Chaque jour, une épave : 12 janvier 1918, le P.K. Bauman

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le P.K. Bauman est lancé le 31 août 1912, à Solomons, dans le Maryland, par Marcellus Mitchell Davis & Son pour le compte des pêcheries Otis Douglas, à Reedville, en Virginie. C’est un chalutier vapeur en bois de 304 tx à la silhouette très caractéristique. Il mesure 44,65 m de long pour 7,28 m de large et un tirant d’eau de 3,35 m. Sa machine de 550 ch, lui assurant une allure de 12 nd, et sa chaudière sont installées deux semaines plus tard, chez Harlan & Hollingsworth, à Wilmington. Otis W. L’activité du chalutier est entièrement dévolue à la pêche du menhaden, base d’une industrie nord-américaine florissante produisant farines et huiles de poisson, principalement sur les côtes de Virginie et du Delaware.

Suite à l’entrée des Etats Unis dans la Première Guerre mondiale, la Navy acquiert alors, parmi bien d’autres yachts et chalutiers, le modeste P.K. Bauman et, le 28 mai 1917, vient en prendre possession pour l’affecter, sous son numéro d’enregistrement SP-377, au port de Norfolk, le 10 août. Le bateau y est modifié pour devenir une unité de guerre à part entière avec 2 pièces de 3 pouces (76,2 mm) à l’avant et l’arrière, secondées par 2 mitrailleuses. Sa coque atteint désormais 48,16 m tandis que son tirant d’eau est ramené à 2,68 m. Le bateau, commandé par un officier de réserve, le Lieutenant Charles F. Chambers, est intégré au 4e escadron de la force de patrouille Atlantique, basée à Brest. Par la suite, le P.K. Bauman est affecté à la chasse aux mines, dotés de l’équipement adapté. Il assure des opérations de déminage dans les eaux bretonnes : des Courreaux de Groix au sud de l’île ; sur la route des convois ; ou du chenal de la Teignouse aux environs de Belle-Île. Toujours sur les côtes françaises, à l’issue du conflit, le petit patrouilleur poursuit les surveillances et « nettoie » les fonds marins infestés de mines. Les sectionneurs de câble qu’il traîne dans son sillage, coupent l’orin qui relie la mine entre deux eaux à son crapaud posé au fond ; il ne reste plus alors qu’à faire sauter l’engin de mort arrivé en surface, d’un coup de fusil ou d’une rafale de mitrailleuse. Certaines nuits, lorsque l’activité ennemie le rend nécessaire, les chalutiers se déploient au large de Penmarc’h, dans une chasse aux submersibles à l’aide de dispositifs primitifs de détection sous-marine.

Le 12 janvier 1918, à 8 h 30, l’USS P.K. Bauman et l’USS Anderton (SP-530) quittent Bénodet pour gagner Lorient. La neige et la brume épaisse ne facilitent pas la navigation. Le commandant du Bauman ne semble pas vouloir écouter les conseils prodigués par son collègue de l’Anderton et se jette sur la roche Men an Tréas au sud-est de la pointe de Trévignon. Alerté par radio, l’Anderton se présente rapidement près du patrouilleur qui prend l’eau. Une haussière est passée entre les deux navires mais elle se rompt à la première traction. L’Anderton parvient quand même à sortir le Bauman de sa fâcheuse position. Le convoi tente de rejoindre Lorient en longeant la côte au cas où un échouage urgent serait nécessaire. La balise des Cochons est atteinte à 16 h 30 mais le remorqué, lesté de plus d’un mètre d’eau dans la salle des machines, racle le haut-fond et aggrave sa blessure. Le sort du patrouilleur est désormais scellé et, à 17 heures 15, il sombre à un mille dans le sud de la pointe du Talut tandis que l’équipage gagne le bord de l’Anderton.

Peu après la sortie du petit port de Kerroc’h, le P.K. Bauman gît par moins 26 mètres sur un fond de sable, aux coordonnées : latitude 47° 40’ 97 N et longitude 03° 26’ 99 W.

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