Chaque jour, une épave : 14 mars 1917, le Blaamanden à Noirmoutier

0
Publicité

Chaque jour, découvrez dans www.plongee-infos.com l’histoire d’une épave, coulée à la même date par le passé, quelque part près des côtes françaises ou ailleurs dans le monde, déjà explorée… ou pas ! Vous retrouverez ainsi quotidiennement un nouveau site, pour vous confectionner une collection passionnante pour vos futures plongées ou simplement pour explorer… l’Histoire!

Le Blaamanden était un cargo norvégien à vapeur de 65 mètres de long sur 10 mètres de large et 4 mètres de tirant d’eau, jaugeant 954 tonnes. Construit en 1907 par les chantiers Akers Mekaniske Verksted à Oslo en Norvège pour la compagnie Tordkildsen Vilhelm, de Bergen, il était motorisé avec une machine à vapeur à trois cylindres et triple expansion développant 600 cv sur une seule hélice.

Le 3 mars 1917 le Blaamanden, sous les ordres de son capitaine Lorentz Holterman, avait quitté Huelva dans le sud-ouest de l’Espagne, non loin de Cadix, à destination de Nantes avec une cargaison 1330 tonnes de pyrites, pour le compte de l’Amirauté britannique. Le 12 mars, il rejoignait un convoi d’une douzaine de navires au niveau de St Jean de Luz, profitant ainsi de l’escorte de bateaux militaires pour faire face à la menace sous-marine. Le convoi fit escale le 13 mars à La Pallice près de La Rochelle, puis reprit la mer la nuit suivante. A cette occasion, 8 autres vapeurs rejoignirent le convoi, portant le nombre de navires à une vingtaine. Mais dès la sortie du Pertuis d’Antioche, le mauvais temps s’abattit sur le convoi qui eut alors les plus grandes difficultés à garder une certaine cohésion. Le temps étant décidément trop rude, le convoi se dispersa peu à peu dans le nuit du 13 au 14 mars.

A l’aube du 14 mars 1917, le Blaamanden était seul sur la mer, distancé par les autres navires. Il garda néanmoins sa route et réussit à contacter un bateau de patrouille, pour lui demander des instructions et trouver un pilote à même de le faire remonter l’estuaire de la Loire pour son arrivée prévue à Nantes. Il reçut alors pour consigne de se rapprocher de l’île du Pilier, à la pointe nord de l’île de Noirmoutiers, pour rester à couvert de la batterie de canons qui y surveillait les routes de navigation.

A 9h15, Blaamanden a été identifié à 4 milles au sud-ouest du phare du Pilier par la garnison du fortin de l’île, navigant en direction de l’estuaire de la Loire à 8 nœuds. Le temps s’est nettement amélioré et le vent est tombé, mais une forte houle résiduelle continue à brasser la surface.

Vers 10h, le sous-marin allemand UC 21 fit surface à un mille nautique par le travers bâbord du Blaamanden et commença à tirer sur le bateau à vapeur. Témoins de l’attaque, les canons de l’île ne manquèrent pas de répondre au feu mais, trop loin de leur cible, leurs obus sont tombés 2000 mètres en deçà du sous-marin. L’UC 21 a pu continuer à tirer impunément sur le cargo désormais sans défense. Le capitaine Lorentz Holterman décida alors d’évacuer le cargo, donnant la priorité à la sauvegarde de son équipage. Les marins se glissèrent dans deux chaloupes mises à l’eau du côté du cargo opposé au sous-marin pour profiter de son abri, puis s’éloignèrent rapidement.

Publicité

Après 14 coups de feu, le vapeur commença à couler. L’UC 21 se dirigea alors vers le large et disparut bientôt. Les marins du Blaamaden furent recueillis par l´arraisonneur Kerdonnis une heure plus tard et furent déposés à Saint Nazaire. On reprocha par la suite à Holterman de n´avoir pas tenté de s´échapper dès les premiers obus. Mais hors de portée des batteries du Piliers, celui-ci savait bien qu’il lui aurait été très difficile de distancer le sous-marin alors que le cargo était à pleine charge et a préféré sauver son équipage, ce en quoi, humainement, on peut considérer qu’il a eu parfaitement raison puisque le naufrage ne fit aucune victime…

L’épave du Blaamanden repose aujourd’hui à 6 milles nautiques dans l’ouest du port de l’Herbaudière, sur un fond de roche et de sable par 25 m de profondeur, aux coordonnées : latitude 47° 01’ 061 N ; longitude 2° 26’ 844 W. Couchée sur tribord, l’épave est coupée en deux au niveau de la chaudière. Son point le plus haut est à environ 22 mètres. Sur la partie avant une ancre dans son écubier est visible ainsi que son guindeau et un mât de charge. Au centre, on peut voir le haut du moteur et sa chaudière. La plus grande partie de la coque s’est effondrée. Vers l’arrière, on peut voir une bonne portion de coque abritant, si l’on y porte attention, quelques congres de belle taille. Plus loin, l’hélice de secours posée à plat parmi les débris, puis la poupe avec son gouvernail, surplombe une hélice dont les pales sont partiellement coupées. Une belle épave à ne visiter que par très beau temps car elle ne bénéficie d’aucun abri.

Lien vers la vidéo Youtube sur le Blaamanden de Manu Leb :

LAISSER UNE RÉPONSE

Entrez votre commentaire s'il vous plaît !
Veuillez entrer votre nom ici


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.