Chaque jour, une épave : 19 mars 1917, le Michel et le Bergsli

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Le Michel était un cargo construit en 1881 en Grande-Bretagne par les chantiers Thomson Robert & Sons, de Sunderland, sous le nom de Grafton, pour le compte de la compagnie Gratitude Steamshps Morgan & Co, de Londres. Long de 79 mètres et large de 11 mètres pour un tirant d’eau de 7 mètres, il accusait une jauge de 1773 tonnes. Il était propulsé par machine à vapeur à une chaudière à double expansion de 170 cv sur une seule hélice. En 1892, le Grafton a été acheté par la compagnie Hoyland & Co de Londres et fut rebaptisé l’Equitable. En 1899, il fut acheté par la compagnie française Worms & Co, du Havre prit alors le nom de Michel. En 1916, le Michel fut réquisitionné pour soutenir l’effort de guerre.

Le 19 mars 1917, le Michel (ex-Grafton) appareilla à 2h30 du matin de La Pallice vers Bordeaux avec un chargement de charbon qu’il avait embarqué initialement à Newport. Il était le premier navire d’un convoi de 16 navires en formation et avançait à petite vitesse afin que chaque navire vienne prendre sa position dans le convoi. A peu de distance de lui, suivait un cargo norvégien, le Bergsli (ex-Avra).

À 3h00, le convoi se mit en route pour sortir de La Pallice, sous la surveillance du patrouilleur auxiliaire Ecureuil de la Marine Nationale et à 3h30, passa par le travers de la bouée Chauveau. À 4h00 en cette fin de nuit, le convoi s’approcha dangereusement d’un secteur qui avait été miné. En effet dans la nuit du 15 mars 1917, l’UC 70, sous-marin allemand de type UC II, avait mouillé un chapelet de mines sur un axe nord-sud sur 1000 m, immergées à 3 m sous la surface à marée basse.

À 4h20 le Michel heurta une mine et fut touché à 2,5 m de l’avant sur bâbord. La déchirure de la coque fut telle que le Michel piqua immédiatement de l’avant. Il gîta sur bâbord et s’enfonça en levant la poupe en l’air. L’équipage abandonna le navire avec précipitation. Une embarcation fut mise à la mer et cinq hommes purent s’y réfugier. Trois autres se jetèrent à l’eau. Sur les 26 marins de l’équipage, le naufrage fit 14 victimes. Les survivants furent recueillis par le Sauternes et par l’Ecureuil et ramenés à La Pallice. Cinq minutes après le naufrage du Michel, le Bergsli subit le même sort.

Le Bergsli, ex-Avra était un cargo norvégien de 2132 tonnes, de 90 mètres de long sur 12 mètres de large pour 5,5 mètres de tirant d’eau. Sa machine à vapeur à triple expansion de 256 cv le propulsait à 9 nœuds sur une seule hélice. Il a été construit construit en 1892 par les chantiers John Priestman & Co à Southwick dans le Sunderland en Angleterre, pour le compte de l’armement Mendl F & Co de Londres, sous le nom de Rosina Mendl. Revendu en 1901 à la compagnie grecque Negroponte & Co, il changea de nom et devint l’Avra. Il garda ce nom jusqu’en 1916, où après être passé dans les mains de nombreuses compagnies grecques, il fut racheté par la compagnie Ellingsen & Johannesen de Bergen en Norvège. Il fut alors rebaptisé le Bergsli.

Le Bergsli avait quitté Cardiff le 13 mars 1917 : il faisait partie du même convoi que le Michel et transportait du charbon brut. Il était placé en deuxième position sur le côté du Michel. L’équipage était composé de 22 marins.

Chargement de mines dans un sous-marin allemand

Quelques minutes seulement après l’explosion qui coula le Michel, une deuxième forte explosion raisonna sur l’océan et ébranla le Bergsli sur tribord. Touché entre la machine et la chaufferie, le navire se cassa en deux et s’enfonça rapidement. Le 2eme mécanicien et le 1er chauffeur furent tués sur le coup. L’équipage impuissant évacua dans la panique. Deux marins se noyèrent après le chavirage d’une embarcation. Une demi-heure après l’explosion, le Bergsli se retourna et les deux morceaux finirent par disparaître sous la surface. Les survivants furent récupérés par le vapeur Efstratios, dont un par le patrouilleur Ecureuil qui venait de repêcher déjà des survivants du Michel, coulé quelques minutes avant. Ils furent ramenés à La Pallice.

Les épaves du Michel et du Bergsli, se trouvent exactement à l’entrée du Pertuis d’Antioche, entre les îles d’Oléron et de Ré, à peu de distance l’une de l’autre. L’épave du Michel se trouve par 30 m de fond, à 3 milles nautiques du phare de Chassiron, aux coordonnées : 46° 05’ 991 N de latitude, 1° 25’ 468 W de longitude. Elle est relativement disloquée. On peut voir les deux chaudières et divers morceaux de la machinerie, une partie de la coque, ainsi que, peu plus loin, le safran posé sur le sable, l’hélice est encore en place.

L’épave du Bergsli quant à elle, se trouve à environ 2,5 milles nautiques du phare de Chassiron, aux coordonnées : latitude 46°04’ 987 N et longitude 1° 23’ 954 W. L’épave est sur 20 m et les conditions de plongée sont un peu plus difficiles avec plus de courant que sur le Michel.

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