Chaque jour, une épave : 8 décembre 1828, le trésor du Jeune Henry

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Etrange histoire que le récit de ce naufrage qui survint au soir du 8 décembre 1828, près des côtes de l’île d’Oléron. Un trois mâts goélette, le Jeune Henry, en provenance d’Amérique via les Antilles, pris dans le gros temps, finit son voyage prématurément près des côtes de l’île d’Oléron, en Charente Maritime. Un naufrage parmi tant d’autres, mais celui-ci nous réserve une surprise : dans ses cales, dormirait un trésor !

Un trois mâts goélette semblable au Jeune Henry

Le Jeune Henry, donc, solide goélette à trois mâts jaugeant 394 tonneaux, affrétée par l’armateur David Gravis & Fils, de Bordeaux et commandée par le capitaine Jean-Baptiste Castaings, ramenait des Antilles une cargaison de 250 tonneaux de sucre, 50 tonneaux de rhum et 140 caisses de produits agricoles. A bord se trouvaient 24 hommes d’équipage et 10 passagers. Parmi ces passagers, un homme, Henri Prou, rentrait au pays après avoir fait fortune en Amérique.

Lors de la Révolution, en 1789, Henri Prou, cadet d’une grande famille dont tous les frères étaient prêtres, avait émigré en Amérique pour fuir les exactions des révolutionnaires, portant en lui le désir de vivre une grande aventure et pourquoi pas, de faire fortune dans ce pays tout neuf qui lui tendait les bras de l’autre côté de l’Atlantique…

Henri Prou avait réussi à réaliser ses ambitions et il revenait enfin dans son pays natal, l’île d’Oléron après de longues années, ramenant avec lui les richesses considérables qu’il avait accumulées. Ses biens se composaient d’or, de pierres précieuses et de riche vaisselle dont certaines pièces étaient en or. On doit cette histoire à une descendante de la famille Prou, qui consigna les faits dans son journal intime, après avoir fait des recherches sur son parent disparu.

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Le soir du 8 décembre 1828, le Jeune Henry atteignait les côtes de l’île d’Oléron, subissant de plein fouet une tempête venue du large. Pour fuir le gros temps, le capitaine Castaings fit contourner l’île au plus près de la pointe de Chassiron, recherchant l’abri de la côte. Hélas, entre Chassiron et le rocher d’Antioche, le bateau trop près de la côte, s’éventra sur un haut-fond. Le naufrage fit 16 victimes, y compris le capitaine et notre riche aventurier. 18 rescapés réussirent quand même à gagner le rivage et furent recueillis par les villageois.

Il semblerait, d’après des documents retrouvés dans les archives maritimes de Rochefort, que le capitaine Castaings, pourtant un marin chevronné, ait été trompé par un feu allumé sur la plage par des pêcheurs, qu’il aurait confondu avec le feu du phare de l’île d’Aix voisine. On a retrouvé une lettre écrite par l’officier en second du Jeune Henry, qui faisait partie des rescapés, dans laquelle il remerciait les habitants du village de la Brée et du bourg de Saint Georges d’Oléron pour leur avoir porté secours.

Les riverains retrouvèrent les jours suivants, des débris du bateau qui avait finalement sombré après s’être disloqué dans les vagues. Des fragments de tonneaux, des caisses de liqueurs, des malles d’effets, quelques papiers détrempés. Sur un cadavre, on trouva une sacoche de cuir contenant plusieurs milliers de francs (de l’époque). Le reste de la cargaison fut submergé par les flots. La légende locale raconte que les riverains trouvèrent dans une partie de l’épave qui émergeait encore, un sac rempli de pièces d’or et quelques lingots. D’autres affirment avoir vu de la vaisselle d’or qui aurait été récupérée par les châtelains de Saint Georges d’Oléron.

Toujours est-il que le plus gros de la cargaison, ainsi que la majeure partie de la fortune d’Henri Prou, dorment certainement encore sous le sable et les rochers, sous quelques mètres d’eau.

Vers 1880, la famille Prou fit effectuer des recherches par des scaphandriers qui repérèrent quelques restes, mais 50 ans s’étaient déjà écoulés et les vestiges avaient été éparpillés ou bien ensevelis dans le sable. « Il aurait fallu, disaient-ils, des explosifs pour faire sauter les rochers et dégager le fond ».

En 1963, un célèbre chasseur de trésor, Robert Charroux, essaya à son tour de monter une expédition pour rechercher l’hypothétique trésor du Jeune Henry. Il voulut recruter des plongeurs pour fouiller les abords, mais le projet n’eut pas de suite. Depuis, l’épave du Jeune Henry est tombée dans l’oubli, gardant peut-être encore quelques richesses, dont les fameuses pierres précieuses d’Henri Prou…

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