Chaque jour, une épave : 13 janvier 1915, Roedan, le bateau qui ne voulait pas couler

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

De nombreux plongeurs connaissent Scapa Flow en Ecosse, pour son cimetière d’épaves datant de la fin de la Première Guerre mondiale. Véritable forteresse naturelle nichée au cœur de l’archipel des Orcades en Ecosse, la baie de Scapa Flow est célèbre à plus d’un titre pour témoigner des hauts faits de guerre qui s’y sont déroulés. Dès 1914 la Royal Navy y dressa une base arrière stratégique pour y abriter nombre de ses grands cuirassés. A l’issue de l’armistice de 1918 elle y accueillit la flotte de surface dessaisie à la Kaiserlichemarine. Ne pouvant se résigner à accepter qu’une telle armada finisse aux mains des alliés dans le cadre du Traité de Versailles, le Contre-Amiral Ludwig von Reuter ordonna le 21 juin 1919 le « Grand Sabordage » des soixante-quatorze navires internés. Cinquante-deux coulèrent, quarante-cinq furent renfloués et ferraillés.

Scapa Flow est devenu un haut-lieu de la plongée sur épaves et les amateurs du genre en parlent comme les Alpinistes parlent de la face nord de Grades Jorasses : une référence.

Dans le cadre des expéditions menées à Scapa Flow, les plongeurs visitent, dans des conditions un peu rudes vu le climat écossais, les SMS Brummer, Karlsruhe, Köln, Kronprinz Wilhelm, Dresden, Markgraf, König, les F2, V83, le James Barrie… Mais il existe une autre épave, beaucoup moins connue car coulée 4 ans auparavant et dens des circonstances complètement différentes : il s’agit du vapeur anglais HMS Roedan, coulé le 13 janvier 1915 à l’entrée de la baie de Scapa Flow.

Ce navire a une histoire particulière, car il a été surnommé « le bateau qui ne voulait pas couler »…

Le HMS Roedan était un navire à vapeur en acier britannique construit par Naval Construction et Armament Co de Barrow-in-Furness en 1897, pour la Great Western Railway Company. D’une longueur de 85 mètres pour 10 mètres de large et 5 mètres de tirant d’eau, propulsé à 20 nœuds par deux machines à vapeur à triple expansion de 643 cv, le HMS Roedean s’appelait à l’origine Roebuck II, et était utilisé comme un ferry de passagers entre les îles Anglo-Normandes et Southampton.

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Il était le deuxième des navires apportés à la flotte de Weymouth en 1897 et se révéla particulièrement malchanceux. Le 26 janvier 1905, il a pris feu alors qu’il était amarré à Milford. Le poids de l’eau utilisée pour éteindre l’incendie l’a fait couler, mais il a été renfloué neuf jours plus tard et est a repris du service en juin. Il s’est ensuite échoué après avoir quitté St Helier (île de Jersey) le 19 juillet 1911; il a été renfloué le 28 juillet et est revenu au service quatre mois plus tard. Le 2 octobre 1914 le Roebuck a été réquisitionné par la Royal Navy et a été transformé en dragueur de mines. A cette occasion, il a été rebaptisé HMS Roedan.

Le 13 janvier 1915, alors qu’il était au mouillage à Longhope Bay, le HMS Roedean a tiré son ancre lors d’un coup de vent et est entré en collision avec l’étrave du HMS Imperieuse, qui se trouvait lui-même à un ponton de réparation. Malgré le mouillage d’une deuxième ancre et l’aide de deux remorqueurs, le Roedan n’a pas pu être stoppé dans sa dérive. Il a été poussé violemment sur l’Impérieuse. La collision lui a occasionné de gros dégâts et il a coulé. Après le naufrage, les deux mâts qui dépassait de la surface de la mer, étaient visibles depuis la tour Hackness Martello. Le site étant dorénavant dangereux pour la navigation, la coque a été dynamitée en 1953 et 1956 pour dégager la superstructure, créant un vaste champ de débris qui entourent le site principal de l’épave.

Le HMS Roedean se trouve maintenant sur un fond vaseux entre 10 et 15m d’eau. Bien qu’elle soit bien brisée, l’épave principale reste dans la configuration de ses dimensions d’origine. Orienté d’est en ouest avec la proue à l’ouest, le milieu du bateau où se trouvent les chaudières est marqué d’une bouée et le site est parfois visité par des plongeurs récréatifs. La poupe est plus intacte que la proue et la forme de la coque est plus clairement définie. L’hélice et le gouvernail ne sont pas visibles. En allant vers l’avant, on rencontre les deux grandes chaudières qui forment la partie la plus intacte de l’épave. La section de l’étrave est très fragmentée avec beaucoup de débris divers (chaîne, morceaux de pont et de coque de différentes tailles).

Vidéo de l’épave du Roedan :

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