Chaque jour, une épave : 17 mars 1945, le Daffodil, transporteur de trains

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Daffodil était un bateau transporteur de trains. On comprend tout de suite qu’on n’a pas affaire à un bateau ordinaire… De son premier nom Train Ferry N°3 (avec ses deux sister ships Train Ferry N°1 et N°2 ils ont été les premiers navires à assurer un transport régulier entre la Grande-Bretagne et l’Europe continentale pour les gros véhicules, notamment les trains. Ils ressemblaient aux bacs qui transbordaient public et véhicules d’une rive à l’autre des fleuves, mais en beaucoup plus grand pour pouvoir accueillir du matériel ferroviaire. Ils ont été commandés par l’armée britannique pour assurer le transport des trains d’armes et de munitions de l’Angleterre vers le continent pendant la Première Guerre mondiale, sans avoir à les décharger et transférer leur cargaison des trains vers les bateaux, puis à nouveau vers d’autres trains après la traversée. Ce gain de temps était crucial, pour assurer rapidement la logistique des troupes au front. Cette nécessité est apparue au fil des combats où l’armée anglaise était de plus en plus impliquée au fur et à mesure de l’avancée de la guerre. Construits en 1917, ils furent opérationnels lors des batailles décisives de la fin du conflit.

Le Daffodil a été construit par les chantiers Fairfield Govan en Ecosse et lancé le 12 septembre 1917. Long de 110 mètres et large de 18 mètres pour un tirant d’eau de 3,4 mètres, sa machine à vapeur de 3 cylindres à triple expansion alimentée par deux chaudières et ses deux hélices le propulsaient à 13,3 nœuds.

Comme ses deux jumeaux, le TF3 assurait le transport de fret ferroviaire du port de Richborough au continent pour soutenir l’effort de guerre. Il avait quatre ensembles de rails le long du pont du train et utilisait une travée de liaison pour faire embarquer les trains lorsqu’il était dans le port. Il a été endommagé une première fois en 1916 sur le fleuve Escaut, lors de sa participation au raid contre le port d’Anvers, occupé par les troupes allemandes. Le 1er février 1919, le TF3 a été impliqué dans le sauvetage de soldats britanniques et américains du transport américain Narrangansett qui s’était échoué sur la pointe Bembridge, sur île de Wight.

L’utilisation par l’armée britannique des Train Ferries a pris fin en 1922, ils ont alors été achetés par le Great Eastern Railway. Ils ont alors assuré une ligne régulière entre Harwich et Zeebrugge. Cette compagnie fut elle-même rachetée par la Great Eastern Train Ferry Company. Le nouveau service fut inauguré le 24 avril 1924 par le prince George, duc de Kent. En 1934, la Great Eastern Train Ferry Company a été liquidée et elle a été achetée par le London and North Eastern Railway.

En 1940, les trois transporteurs ont de nouveau été réquisitionnés par la Royal Navy pour être convertis en transporteurs Landing Craft. Leur poupe fut équipée d’une rampe pour faciliter l’accès ou le débarquement de barges sur les plages, en prévision du débarquement de juin 1944. Le TF2, portant secours aux soldats britanniques bloqués par les forces allemandes dans les poches de Normandie, fut bombardé et coula à la pointe d’Ailly, à trois miles à l’ouest de Dieppe, le 13 juin 1940. Les deux restants furent rebaptisés : le TF1 devint HMS Princess Iris et le TF3, celui qui nous intéresse aujourd’hui, prit le nom d’HMS Daffodil (jonquille en anglais). Basé à Southampton, son port d’attache, le Daffodil transporta soldats, prisonniers et matériel pratiquement jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Il a aussi participé au débarquement du 6 juin 1944, en Normandie.

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Le 17 mars 1945, vers 23 h, alors qu’il partait de Dieppe pour New Haven, le Daffodil toucha une mine à tribord avant. La proue fut déchirée, une partie du pont fut endommagée, faisant 4 victimes. Impossible à manœuvrer, il dériva une bonne partie de la nuit en s’enfonçant progressivement et inexorablement. Une tentative de remorquage eut finalement raison de lui, le coupant littéralement en deux et achevant de l’envoyer par le fond. Hasard étonnant, Il a coulé au nord de Dieppe, à quelques milles seulement de l’épave de son sister ship le TF2 coulé cinq ans avant. Le naufrage fit au total 27 victimes.

L’épave repose sur un fond de sable à une profondeur d’environ 26m, aux coordonnées : latitude 50° 02’ 483 N ; longitude 1° 04’ 095 E. L’épave, relativement bien conservée, est coupée en deux. Le réseau des voies ferrées est encore bien visible sur le pont. L’originalité de sa fonction et sa bonne conservation ont fait du Daffodil l’un des hauts-lieux de la plongée dans la Manche et tous les clubs locaux le proposent dans leur programme.

Lien vers vidéo Youtube de Jeroen Manhave :

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