Chaque jour, une épave : 11 mai 1898, la Marthe, grand quatre-mâts

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

La Marthe était un grand voilier gréé en quatre-mâts barque, construit en 1892 par le chantier Stephen & Sons de Dundee en Ecosse, pour son propre compte. A sa sortie du chantier, il a été baptisé du nom de Melita. Cette compagnie avait connu une catastrophe en 1883, lorsqu’un vapeur construit sur son chantier de Dundee, le Daphne, avait chaviré lors de son lancement, occasionnant la mort de 124 ouvriers. La Melita fut l’un des derniers navires à sortir du chantier de Dundee, avant sa fermeture l’année suivante.

Grand voilier de 4 mâts en acier de 2000 tonneaux de jauge, la Melita mesurait 95 mètres de long sur 14 mètres de large, pour un tirant d’eau de 8 mètres.

Deux ans après son lancement, la Melita fut revendue en 1894 à la compagnie française Bordes & Fils, de Paris et fut basée au port de Dunkerque. Elle prit alors le nom de Marthe (aujourd’hui communément appelée Marthe 1 car elle fut suivie d’un second voilier, Marthe 2, ayant les mêmes caractéristiques et qui a duré jusqu’en 1914).

Sous le commandement du capitaine Engrand, la courte carrière de la Marthe se déroula principalement sur les lignes d’Amérique du sud. Le 11 février 1898, le voilier quitta le port de Pisagua, au nord du Chili, chargé d’une cargaison de nitrate de soude. Après avoir contourné le cap Horn et remonté en longeant l’Argentine, puis le Brésil, il traversa l’océan Atlantique pour rejoindre l’Afrique du nord et enfin la France, s’engageant dans la Manche pour rejoindre Dunkerque.

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Le 11 mai 1898, approchant de sa destination, la Marthe eut à subir une mer très agitée, coiffée d’une chape de brouillard très dense, comme l’on en rencontre souvent dans la Manche. Devant Dunkerque, le grand voilier dépourvu de moteur dut attendre l’arrivée d’un remorqueur pour pouvoir entrer dans le port. Le remorqueur Industrie vint le prendre en charge et le tira vers le chenal d’accès, quand brusquement le navire talonna sur le banc de Ruytingen, en face de Gravelines. Dans les efforts fournis pour déséchouer la Marthe, une des plaques métalliques qui composaient sa coque rivetée se détacha et laissa une large ouverture par laquelle l’eau s’engouffra.

Comme les cales commençaient à se remplir d’eau, devant l’urgence de la situation le remorqueur Industrie appela en renfort 3 autres remorqueurs, le Dunkerquois, le Furet et le Progrès, pour tenter de mettre la Marthe à l’abri avant qu’elle ne coule complètement. Mais la situation était désespérée et le grand voilier commençait déjà à donner de la bande. Les 38 hommes d’équipage furent alors transbordés sains et saufs sur les remorqueurs, avant que la Marthe chavire complètement sur tribord et coule au pied du banc de Ruytingen, à 7 milles nautiques au nord-ouest du port. Le montant de la perte fut évalué à 1 200 000 Francs de l’époque, mais toutes les vies avaient été épargnées.

Aujourd’hui, la Marthe est toujours posée au pied du banc de Ruytingen, par 30 mètres de fond aux coordonnées : latitude 51° 09’ 117 N et longitude 2° 13’ 237 E, à 1 mille nautique à l’ouest de la bouée cardinale nord DY 1 (Dyck Central). L’épave du grand quatre-mâts fait le bonheur des plongeurs locaux, même si parfois la visibilité laisse un peu à désirer…

Et si par hasard vous passez à Dunkerque, allez donc à Gravelines, à deux pas de là, visiter l’extraordinaire chantier où est en train d’être construit le Jean Bart, réplique exacte d’un vaisseau de premier rang de 57 mètres, à trois mâts et trois ponts. Une véritable immersion dans la construction navale du XVIIe siècle : http://www.tourville.asso.fr

Lien vers la vidéo Youtube du centre de plongée Dunkerque Plongée :

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