Chaque jour, une épave : 19 février 1928, le Dalton, un grand classique marseillais

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Dalton est une épave bien connue des plongeurs marseillais. Ce cargo de 71 mètres de long sur 10 mètres de large et 5 mètres de tirant d’eau, jaugeant 1275 tonnes, a été construit en 1877 par les chantiers Matthew Pearse de Stockton-on-Tees, en Grande Bretagne, pour le compte de la compagnie Pyman, Bell & Co de Newcastle upon tyne, qui l’a utilisé jusqu’en 1897, avant de passer le relais à sa voisine, la compagnie Swanson & fils (toujours de Newcastle upon Tyne) qui l’a gardé jusqu’en 1926. Son dernier propriétaire a été la compagnie Dixon, de Londres, qui a exploité ce navire vieillissant de 1926 à 1928, année de son naufrage après un demi-siècle de bons et loyaux services.

Parti de Grèce le 12 février 1928, le Dalton transportait 1500 tonnes de plomb en provenance des mines de Laurion (Grèce) à destination de Marseille, affrété par la Compagnie des Minerais et Métaux avec un équipage de 23 marins grecs (d’où son surnom de « Grec »).

Vue de Google Earth de la baie de Marseille avec à l’entrée de celle-ci, le Planier et ses épaves

Cette nuit du 18 au 19 février 1928, le brouillard était si épais que les feux du Planier, à l’entrée de la baie de Marseille, étaient littéralement invisibles et selon la déclaration du capitaine du Dalton, l’équipage n’aperçut même pas la lueur du phare qui avait pourtant une portée de 37 milles en temps normal.

Position du Dalton

Il était deux heures du matin ce dimanche 19 février 1928 quand le cargo heurta le rocher du Souquet, à peu de distance du Planier. Le naufrage étant inévitable, l’équipage du cargo le conduisit le plus près possible de l’îlot, venant échouer l’avant contre le débarcadère du phare, de façon à soulager la coque déchirée à cet endroit, mais aussi à évacuer le bateau si la situation ne s’améliorait pas. Mais c’était peine perdue, la coque était largement ouverte et l’eau s’engouffrait dans les cales. L’avant sur la roche, les embarcations furent mises à l’eau, les marins abandonnèrent le navire et le Dalton vint se poser doucement contre le tombant descendant en pente douce au pied de l’îlot, contre la face nord de l’île, au niveau du petit débarcadère, proue contre le rivage poupe orientée vers le nord. Quarante cinq minutes seulement s’étaient écoulées depuis le choc. La totalité de l’équipage fut recueillie par les gardiens du phare du Planier.

Un pêcheur qui passait par là fit prévenir le port de Marseille, sans se presser et ce n’est qu’au matin que les secours, inutiles, arrivèrent. A la suite de ce naufrage, le phare du Planier fut équipé d’un appareil de radio T.S.F.

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Le précieux chargement de plomb a été récupéré quelque temps plus tard par l’entreprise Negri, de Marseille, spécialisée dans les récupérations d’épaves.

La barre, telle qu’on la voyait dans le film Epaves de Cousteau et Dumas

Quelques années après le naufrage, Cousteau et Dumas plongèrent les premiers sur l’épave. C’est ainsi qu’un film  fut tourné, « Epaves »  en 5 mois, ayant pour cadre, entre autres, l’épave du Dalton. A cette occasion, le Commandant Philippe Taillez annonça « que les temps de la plongée libre, sans câble, sont venus », présageant ainsi son livre Plongées sans câble qui connut un immense succès en 1954.

La proue du Dalton était restée en surface contre le débarcadère pendant quelque temps, avant de glisser le long de la pente. Aujourd’hui, elle s’est écrasée sur les rochers à moins de quinze mètres de profondeur et le reste du bateau est couché contre la pente, la poupe reposant sur le sable à trente mètres seulement, dans une eau claire donnant une belle visibilité sur l’épave. A 33 m l’hélice et le gouvernail sont les pièces de choix de l’épave. La barre, qui était visible après le naufrage, était encore bien visible lors de la réalisation du film « Epaves » de Cousteau et Dumas.

Non loin de l’épave du Chaouen, et sensiblement à la même profondeur, la visite du Dalton peut se faire sans difficulté en une plongée et comme pour le Chaouen, la plongée est à faire par mer calme et vent faible. L’épave est couverte de concrétions : éponges, gorgones et est habitée d’une faune dense et variée.

Pour trouver le site de plongée, rien de plus simple : il suffit d’aller sur le quai de débarquement de l’île du Planier et de descendre à la pointe du débarcadère. Pour les amoureux de données mathématiques, voici donc les coordonnées du Dalton : latitude 43° 11’ 998 N et longitude 05° 13’ 844 E.

Lien vers la vidéo youtube de Sébastien Pradelle sur le Dalton :

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