Chaque jour, une épave : 19 janvier 1988, la Dieppoise

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

La Dieppoise était un patrouilleur de la Marine Nationale affecté à la surveillance des territoires d’outre-mer. Elle a été mise en chantier le 8 juin 1951 au chantier de Port Arthur Shipbuilding dans l’Ontario au Canada, pour le compte de la Marine Royale canadienne, sous le nom de HMCS Chaleur et lancée le 21 juin 1952 comme dragueur de mines. Construit en aluminium et en bois, le navire mesurait 50 mètres de long sur 9 mètres de large, avec un tirant d’eau de 2,8 mètres, pour un déplacement de 370 tonnes. Ses deux moteurs diesel General Motors de 12 cylindres développaient une puissance de 2500 cv et le propulsaient à 15 nœuds.

Le 30 septembre 1954, le HMCS Chaleur a été désarmé, avant d’être offert à la Marine Nationale française dans le cadre du « Plan Marshall ». Il fut alors refondu en dragueur côtier et rebaptisé La Dieppoise, sous le matricule M730 et affecté à Brest. En 1972, il changea de fonction pour devenir un patrouilleur côtier, toujours sous le nom de La Dieppoise, mais sous le matricule P655. A partir de 1973, la Dieppoise s’en est allée patrouiller dans les mers du sud. Elle était dotée d’un canon de 40mm Bofor mais avait plutôt une mission de représentation et d’assistance. Ainsi, on la retrouvait en 1973 à Diégo-Suarez, port du nord de Madagascar et à Nouméa, en Nouvelle Calédonie en 1976, mais aussi à Djibouti, en Polynésie, à Vanuatu,…

Puis vint l’heure de la retraite et la Dieppoise, comme les autres patrouilleurs (la Lorientaise, la Dunkerquoise, la Malouine, la Bayonnaise et la Paimpolaise), allait être désarmée et finir comme ses sister-ships, en servant de cible aux exercices de tir et coulée à grande profondeur. C’est ce qui arriva à la Dunkerquoise en 1986, coulée à l’occasion d’une campagne de tir de la Marine Nationale au large de la Nouvelle Calédonie. L’association calédonienne « Fortunes de Mer », ayant appris le destin de la Dunkerquoise, entama des démarches pour la récupérer et l’immerger comme récif artificiel, mais les démarches, menées trop tardivement, n’aboutirent pas et la Dunkerquoise a fini son parcours dans les grands fonds. Pour la Dieppoise, l’association renouvela ses démarches et cette fois-ci, obtint gain de cause. La Dieppoise échappa au massacre et allait entamer une nouvelle vie comme récif artificiel, pour la plus grande joie des plongeurs et des écologistes. Elle fut dirigée vers le phare Amédée, entre le récif Tabu et le Grand Récif, près de Nouméa, pour y être immergé après avoir été dépolluée. Le 19 janvier 1988, les militaires placèrent deux charges explosives sous la coque de la Dieppoise qui commença à s’enfoncer inexorablement vers sa nouvelle destinée, pour devenir un havre de paix et de vie pour la faune et la flore sous-marines.

Le temps a passé. Aujourd’hui, trente ans plus tard, la Dieppoise repose toujours bien droite sur un fond sableux par 26 mètres de profondeur, aux coordonnées : latitude 22° 28’ 93 S et longitude 166° 26’ 40 E. Les charges explosives ont percé deux gros trous à l’avant et à l’arrière, mais avec le temps, une partie du bordé en bois s’est désagrégée, laissant filtrer la lumière vers l’intérieur de l’épave. On peut visiter les différentes parties de l’épave, notamment la timonerie, facilement accessible par les portes latérales. La faune est dense et variée, un véritable écosystème s’est développé autour de cet îlot de vie.

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