Chaque jour, une épave : 16 janvier 1905, le Gers

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Gers était un grand voilier en acier, quatre-mâts barque, lancé sous le nom de Cape York, en 1890 par les chantiers Barclay Curle & Co de Glasgow, pour la compagnie Lyle Abrahams & Sons, de Greenock. Il mesurait 84mètres de long sur 12 mètres de large et 7 mètres de tirant d’eau pour une jauge brute de 2128 tonnes. Construit pour affronter les mers fortes et les vents irréguliers de la route des Indes Néerlandaises, il était maniable et rapide. En 1893, il accomplit la traversée d’Adelaïde à Barry Docks en 72 jours et en 1899, il parcourut le trajet de Newcastle à Mollendo en seulement 38 jours, un record pour l’époque.

En novembre 1899, le Cape York fut acheté par la compagnie A.D. Bordes et Fils de Dunkerque et, renommé Gers à cette occasion, fut placé sous le commandement du capitaine Standaërt. Il connut ensuite quelques frayeurs, comme lorsqu’il réussit à éviter en pleine nuit, dans l’Atlantique nord, une épave qui dérivait entre deux eaux et qui aurait pu causer sa perte en cas de collision.

En octobre 1904, le Gers appareillait de Tocopilla pour le port de La Pallice, avec une cargaison de nitrate, sous le commandement du capitaine Delépine. Il arriva en vue des côtes françaises le 15 janvier par un fort coup de vent d’hiver et une mer démontée. Cherchant à s’abriter dans le Pertuis d’Antioche, le capitaine faisait confiance aux pêcheurs locaux pour lui montrer une route sûre. Il régla donc sa route sur celle d’un voilier «Dundee» de pêche nommé la France, qui faisait route devant lui. Malheureusement, il dévia légèrement trop au nord de sa route dans cette zone étroite et alla talonner les rochers qui bordaient le chenal au lieu-dit Grande Banche, près de la pointe du Chanchardon, dans l’ouest de l’île de Ré, le 15 janvier 1905 au soir. Des coups de talon formidables défoncèrent bientôt le navire qui s’enfonça rapidement, obligeant les 31 hommes de l’équipage à chercher refuge dans la mâture qui dépassait encore de la surface. Ils y passèrent toute la nuit, accrochés tant bien que mal, ballotés par les vagues, transis par les embruns et le vent glacial. La tempête faisait rage et rien ne put être tenté de l’île pour intervenir.

Au matin du 16 janvier 1905, on décida d’envoyer les torpilleurs 188, 194 et 200, basés à La Pallice pour lui porter secours, mais abandonnèrent leur tentative de sauvetage après plusieurs essais infructueux. Un chalutier de Royan, le vapeur “Georgette”, commandé par Fernand Castaing, qui passait tout près du lieu du naufrage, prit alors le risque de se détourner. Il put s’approcher après maintes manœuvres précautionneuses, dans une mer toujours très forte et put récupérer l’équipage qui avait passé 17 heures accroché dans la mâture. Abandonnant l’épave à son triste sort, Il ramena la totalité de l’équipage à La Rochelle. Deux hommes seulement avaient été blessés, dont le capitaine Delépine.

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Depuis la catastrophe et l’acte de courage accompli par l’équipage de la Georgette, la figure de proue du Gers est conservée par la famille Castaing, le capitaine héroïque du chalutier. Le Gers quant à lui, disloqué par les colères de l’océan, gît toujours près de rochers de Grande Banche à une dizaine de mètres de profondeur, par une latitude de 46° 09’ 782 N et une longitude de 01° 29’ 278 W.

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