Portsmouth le capitaine et l’équipage du vapeur français France-Aimée, coulé dans la nuit du 2 au 3 avril devant Portsmouth par un destroyer anglais qui l’a abordé. J’ai trouvé ces hommes sur le chalutier anglais Princesse Olga, mouillé auprès de l’arraisonneur. Je les ai pris avec l’assentiment des autorités anglaises. »

Le France Aimée repose encore aujourd’hui par 15 mètres de fond devant Culver Cliff, à l’est de l’île de Wight (près de Portsmouth) aux coordonnées : latitude 50° 40’ 137 N et longitude 1° 03’ 358 W. L’épave est régulièrement visitée par les clubs de plongée locaux du fait de sa faible profondeur qui la rend accessible à tous niveaux. Elle est posée bien droite mais est partiellement ensablée. La poupe et le côté bâbord sont en bon état, alors que le côté tribord, où a eu lieu l’abordage, est détruit. La chaudière est bien visible. L’intérêt de l’épave réside dans la faune extrêmement riche qui l’a colonisée et qui en fait un récif artificiel particulièrement vivant. La visibilté sur ce fond de sable étant généralement bonne, le site réserve plein de belles choses à voir.

LAISSER UNE RÉPONSE

Entrez votre commentaire s'il vous plaît !
Veuillez entrer votre nom ici


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.