Chaque jour, une épave : 20 décembre 1875, le paquebot Louisiane

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Le Louisiane était un superbe paquebot français mixte (voile et vapeur). Construit en 1861 en Angleterre, sur les chantiers J&G Thomson, à Govan, Il devait initialement porter le nom de Cortes. Mais il fut racheté en cours de construction par la Compagnie Générale Transatlantique et c’est sous le drapeau français avec le nom de Louisiane qu’il fut lancé le 17 décembre 1861.

Le paquebot Louisiane

Il mesurait 86,44 mètres de long pour une largeur de 11,90 mètres, était propulsé par un moteur à vapeur compound de deux cylindres de 500 cv et possédait en outre un gréement de trois mâts barque, avec voiles carrées en huniers et voiles auriques en étais. Jaugeant 2045 tonneaux, il pouvait transporter 183 passagers.

Il inaugura la ligne des Antilles et du Mexique au départ de Saint-Nazaire le 14 avril 1862. En 1867 au Havre, il reçut une hélice à pales, une nouveauté pour l’époque, inventée par les Frères Mazeline. Il fut ainsi l’un des tout premiers gros vapeurs à être propulsé par une hélice à pales.

Le 20 décembre 1875, en provenance de Colon (Panama), le Louisiane, sous le commandement du Commandant Riboulet, s’était engagé sur le chenal dans l’embouchure de la Gironde, après avoir embarqué un pilote de la station de Pauillac.

À son bord, 128 personnes dont quelques passagers à destination de Bordeaux et du Havre et des marchandises en cales. Faisant route sur Pauillac, il y parvenait par une nuit noire et un temps très brumeux diminuant considérablement la visibilité.

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Le pilote dit soudain apercevoir un navire au mouillage, montrant un feu blanc dans sa mâture. Le Louisiane engagea alors une manœuvre d’évitage par bâbord du navire supposé stationné. En réalité ce navire, le paquebot Gironde, des Messageries Maritimes, faisait route lui aussi, en sens inverse. Alors que le Louisiane voulait le contourner, il lui coupa la route et l’abordage fut inévitable.

Le Gironde, heurta le Louisiane par son travers tribord, près du grand mât, au niveau des salles des machines. Il était 22h15, le choc fut brutal et ébranla les deux bâtiments. Le Louisiane sombra rapidement, du fait des voies d’eau importantes qui s’étaient ouvertes par son travers. Le Gironde quant à lui déplorait des dégâts importants à sa proue, complètement enfoncée avec un énorme trou, mais celui-ci était au-dessus de la flottaison et ne présentait donc pas de risque de naufrage. On organisa aussitôt les secours depuis le Gironde, aidé par les chaloupes du steamer anglais Iberia qui permirent de sauver au total, 111 naufragés. La catastrophe causa néanmoins 17 victimes à bord du Louisiane et une sur le Gironde. Le lendemain, on devait en déplorer une de plus, un membre de l’équipage du Louisiane qui s’était noyé pendant les manœuvres de secours.

Le paquebot Gironde

Le Gironde était quant à lui un Paquebot mixte à 3 mâts, d’une longueur de 121 mètres et d’une largeur de 12,20 mètres pour une jauge brute de 3261 tonneaux. Il était propulsé machine compound à trois cylindres d’une puissance de 1900 cv pour une vitesse de 14 nœuds sur 1 hélice. Il transportait 300 passagers.

En 1975, lors d’un programme d’approfondissement du chenal sur le fleuve de la Gironde pour améliorer l’accès au Port de Bordeaux, il fut décidé d’enlever une épave inconnue qui obstruait un côté du fleuve, près de la côte du Médoc au niveau de Pauillac sur le Banc de Saint Vivien, aux coordonnées suivantes : latitude 45° 27’ 915 N et longitude 00° 55’ 555 W. Diverses prospections réalisées entre 1958 et 1976 laissaient alors penser qu’il s’agissait d’un grand voilier à coque métallique d’environ 85 mètres de long. Ce bâtiment ressemblait à ceux qui naviguaient vers les années 1870, mais on avait perdu jusqu’à la dernière trace de ce naufrage qui avait dû se passer un siècle plus tôt. Le 4 juin 1977, le quotidien régional Sud-Ouest titrait : « Mystère en Gironde autour de l’épave d’un vapeur naufragé il y a un siècle ». Le 16 juin, l’épave était enfin identifiée comme étant celle du paquebot Louisiane. Différents objets retrouvés lors des opérations de désobstruction du fleuve permirent l’identification formelle et furent remis au Musée de la Marine.

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