Chaque jour, une épave : 17 février 1934, l’Harmina

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Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

L’Harmina était un cargo caboteur de 33 mètres de long sur 6 mètres de large en acier, jaugeant 177 tonnes, équipé d’un moteur diesel à une seule hélice. Construit en 1927 en Hollande par les chantiers Scheepswerf Gideon, pour le compte de la compagnie Bakker, de Groningen aux Pays Bas, il fut racheté en 1933 par la compagnie Pierre Le Louarn & Hegarat, de Paimpol en Bretagne. le petit caboteur remplit fièrement son contrat pendant les 7 ans de sa courte vie, transportant toutes sortes de marchandises tout d’abord sur les côtes de la Manche du nord, entre la Hollande et la Belgique, puis le long des côtes de la Bretagne et de la Manche française pour sa dernière année.

Le samedi 17 février 1934, l’Harmina revenait de Boulogne sur mer avec un chargement de 210 tonnes de ciment et faisait route vers son port de destination, Saint Quay-Portrieux, en Bretagne nord. Ce jour-là régnait la Manche était enveloppée d’une brume intense « à couper au couteau », comme on peut en connaître en cette saison, lorsque les effluves marines provenant de l’océan tempéré sont condensées par l’atmosphère hivernale glaciale. La nappe opaque recouvrait la mer comme une épaisse couche de coton, dissimulant toutes les formes, éteignant les feux et allant même jusqu’à étouffer les sons. Seules résonnaient encore quelques cornes de brumes lointaines de navires désireux d’éviter tout abordage…

Le capitaine Guillou, natif de la région, connaissait les dangers liés à ces conditions et peu désireux de voir surgir devant son étrave une situation inattendue et potentiellement périlleuse, décida de mouiller l’ancre au large de Paimpol en attendant une éclaircie. Par suite des grandes marées, le courant était très fort dans la zone et le navire, dont le moteur capricieux ne put être remis en marche à la sollicitation de son chef mécanicien, a chassé sur son ancre et s’est dangereusement rapproché des écueils qui commençaient à se découvrir avec le jusant. Le courant de marée finit par drosser le petit caboteur sur les rochers de la baie de Paimpol et l’Harmina resta échoué dans une position très délicate sur le banc nommé « les Roches de Kerniguel », à un quart de mille nautique environ de Bréhat. Progressivement, avec le reflux, le bateau se retrouva dans une position peu avantageuse, incliné à 45 degrés avec la poupe en l’air au dessus des rochers et la proue plantée dans l’eau. Avec le poids du bateau appuyé sur la roche comme sur la lame d’un couteau, la coque ne résista pas bien longtemps et des brèches commencèrent à se former, menaçant de casser l’Harmina en deux.

Le bateau de sauvetage et les vedettes de l’île de Bréhat se rendirent rapidement au secours des naufragés, mais il était déjà trop tard pour le navire, l’équipage dut se résoudre à l’abandonner. Une visite le lendemain ne fit que confirmer la catastrophe et permit de constater que toute tentative de renflouage serait vaine car l’Harmina, la coque éventrée, disparaissait déjà sous les eaux. Le bateau était perdu, mais fort heureusement et grâce aux services de secours, l’équipage était sauf.

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L’Harmina gît toujours sous quelques mètres d’eau non loin de l’îlot Ar Morbic au nord-est de Bréhat, à la latitude 48° 51’ 751 N et la longitude 02° 58’ 321 W. Le temps et les tempêtes ont rempli leur office et l’épave n’est plus qu’un tas de débris qui est devenu le refuge d’une faune particulièrement riche et quelques rencontres intéressantes ne sont pas impossibles…

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