Chaque jour, une épave : 27 mars 1917, Le Thracia, torpillé près de Quiberon

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Thracia était un cargo à vapeur anglais construit en 1898 par les chantiers Sir Raylton Dixon & Co à Middlebrought, ville située sur les rivages de la Mer du Nord au nord-est de l’Angleterre. Il mesurait 94mètres de longueur pour 13 mètres de largeur et 8 mètres de tirant d’eau, sa jauge était de 2891 tonnes. Il était propulsé par une machine à vapeur Richardson & Sons Ltd de 258 cv, équipée de 3 cylindres à triple expansion qui lui donnait une vitesse de 10 nœuds au moyen d’une seule hélice.

Son premier nom a été Orono et il appartenait à la Plate Steam Ship Co de Londres qui l’exploita sur la ligne New York – Yokohamaavec des escales à Shangaï, Hong Kong, Singapour, les Indes, Suez et les ports méditerranéens, sous les ordres du capitaines Oswald. En mars 1903, il participa à la livraison d’animaux en provenance d’Extrême Orient pour peupler le zoo du Bronx, qui venait d’ouvrir. Le même mois, alors qu’il venait d’appareiller de New York pour Montevideo, l’Orono a été éperonné par un schooner américain. Les dégâts sur bâbord arrière furent réparés et le vapeur put reprendre sa route.

En 1909 à la compagnie Cunard SS Co Ltd (la même que les fameux Carpathia ou Queen Elisabeth) se porta acquéreur de l’Onoro, qui, à cette occasion, a changé de nom pour devenir le Thracia. Il traversa ensuite la période de la Première Guerre mondiale en parcourant les lignes d’Europe du Nord, jusqu’en Russie. Période compliquée où le cargo devait constamment jouer à cache-cache avec les bateaux allemands tout en luttant contre la banquise qui lui barrait régulièrement le chemin vers la Russie.

Le 23 mars 1917, le Thracia avait quitté Bilbao pour Glasgow, chargé de minerai de fer. A Belle-Ile en mer, il fut incorporé en 8e position d’un convoi qui a appareillé le 27 mars 1917 à 18 heures de de l’île bretonne, se dirigeant vers le nord. 38 hommes étaient à bord. La mer était belle et la visibilité excellente. Vers 20h30, alors qu’il se trouvait à 10 milles nautiques au nord-nord-est de Belle-Ile, une énorme explosion retentit. Le Thracia venait d’être torpillé par un sous-marin. L’explosion a fait éclater ses chaudières, tuant un ingénieur, un graisseur et deux pompiers. Touché par le travers tribord au niveau de la passerelle et pratiquement coupé en deux, il coula en moins d’une minute, ce qui ne laissa même pas le temps à l’équipage de mettre les canots à la mer et les hommes se retrouvèrent dans l’eau, se débattant pour ne pas être entraînés dans les remous du vapeur qui sombrait. Les 38 marins de l’équipage ont péri, à l’exception de deux hommes, H. Mass, le canonnier, recueilli par le vapeur Nordborg et Douglas V. Duff, quatrième officier par intérim, qui a pu témoigner sur la catastrophe.

L’auteur de ce torpillage était l’UC 69, commandé à l’époque par Erwin Wassner. L’ UC 69 était un sous-marin de type UC II, lancé en 1916.

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Le cadet Douglas Valder DUFF, raconta sa rencontre à l’aube du lendemain avec l’UC 69, venu constater les résultats de son forfait. Brusquement, accroché à une chaloupe retournée, il avait vu apparaître la masse noire du sous-marin et fut salué en Anglais par le commandant allemand. Celui-ci lui demanda le nom et le tonnage du navire qu’il venait de couler, sa cargaison, d’où il venait et quelle était sa destination. Duff répondit à toutes les questions et au moment où l’officier teuton aller tourner les talons pour rentrer dans son submersible, le naufragé anglais, désespéré et à bout de souffrance, pria son bourreau de bien vouloir l’achever. Celui-ci le regarda longuement, puis répondit d’un ton peu amène : « Je ne vais pas gaspiller de la poudre pour un cochon d’anglais ! Vous n’avez qu’à vous noyer. » Puis le sous-marin disparut.

L’hélice du Thracia, exposée à Quiberon

Duff resta accroché à la chaloupe retournée où il avait passé la nuit en compagnie d’autres victimes qui, blessés et à bout de force, avaient fini par disparaître un par un dans les vagues et le laisser seul. Quelques heures après sa rencontre avec l’UC 69, il fut recueilli par un bateau de pêche de Douarnenez. Il fut remis le même jour, à 11 h. 10, à la canonnière Ardent, alors commandée par le lieutenant de vaisseau Jean Marie Charles ABRIAL, qui le débarqua le 30 mars à Lorient.

A 12 h. 35, à 5 milles dans le nord de la pointe des Poulains à Belle-Île, la canonnière Ardent recueillit ensuite le corps du capitaine en second du Thracia, William B. Chadwick. Il fut transbordé à 15 h. 20 sur la vedette du Service de pilotage de la flotte qui le débarqua à Belle-Île ; il fut inhumé dans le cimetière de la commune du Palais.

Aujourd’hui l’épave de ce steamer repose par 35m de fond aux coordonnées : latitude 47° 30’ 809 N et longitude 3° 17‘ 406 W. L’avant de l’épave est disloqué et ne présente qu’un amas de poutrelles et de tôles à plat. Les cales remplies de minerai sont nettement visibles. Deux énormes chaudières sont bien en place et dépassent du fond d’environ 5m. Le moteur est présent et est couché sur bâbord. Les gigantesques bielles abritent de nombreux congres. Les trois cylindres sont très reconnaissables par leurs formes arrondies. Une hélice à trois pales est en place mais ensablée jusqu’au niveau de l’arbre. Le gouvernail s’est affaissé sur tribord et le secteur de barre repose à quelques mètres juste derrière l’hélice. Un nombre impressionnant de treuils jonchent ce qui était le pont du navire. C’est une très belle plongée quand il n’y a pas de houle sur ce site qui n’est pas protégé.

Lien Dailymotion : une plongée sur l’Epave du Thracia avec le Club Subaquatique Lorientais

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