Chaque jour, une épave : 26 mars 1803, La Determinee, frégate française capturée par les Anglais

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le HMS Determinee était une frégate anglaise de 24 canons, de 38 mètres de long sur 9 mètres de large. Construite en 1798, cette frégate de 6e rang avait été capturée en 1799 des mains des Français par le HMS Revolutionnaire, une frégate anglaise de 40 canons, elle-même d’origine française, capturée en 1794, quelques mois après son lancement, par la frégate de 38 canons Artois, elle-même d’origine française, capturée… Et ce n’est pas une blague ! Au cours des batailles navales, les vaisseaux qui n’étaient pas coulés étaient faits prisonniers et après un passage au chantier pour réparations, étaient réutilisés par le camp qui les avait récupérés. Ainsi les Anglais, souvent vainqueurs sur les mers, avaient récupéré de nombreux navires français qu’ils affectionnaient tout particulièrement, du fait de la qualité de leur construction, supérieure à la construction anglaise. Ce qui faisait dire sous forme de plaisanterie à l’amirauté anglaise : « la marine idéale serait composée de bateaux français manœuvrés par des équipages anglais… »

Le 4 janvier 1803, la Determinee, commandée par le capitaine Alexander Becher, avait appareillé de Sainte Hélène pour Dublin, transportant une garnison. Le 23 mars 1803, au port de Spithead, près de l’île de Wight dans le sud de l’Angleterre, le capitaine Becher reçut l’ordre de transporter un détachement du 81e Régiment sur l’île de Jersey, de l’autre côté de la Manche. Le lendemain, le convoi faisait cap vers les îles anglo-normandes. La Determinee était accompagnée pour la traversée, de l’Aurora qui transportait elle aussi une unité. Mais le capitaine Becher avait un problème : il avait été obligé de partir sans avoir le temps de trouver un pilote à même de le guider à travers les dangers des îles anglo-normandes. Il devait en trouver un en chemin, à Cowes ou à Yarmouth, avant de traverser la Manche. Mais Becher ne reçut aucune réponse à ses demandes formulées par signaux lors des mouillages successifs. Il était donc condamné à suivre l’Aurora qui lui servirait de guide. Passant près de la pointe des Needles à l’ouest de l’île de Wight, le capitaine en profita pour envoyer un officier à terre, en quête de l’homme providentiel qui saurait les amener à bon port, en vain. La Determinee s’engagea alors dans la Manche, avec en ligne de mire l’ultime espoir de trouver un pilote à Guernesey, avant d’arriver à Jersey. Peine perdue, elle repartit bredouille de Guernesey. Il ne lui restait plus qu’à suivre scrupuleusement le chemin emprunté par l’Aurora, sans dévier. Dans le sillage de son prédécesseur, le navire s’engagea dans le labyrinthe de récifs qui borde la côte de l’île.

Sur une frégate de 24 canons, l’artillerie était disposée sur un seul pont.

Le samedi 26 mars 1803, le capitaine Becher suivait l’Aurora, en tâchant d’amener son bâtiment dans le vent en suivant le plus fidèlement possible l’Aurora, ce qui n’était pas chose aisée avec de si gros bateaux mus uniquement par le vent… A 16h30, la Determinee heurta un récif immergé, près de Noirmont Point, à l’ouest de la baie de Saint Aubin. Stoppée net dans son élan, la coque éventrée de la frégate fut vite envahie par l’eau. Pour empêcher son navire de sombrer dans les eaux profondes, le capitaine ordonna immédiatement de lâcher deux ancres. On ne tarda pas ensuite à lancer les canots disponibles à l’eau et tout le monde se bouscula pour gagner sa place dans la sécurité des embarcations de secours. Les gens se pressaient, ignorant les appels du capitaine qui tentait de faire embarquer en premier les femmes et les enfants.

Le naufrage de la Determinee, peint par son ex-capitaine, Alexander Becher

La Determinee finit par s’enfoncer définitivement, mais comme la zone était peu profonde, toute la mâture est restée hors d’eau. Les personnes qui n’avaient pas encore embarqué dans les chaloupes purent s’y maintenir en attendant d’être secourues. Ce fut le cas du capitaine Becher qui resta accroché au mât de misaine. Durant les trois heures qui suivirent, les embarcations de l’Aurora et d’un autre navire, la Camille, recueillirent les naufragés, luttant contre un fort courant de marée. Le naufrage causa la mort de plus de 40 personnes, dont plusieurs femmes et enfants. Lors d’une cour martiale tenue à bord du vaisseau Gladiator à Portsmouth le 5 avril, le capitaine BECHER, ses officiers et son équipage ont été honorablement acquittés de toute responsabilité pour la perte.

Les restes de la Determinee dorment toujours sous 6 mètres d’eau, au pied des roches de Grande Brune, dans le sud-ouest de la balise cardinale nord des Fours, à la pointe ouest de la baie de Saint Aubin, aux coordonnées : latitude 49° 09’ 173 N, longitude 2° 11’ 213 W. Au regard de la faible profondeur, les colères de la mer ont dû avoir raison des parties en bois mais toutes les parties métalliques jonchent le fond, ainsi que les canons qui doivent être ensablés. Une plongée dans l’Histoire accessible aux plongeurs de tous niveaux.

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