Chaque jour, une épave : 20 mars 1918, le Matteo Renato Imbriani, une épave oubliée à Marseille

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le cargo Albany, avant de devenir le Matteo Renato Imbriani

En 1911 était construit le cargo Albany, par les chantiers Tecklenborg A.G., à Geestemünde en Allemagne, pour la compagnie Deutsche-Australische Dampfschiffs Gesellschaft de Hambourg. C’était un vapeur de 5882 tonnes, de 137 mètres de long sur 17 mètres de large et 8,2 mètres de tirant d’eau. Sa machine à vapeur à triple expansion de 697 cv le propulsait à la vitesse de 12,5 nœuds.

En 1914, alors qu’éclatait la Première Guerre mondiale, l’Albany a été immobilisé au port de Syracuse, sur la côte est de la Sicile, en attendant que le gouvernement italien décide du sort de ce bateau qui battait pavillon ennmi. En 1915, l’Albany a été officiellement saisi par l’Italie et transféré à la Ferrovie dello Stato, à Gênes en 1918. A cette occasion, l’Albany a été renommé Matteo Renato Imbriani. Il existe une superstition chez les marins, qui dit que débaptiser un bateau porte malheur. On serait tenté de dire que pour l’Albany, ce fut le cas car à peine quelques semaines après son changement de nom, le navire, sous son nouveau nom Matteo Renato Imbriani sombrait…

Le 20 mars 1918, Matteo Renato Imbriani, qui partait de Marseille avec un convoi de quatre autre navires, a heurté à midi, à 6 milles au sud-ouest de l’île Planier, une mine posée par le sous-marin allemand UC-67 (Karl Neumann). Immédiatement assisté par le patrouilleur auxiliaire Gabriella qui était chargé de guider le convoi, le vapeur mortellement touché agonisa durant des heures et après plusieurs tentatives avortées de remorquage, finit par couler à 22h30. Son capitaine et tous les hommes d’équipage furent tous recueillis sains et saufs par les bateaux d’assistance.

Patrouilleur auxiliaire du même type que le Gabriella

L’Enseigne de Vaisseaude 1re classe Francis Evenou, qui commandait le patrouilleur auxiliaire Gabriella, chargé du guidage du convoi pour la sortie de la baie de Marseille, a consigné précisément les circonstances du naufrage sur son journal de bord, dont voici la teneur :

« Appareillage du 20 mars 1918.

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Quart de 4 heures à 8 heures.

7 h. 11 – Largué et appareillé.

7 h. 30 – Passé château d’If et mis à petite vitesse en attendant convoi.

8 h. 00 – Les bâtiments sont en vue. Croisé vapeur Nice dans le chenal de sécurité.

Quart de 8 heures à 12 heures.

8 h. 30 – Pris le chenal de sécurité avec convoi 4 bateaux.

10 h. 00 – Quitté le chenal.

11 h. 30 – Par le travers de Planier.

Quart de 12 heures à 16 heures.

12 h. 00 – Ligne de file ; vapeur italien Matteo Imbriani derrière nous.

12 h. 45 – Aperçu fumée blanche puis noire s’élever au dessus du vapeur italien et perçu détonation. Poste de combat.

Mis en route et venu sur la gauche ; hissé au convoi l’ordre de rentrer à Marseille (appuyé de deux coups de canon). L’équipage du vapeur italien embarque dans les canots de sauvetage. Aucune trace de sous-marin.

13 h. 30 – Sauvé première embarcation de 17 hommes. A 14 h. 00, sauvé l’embarcation de 30 hommes, dont le commandant. Aperçu troisième embarcation sauvée par Taronak.

14 h. 30 – Envoyé embarcation avec le second et quatre hommes du Gabriella ainsi que des marins et officiers italiens pour tenter le remorquage. Première remorque casse. 2e essai : Gabriella ne peut déplacer le bateau et se met en travers, puis derrière le Matteo, debout à la lame. Situation critique. Commandant donne l’ordre de couper la remorque ; celle-ci arrache le chaumard et casse la plateforme arrière. L’équipage abandonne le vapeur sur l’ordre du commandant italien.

19 h. 00 – Manœuvré pour les recueillir. Impossible de continuer les essais. Stoppé près du vapeur qui coule lentement.

Quart de 20 heures à 24 heures.

20 h. 00 – On suit le vapeur abandonné qui dérive.

21 h. 00 – La brise tombe.

21 h. 10 – Le Goliath se met à nos ordres.

22 h. 35 – Le navire coule tout à coup en moins de 10 secondes.

23 h. 00 – Le Crabe et le Jean-Doré sont derrière en ligne de file. Liberté de manœuvre au Goliath

L’épave du Matteo Renato Imbriani gît encore aujourd’hui par 110 mètres de fond à 6 nautiques au sud-ouest de l’île du Planier, bien connue des plongeurs pour les nombreuses épaves que l’on peut y visiter. Les coordonnées du site sont : latitude 43° 07’ 788 N ; longitude 5° 07’ 634 E. La profondeur importante interdit cette épave à la plupart des plongeurs de loisirs. Par contre, le Matteo Renato Imbriani se trouve dorénavant à la portée des plongeurs tek certifiés et chasseurs d’épaves profondes, qui peuvent envisager une plongée aux mélanges Trimix pour aller explorer cette épave encore vierge.

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