Chaque jour, une épave : 2 janvier 1943, le sous-marin HMS P-311

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le HMS P-311 était un sous-marin de la Royal Navy, appartenant à la classe T. Il entra en service en août 1942 et a coulé pendant sa première mission opérationnelle vers le 2 janvier 1943 au large de l’île de Tavolara en Sardaigne.

Le HMS P-311 a été construit à Barrow-in-Furness en Angleterre, dans les chantiers navals de Vickers Armstrong. Commandé le 25 avril 1941, il fut lancé le 5 mars 1942 et est entré en service le 7 août 1942, sous le commandement du lieutenant R.D. Cayley. Il mesurait 84 mètres de long sur 8 mètres de large et 4,5 mètres de tirant d’eau. Il était propulsé en surface par deux moteurs diesel de 2500 cv et en plongée par deux moteurs électriques de 1450 cv, à une vitesse de 15 nœuds. Outre ses 10 tubes lance-torpilles, il possédait sur le pont un canon anti-aérien de 20 mm à l’arrière du kiosque et un canon de 100 mm à l’avant.

Contrairement à son frère jumeau, le HMS Trespasser  le P-311 n’a jamais été baptisé même si le gouvernement nommait tous ses sous-marins afin de mieux les distinguer des U-boot allemand. Winston Churchill avait déclaré à l’Amirauté le 5 novembre 1942, que tous les sous-marins devaient avoir des noms. Le P-311 aurait dû s’appeler HMS Toutankhamon, mais le submersible a été perdu avant même de recevoir officiellement son nom.

Après la fin de ses essais en mer, le P-311 a été affecté en Méditerranée avec les submersibles HMS Trooper et HMS Thetis, en entrant en service dans la 10e flottille basée à Malte. Il était équipé pour transporter 2 torpilles humaines de type « Chariot », ces mini-submersibles « humides » servant au déplacement des nageurs de combat. Il quitta les eaux territoriales pour rejoindre la 10ème Flottille sous-marine en novembre 1942. Le 28 décembre, le sous-marin quitta Malte pour participer à l’Opération Principal – l’attaque, par les « Chariots » sur le port de Maddalena en Sardaigne. La cible était les croiseurs lourds italiens, le Gorizia et Trieste, ancrés dans la base de La Maddalena.

Le Chariot était une torpille habitée de conception britannique utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Chariot a été inspiré par les opérations des commandos navals italiens, en particulier le raid le 19 décembre 1941 par des membres du MAS Decima Flottiglia qui ont monté des torpilles habitées “maiali” dans le port d’Alexandrie et ont placé des mines sur les cuirassés HMS Valiant et le HMS Queen Elizabeth (et un pétrolier de 8 000 tonnes), causant de graves dommages qui les mirent hors d’usage jusqu’en 1943.

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Le 29 décembre, faisant route vers La Maddalena, le torpilleur italien Partenope repéra et attaqua le P-311, mais le sous-marin réussit à échapper à l’attaque. Pourtant, le P-311 n’a pas réussi à se rendre au rendez-vous ; ses « Chariots » n’ont jamais été lancés et n’ont pas pris part à l’attaque. Des messages sans fil ont été reçus le 30 décembre mais aucune autre nouvelle n’a été entendue. Le sous-marin aurait dû retourner à Malte le 8 janvier 1943. On suppose donc que le sous-marin a heurté une mine et a coulé près des côtes de Sardaigne. En estimant sa route et la position de la zone minée, on estime sa disparition au 2 janvier 1943.

L’épave du HMS P-311 a été trouvée 73 ans plus tard par le plongeur italien Massimo Domenico Bondone, en Sardaigne, en mai 2016, extrêmement bien conservée, au large de la côte d’Olbia, à 5 miles nautiques à l’est de l’île de Tavolara, à plus de 90 mètres de profondeur. Il a pu identifier le P-311 par la présence des trois “Chariots” sur le pont du submersible. La proue du sous-marin montre des dommages causés par une explosion, ce qui accrédite la thèse de la mine et qui suggère que la coque intérieure a peut-être dû rester intacte, toutes les issues étant encore fermées et aucun trou ne communiquant avec l’intérieur au niveau des dégâts. On peut en déduire qu’il a probablement coulé avec de l’air à l’intérieur, mais qu’il a été incapable de remonter en surface, suite à des avaries de gouvernes. L’équipage a alors dû se retrouver prisonnier de l’épave au fond de la mer, sans possibilité de remonter. On ne sait pas si le P-311 était ou non équipé d’appareils d’évacuation de type Davis, mais à cette profondeur, ils auraient été inutilisables. Finalement, l’équipage est certainement décédé d’une privation d’oxygène.

Ci-dessous la video sur le HMS P-311 ; plus de détails sur la page de Massimo Domenico Bondone (cliquer sur le lien).

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