Chaque jour, une épave : 22 avril 1876, le Dunraven et son coffre d’or

0
Publicité

Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le SS Dunraven était un cargo mixte à vapeur anglais en acier, construit par les chantiers Mitchell & Iron Ship Builders à Newcastle upon Tyne en Grande Bretagne, lancé en 1873 au sein de la compagnie Watson & Milburn, dans la même ville. Il mesurait 80 mètres de long pour 10 mètres de large. Propulsé par voile et vapeur, il était équipé, outre son gréement de deux mâts goélette, d’une machine à vapeur à deux cylindres Compound de 140 cv, alimentée par deux chaudières et qui donnait au bateau sur sa simple hélice, la vitesse de 8 nœuds. Il était affecté à la ligne de la Grande-Bretagne à Bombay, en Inde pour le transport de matériel et de marchandises.

Le Dunraven n’a pas eu le temps de connaître une longue carrière, car à peine trois ans plus tard, celle-ci allait s’arrêter brusquement sur un récif de mer Rouge… En janvier 1876, il partit de Liverpool chargé d’acier et de bois, sous les ordres d’un jeune capitaine de 27 ans, Edward Richards Care. Il prit la direction de Bombay où la cargaison a été vendue et le navire fut rechargé avec une cargaison d’épices, du coton et de la mousseline pour le voyage de retour. Outre cette cargaison de marchandises, le Dunraven ramenait aussi des Indes un bien plus précieux : de l’or, dont les Indes regorgeaient et alimentaient la couronne britannique. Le précieux coffre était en sécurité sur le cargo, sous la surveillance de son capitaine.

La route des Indes, à l’aller comme au retour, était généralement un voyage sans histoire et le navire a atteint les approches de la pointe du Sinaï, sur la mer Rouge en direction du canal de Suez le 22 avril 1876. Pensant qu’il était plus haut dans le golfe de Suez qu’il n’était en réalité, le Dunraven mené par le Capitaine Care et son équipage de 25 hommes naviguait en réalité beaucoup plus à l’est que sa route prévue.

Au lieu de se présenter face au couloir formé par le golfe de Suez jusqu’au canal du même nom, le navire fonçait directement vers le récif au sud de Beacon Rock, à l’extrémité sud de ce qui est maintenant le parc national de Ras Muhammad à l’extérieur de Sha’ab Mahmoud, qu’il heurta en pleine nuit, à 3h du matin. Le choc fut rude et le navire monta en partie sur le récif, en diagonale par rapport à la paroi récifale, occasionnant de longues déchirures dans la coque.

L’équipage travailla frénétiquement pour essayer de dégager le bateau de son étreinte et 14 heures après avoir heurté le récif, la coque a commencé à glisser latéralement, menaçant de chavirer à tout moment. Pendant que le navire conservait encore un reste d’équilibre plutôt précaire, l’équipage en profita pour l’évacuer au moyen des chaloupes de sauvetage, puis le Dunraven, dans un dernier grincement métallique, a chaviré. Il s’est ensuite enfoncé rapidement dans 25 mètres d’eau, au pied du récif.

Publicité

L’équipage quant à lui, put être sauvé par un boutre de pêche qui passait par là, peu avant la tombée de la nuit. Trois jours plus tard, l’équipage, sain et sauf, fut transféré sur le vapeur italien Arabia, qui ramena les infortunés jusqu’à Suez. Après l’incident, le British Board of Trade a immédiatement enquêté et a conclu que Capitaine Care était en faute. Le conseil l’a déclaré coupable de négligence et a révoqué son permis de capitaine ainsi que le certificat de maîtrise, pour une année.

L’épave était connue des pêcheurs locaux depuis des générations, car le site, très poissonneux, les incitait à y jeter leurs filets qui bien souvent, s’y accrochaient, mais elle n’a été vraiment explorée qu’en 1977 lorsqu’un employé d’une compagnie pétrolière allemande a redécouvert le site. Le navire a été plongé peu de temps après et de nombreuses théories erronées sont apparues suggérant qu’il s’agissait d’un navire de la Première Guerre mondiale qui opérait au nom de Lawrence d’Arabie. Ensuite, un morceau de porcelaine a été trouvé avec le nom SS Dunraven, prouvant ainsi sa véritable origine. Ne cherchez pas le coffre d’or, il semble que des recherches ont été effectuées dans les années 80 par des « archéologues », qui ont remonté tout ce qui avait de la valeur…

Depuis sa redécouverte, l’épave est devenue un site de plongée très populaire en raison de sa faible profondeur, aux coordonnées : latitude 27° 42’ 15 N et longitude 34° 07’ 30 E. La coque, qui repose à l’envers au pied du récif, presque parallèlement à celui-ci, s’est largement brisée. Trois grands trous permettent aux plongeurs de pénétrer dans l’épave et de visiter les deux grandes chaudières et se faufiler dans les structures enchevêtrées. Du fait de la faible profondeur, on peut trouver une abondance de poissons de récif autour et surtout dans l’épave.

Lien vers vidéo Youtube de crislee31 :

LAISSER UNE RÉPONSE

Entrez votre commentaire s'il vous plaît !
Veuillez entrer votre nom ici


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.