Plonger sur les épaves en France… et dans le monde

Le choix d’une destination plongée subordonné à ses spécificités s’applique non seulement en rapport aux espèces rencontrées, mais c’est encore plus vrai quand il s’agit de plongée sur les épaves, tant il est évident que chacune de ces belles englouties présente une physionomie et une histoire spécifiques…

Comme on l’a vu dans le précédent article paru sur Plongée Infos, https://www.plongee-infos.com/une-faune-differente-a-chaque-spot-de-plongee/, les « globe-plongeurs » ont de plus en plus tendance à choisir leur destination en fonction de leur faune préférée. On va plonger à Djibouti avec les requins baleines, ou au Mexique avec les baleines, à l’île Maurice avec les cachalots ou en Polynésie pour le grand spectacle…  C’est encore plus vrai pour les épaves. Cette tendance a toujours existé chez les spécialistes de la plongée sur épaves, qui sont prêts à parcourir le monde pour explorer un monstre de métal rouillé englouti à jamais au fond d’un lagon difficilement accessible.

L’épave du cargo Cedar Pride, dans le golfe d’Aqaba en Jordanie (Ph PP)

Les épaves ont leurs afficionados, on peut même parler de « spécialité » dans la pratique de la plongée car outre la découverte purement touristique, ces sites requièrent des compétences et des techniques particulières, ainsi qu’un certain attrait pour ces  tombeaux sous-marins où règne souvent une atmosphère mystérieuse…

À chaque épave, une histoire extraordinaire

Chaque épave est différente : par la nature du navire qui a sombré, cargo, bâtiment de guerre ou encore ancien galion, voilier et même paquebot ; différente aussi par les circonstances de son naufrage, tempête, bataille navale, abordage, voie d’eau… , qui donnent une dimension historique à chacun de ces sites, avec de multiples anecdotes sur le drame que l’on peut s’attacher à découvrir dans la littérature de l’époque ; différente surtout selon les conditions de plongée, position de l’épave, accessibilité, profondeur, courants, dangerosité… Tous ces critères sont minutieusement examinés par les passionnés de tôles rouillées et d’histoire, pour sélectionner leur cible et préparer leur prochaine expédition pour une découverte aussi esthétique que culturelle, avec une petite tendance sentimentale, voire nostalgique.

Le naufrage du paquebot Tasmania en 1887 dans les bouches de Bonifacio, a donné naissance à une légende de trésor englouti…

Vous l’aurez donc compris, chaque épave ne ressemble à aucune autre et si le plongeur « touriste » peut se satisfaire d’une croisière épaves au cours de laquelle il va pouvoir obtenir un aperçu rapide de quelques curiosités disséminées le long de la côte, les passionnés, eux, organisent carrément des expéditions à thème. Cela peut être l’exploration d’une nouvelle découverte, mais aussi la pénétration des entrailles encore inviolées d’un monstre de ferraille, atteindre un cimetière d’épaves dans des conditions de mer qui placent celui-ci hors d’atteinte pour le commun des plongeurs, ou encore s’attacher à identifier de façon formelle une épave  incertaine, en essayant de retrouver un nom, une marque ou un numéro de moteur qui permettrait de donner avec certitude, par le biais des archives maritimes, un nom et une histoire à ce navire perdu corps et biens.

Comment organiser un séjour de plongée sur épaves

Chaque centre de plongée présente, dans sa liste de sites, les épaves qui figurent sur leur terrain de jeu, ainsi que les conditions pour y accéder (niveau de plongée en fonction de la profondeur et de la difficulté). Mais il est difficile pour le plongeur lambda, de visiter tous les centres à la recherche du site idéal, ce qui représenterait une perte de temps conséquente dans la préparation de ses prochaines vacances. Si certaines épaves sont célèbres et facilement localisables car elles font l’objet d’une littérature abondante, d’autres sont plus discrètes et demandent plus de perspicacité pour se dévoiler. Hormis les bases de données historiques réservées aux spécialistes, il est difficile d’obtenir une vision globale des épaves intéressantes recensées par régions ou pays. L’utilisation d’un moteur de recherches s’avère alors très utile. 

C’est le cas de l’outil proposé par la plateforme de réservation en ligne Diving Away – https://bit.ly/epaves-divingawayqui permet d’atteindre l’objet de ses recherches par pays, par zones de plongée, par le nom des épaves recherchées, mais aussi par type d’épaves : avion, hélicoptère, bateau de pêche, bâtiment militaire, pétrolier, péniche, cargo, bateau de passagers, voilier, sous-marin et même habitat ou véhicule…

Directement accessible par la plateforme de réservation en ligne Diving Away, le centre marseillais ATOLL Plongée propose la visite de plusieurs épaves de la cité phocéenne

L’avantage de ce type de plateforme est que quand l’on a réussi à identifier l’objet de sa convoitise, il suffit alors de visiter la page qui lui est dédiée pour avoir toutes les informations sur ses caractéristiques et son histoire, puis en faisant dérouler la page, on a un accès direct aux différents centres de plongée qui desservent le site, avec leur description et leurs prestations. Il suffit ensuite de faire son choix, puis de cliquer simplement pour avoir accès aux disponibilités et réserver en direct. En quelques clics, la grande aventure de l’exploration des épaves est  à vous !

Quelques épaves dans le monde

Commençons par la France, particulièrement chargée en histoire maritime, avec sa voisine l’Angleterre. Entre ces deux pays, ce sont pas moins de plusieurs milliers d’épaves qui jonchent le plateau continental, à plus ou moins de distance des côtes. 

Côté français, on peut citer dans la Manche, les épaves de la première guerre mondiale dans le Pas de Calais, ou bien celles du Débarquement en Normandie. Plus précisément, on citera celle du pétrolier géant Amoco Cadiz, de 334 mètres de long, coulé en 1978 près des côtes de Portsall, dans le Nord-Finistère. Un géant aujourd’hui disloqué qui ne laisse personne indifférent, quand on se remémore la gigantesque marée noire qui avait résulté du naufrage.

Le pétrolier géant Amoco Cadiz, coulé en 1978 devant Portsall, dans le nord Finistère

Plus au sud, dans le Morbihan, on peut noter les épaves de la région de Lorient, qui ont fait l’objet de plusieurs ouvrages d’un spécialiste du genre : l’historien des épaves Jean-Louis Maurette (Naufrages en pays de Lorient – Expédition Scyllias). Là, vous pourrez découvrir un U-boot allemand de la seconde guerre mondiale, l’U171, ainsi qu’une trentaine d’autres épaves, disséminées entre la côte et l’île de Groix.

Un plongeur s’extrait du U171, U-boot allemand coulé entre Lorient et Groix (Ph JLM)

Côté anglais, on ne manquera pas l’un des plus fabuleux cimetières d’épaves de la grande guerre : Scapa Flow, en Ecosse, où gisent les plus gros navires de la flotte allemande sabordée après l’armistice.

En Méditerranée du Languedoc jusqu’à l’Italie, là encore ce sont des centaines d’épaves qui peuvent être visitées. A commencer par l’Alice Robert, dit le Bananier, coulé par 46 mètres à Port Vendres ou encore l’Astrée et le Saumur, tous trois des cargos torpillés lors de la seconde guerre mondiale.

Dans la région marseillaise, les sites les plus caractéristiques sont le Chaouen, un grand cargo coulé contre l’îlot du Planier, accessible aux débutants, ou encore le cargo la Drôme, plus profond (52m) et le paquebot le Liban, à seulement une trentaine de mètres de fond. On trouve aussi des avions, comme le Messerchmitt à 45 mètres et le Junker 88 par 53 mètres de fond.

Une coursive du Chaouen, près de l’île du Planier face à Marseille, accessible aux débutants (Ph JPA)

Du côté des îles d’Hyères, les épaves les plus célèbres qui attirent de nombreux plongeurs sont le Donator à 51 mètres (le pont se trouve à une trentaine de mètres de profondeur), le Michel C à 32 mètres et le Sagona, dit le Grec, par 40 mètres. Trois grands cargos recouverts d’une faune et d’une flore extrêmement riches.

Dans la baie de Cavalaire, le Togo gît par 55 mètres de fond

Plus loin, vers la baie de Cavalaire, ce sont l‘Espingole (38 mètres de fond), le cargo le Togo (55 mètres, à réserver aux plongeurs confirmés) et le très célèbre sous-marin Rubis, sous-marin français immergé volontairement par 40 mètres de fond, assurément l’une des épaves les plus appréciées en France.

Le Rubis, un des must en plongée épaves sur la côte Méditerranée (Ph AF)

En corse, une autre épave attire les plongeurs du monde entier : le bombardier américain B17, victime d’un amerrissage d’urgence au retour d’une mission de bombardement en 1944, à quelques encâblures du port de Calvi. L’épave quasiment entière repose par 28 mètres de fond, au pied des remparts de la citadelle. L’île de beauté recelle encore bien d’autres trésors, comme le cargo Alcione C par 33 mètres ou le bombardier B26, plus profond, vers 60 mètres.

Le bombardier B17 à Calvi, l’une des plus belles épaves de Corse (Ph S LG)

En Italie, on notera le fameux pétrolier géant Haven, de 344 mètres de long, coulé suite à un incendie dans le golfe de Gênes en 1991, libérant 144000 tonnes de pétrole. L’épave du géant repose sur un fond de 80 mètres, mais ses superstructures remontent jusqu’à 30 mètres de la surface. C’est un des rendez-vous des plongeurs tek européens.

Le naufrage du paquebot géant Haven en 1991, qui causa une importante marée noire en Méditerranée

Plus loin en Méditerranée orientale, vous pourrez visiter, à Malte, le sous-marin anglais Stubborn par 56 mètres de fond, ou, plus accessibles, le Margit, par 22 mètres à La Valette et le Carolita X127, par 20 mètres à Gozo.

Au Liban, face à Beyrouth, c’est le sous-marin français Souffleur, coulé en 1941 par un sous-marin britannique par 30 mètres de fond.

A Malte, le sous-marin anglais Stubborn (Ph PB)

Dans les mers plus lointaines, on peut citer en premier lieu la mer Rouge et ses dizaines d’épaves, dont la plus célèbre, le fameux Thistlegorm, grand cargo coulé en 1941 près de Ras Mohammed sur une quarantaine de mètres de fond (le pont est à 25 mètres) alors qu’il transportait du matériel militaire (motos, camions…) et de l’armement que l’on peut encore voir dans ses cales.

L’épave du Thistlegorm contient encore dans ses cales des motos, des camions et une grande quantité de matériel militaire (Ph PP)

Citons également les épaves du récif d’Abu Nuhas, très visitées car se trouvant non loin d’Hurghada : le Carnatic, très caractéristique avec son squelette de poutres apparent, le Ghiannis D ou encore le Chrisoula K et le Kimon M, autant d’épaves posées contre le flanc du récif, par moins de 20 mètres.

Le Carnatic, très caractéristique avec son armature à nu (Ph PC)

Plus au sud, c’est le Salem Express, un ferry coulé non loin du port de Safaga en 1991, faisant 470 victimes.

A l’extrémité nord du golfe d’Aqaba, en Jordanie, ce sont des chars, des véhicules militaires et des avions qui ont été immergés comme récifs artificiels pour le plus grand plaisir des plongeurs.

Des chars, du matériel militaire et des avions immergés à Aqaba (Jordanie) (Ph PP)

Les autres spots dans le monde sont innombrables. Parmi les plus caractéristiques, on peut citer les Keys de Floride, aux USA, où de nombreux navires ont été sabordés pour devenir des récifs artificiels et des sites de plongée. Parmi eux, le porte-avions USS Oriskany, de 275 mètres de long, coulé en 2006 par 65 mètres de fond. Le pont se trouve à une trentaine de mètres de la surface et la visibilité dépasse souvent les 30 mètres. Ce sont pas moins de 8 ponts qui sont accessibles selon le niveau des plongeurs.

Le porte-avions USS Oriskany a été immergé en Floride pour le plus grand plaisir des plongeurs

En Asie, l’épave la plus spectaculaire est sans nul doute le SS  President Coolidge, l’un des plus grands paquebots américains (190 mètres de long), coulé en 1942 au Vanuatu. Un paquebot de luxe qui repose désormais entre 20 mètres de profondeur à la proue et 65 mètres à la poupe. Très spectaculaire, couverte d’une faune très abondante, elle est accessible à tous niveaux.

Le paquebot SS President Coolidge

Les grands voyageurs opteront pour les lagons lointains de l’océan Pacifique, comme Truck Lagoon, en Micronésie, où a été coulée une partie de la flotte japonaise par l’aviation américaine en février 1944. Plusieurs dizaines de navires de guerre, parmi lesquels 5 croiseurs, plusieurs destroyers, des avions, des sous-marins. Ce cimetière sous-marin est l’un des must en matière de voyages de plongée sur épaves.

Le cimetière de bateaux de Truck Lagoon, un must mondial

N’oublions pas le lagon de Bikini, dans les îles Marshall : un autre sanctuaire marin où reposent des dizaines d’épaves qui ont été disposées pour étudier les effets des essais nucléaires américains dans les années 50. Suite aux explosions atomiques, tous ces bateaux se sont retrouvés au fond du lagon, à différentes profondeurs, entre 20 et 60 mètres. Parmi les navires, croiseurs, destroyers, sous-marins, notons un porte-avions, l’USS Saratoga, pièce maîtresse du dispositif. En raison de l’absence d’habitants due aux radiations des essais nucléaires, le lagon a prospéré et contient aujourd’hui une faune et une flore d’une extrême richesse.

Le porte-avions USS Saratoga, dans le lagon de Bikini. La radioactivité due aux essais nucléaires a eu pour effet paradoxal de protéger l’environnement en éloignant les humains

Pour tous les plongeurs, la découverte d’un cimetière sous-marin ne peut laisser indifférent. L’histoire d’une aventure qui s’est terminée par un naufrage, l’histoire d’un drame qui a pu coûter de nombreuses vies, l’histoire d’un navire devenu sanctuaire, qu’il convient d’aborder avec tout le respect dû à ces places de mémoire… 

Lien vers la plateforme Diving Away : https://divingaway.com

Une faune différente à chaque spot de plongée

Choisir sa destination plongée en fonction de la faune que l’on peut y voir… C’est la nouvelle tendance chez les plongeurs voyageurs. Comment trouver le spot idéal, où l’on veut voir tortues, requins, dauphins ou baleines ? Suivez le guide !

Plutôt que de choisir votre destination plongée en piquant au hasard une mappemonde, ou bien de retourner pour la énième fois dans le même centre de plongée « parce que là, au moins, on connaît et on sait ce qu’on y trouve », pourquoi ne pas procéder à l’inverse : choisir le spot en fonction de l’environnement (spécifique) que vous aimeriez découvrir ? C’est la nouvelle tendance qui s’est développée chez les « globe-plongeurs ». 

On me demande souvent : « toi qui as beaucoup voyagé, quel est pour toi le meilleur spot de plongée ? » À cette question, je réponds invariablement : « ça dépend… » Car ça dépend essentiellement de ce que je veux découvrir ! En effet, si je veux voir des requins baleines ou bien des lamantins, je n’irai pas plonger au même endroit. De la même façon qu’en tourisme terrestre, on ne va pas au même endroit si l’on est amateur de plage, de neige ou encore de patrimoine historique.

Avec le développement mondial du tourisme subaquatique, on choisit de plus en plus le lieu de ses prochaines immersions pour y trouver tel ou tel type de faune et de flore. Cette tendance a toujours existé dans le milieu des explorateurs d’épaves : Ceux-là vont en mer Rouge plonger sur le Thistlegorm ou sur la Rosalie Moller, ou encore pour une croisière-épaves rassemblant plusieurs de ces bijoux sous-marins ; Pour les plus aventureux, ce sont les épaves de Truck Lagoon ou du lagon de Bikini ou, beaucoup plus proches et plus abordables, les épaves de Méditerranée, de Marseille avec le Liban ou le Chaouen à Malte avec le Stubborn, en passant par le Togo et le sous-marin Rubis de Cavalaire, le Haven en Italie… La liste est longue !

Alors, le voyage-plongée pépère où l’on se contente de suivre les dépliants publicitaires et les catalogues des voyagistes est-il à remiser aux oubliettes ? Pas forcément, mais le touriste plongeur cherche dorénavant à « voyager intelligent », c’est-à dire donner un but à son voyage. 

Avant, on allait en mer Rouge parce que c’était incontournable (ça l’est toujours !), sans trop connaître la faune que l’on allait rencontrer. Aujourd’hui, certainement dû à l’intérêt grandissant pour l’environnement, les plongeurs s’intéressent beaucoup plus à la faune, et même nourrissent de véritables passions pour certaines espèces. C’est ainsi que l’on a vu se développer les croisières-requins avec Steven Surina, les séjours « fishwatching » avec Patrick Louisy, de la même façon que les plongeurs Tek font un séjour « recycleur » avec Pat Van Straelen et les plus hardis osent le séjour de plongée souterraine dans le Lot, au cœur de notre belle France…

Un moteur de recherches spécialisé

Alors, comment choisir sa destination ? Les passionnés qui se spécialisent en biologie ou en environnement connaissent déjà certains réseaux qui proposent des séjours spécifiques. Pour les autres, il faut passer par la case « recherche » et passer des heures sur internet, ou le nez dans les livres à étudier la vie de chaque espèce marine, histoire de trouver le déclic vers la destination de rêve. 

Participez au grand concours Diving Away / Abyss UWE et gagnez des plongées d’initiation au recycleur : https://www.plongee-infos.com/grand-concours-de-lete-une-plongee-dinitiation-au-recycleur-a-gagner/

Faut-il vraiment passer des heures en allant un peu à l’aveuglette, surfant de page en page sur le net ? Non ! Il existe des outils qui permettent d’affiner les recherches sans perdre de temps. Si les sites web des centres de plongée offrent une description détaillée des sites qu’ils desservent, l’information reste très localisée. On peut néanmoins trouver des moteurs de recherches spécifiques qui répertorient tous les détails utiles en seulement quelques clics. 

C’est le cas du site « Diving Away », une plateforme de réservation en ligne pour les séjours plongée en France, en Europe ou dans le monde entier (voir notre précédent article : https://www.plongee-infos.com/comment-trouver-le-spot-de-plongee-de-ses-reves/). Cette plateforme présente un moteur de recherches perfectionné et particulièrement bien documenté, que l’on peut utiliser de différentes manières. Pour cela, plusieurs entrées sont possibles : 

  • Par le nom de l’animal recherché, on accède alors à une carte où sont pointés tous les lieux dans le monde où l’on peut voir l’animal en question. Sur la carte, apparaissent aussi tous les centres de plongée concernés et il suffit de cliquer dessus pour être redirigé vers le descriptif de la structure, ainsi que ses possibilités de réservations. Si par exemple, on cherche où l’on peut voir des requins baleines, une page présente un descriptif de l’espèce et son mode de vie, son alimentation, son mode de reproduction, etc.. La carte montre que cet animal est particulièrement présent à Djibouti, aux Açores, aux Maldives, en Thaïlande ou au Mexique, côté Caraïbes comme côté Pacifique. Puis vient la liste des centres de plongée avec qui on peut être mis directement en relation par la plateforme de réservation.
  • Par le pays de destination, pour connaître toutes les espèces liées à un spot. Par exemple, si l’on inscrit dans le moteur de recherche, Cuba, on sait que l’on pourra y observer, selon les spots, différentes variétés de tortues, vertes ou imbriquées, des requins de récif, des tarpons ou encore des raies aigles ou des crocodiles marins. 
  • On peut aussi effectuer une recherche plus affinée en choisissant la zone de plongée, par exemple, pour les Açores, l’île de Terceira : là ce sont les baleines bleues, les cachalots, les baleines à bec et autres raies aigles, diables de mer ou dauphins qui nous accueilleront. Il suffit alors de cliquer sur le visuel de l’espèce qui nous intéresse pour arriver sur sa fiche descriptive détaillée. Et toujours, la liste des centres de plongée où l’on peut réserver en direct via la plateforme de réservation. Un jeu d’enfant !

Disponibilité et réservation en ligne

Une fois votre animal préféré repéré et après avoir obtenu tous les renseignements concernant son mode de vie et le spot adéquat, il ne reste plus qu’à choisir l’un des centres de plongée proposés par le moteur de recherches. Là, en fonction des dates de séjour, différentes prestations sont présentées, de l’explo à la journée aux séjours de plus longue durée, avec l’équipement compris dans la prestation, les hébergements possibles et les activités hors plongée. Les disponibilités sont visibles en direct et des promotions sont régulièrement mises à jours afin de profiter des meilleurs tarifs. Il suffit ensuite de cliquer sur la case « réservation », et votre prochain séjour de rêve au milieu de votre faune sous-marine favorite est à vous !

Renseignements : https://divingaway.com

Grand concours de l’été : une plongée d’initiation au recycleur à gagner

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Un grand concours est lancé par la plateforme de réservation en ligne Diving Away, en partenariat avec Plongée Infos : Identifiez quatre détails de photos sous-marines et tentez de gagner des plongées d’initiation au recycleur ou en scaphandre classique avec Pat Vanstraelen. Ce concours sera renouvelé quatre fois durant l’été. Ce premier concours a pour thème : l’identification de nageoires. Les personnes ayant identifié correctement les quatre photos, participeront à un tirage au sort pour déterminer 4 gagnants.

Quatre concours ouverts à tous, sans obligation d’achat, seront publiés durant l’été, par la plateforme de réservation en ligne Diving Away. Ce premier volet est en lien avec l’article “Une faune différente à chaque spot de plongée” paru sur le site du web-magazine Plongée Infos. A chaque fois, il faudra identifier quatre images représentant un détail de photo sous-marine. Pour ce premier concours, le thème est : les nageoires (ce thème changera à chaque concours). Chaque nageoire est numérotée. Pour participer, il suffit :

  • De liker la page Facebook de la plateforme Diving Away par ce lien : https://www.facebook.com/divingaway
  • D’être inscrit sur le site de DivingAway et de vous connecter par ce lien de contact: https://bit.ly/divingaway-contact
  • Déposer vos réponses en précisant vos nom, prénom, adresse mail, puis préciser le numéro de chaque photo et le nom de l’animal correspondant.

Indices : si vous séchez, les réponses sont sur la page espèces de DivingAway : https://bit.ly/especes-marines

Modalités :

Les réponses sont à envoyer jusqu’au 22 juillet à minuit.

Toutes les bonnes réponses (identification correcte des quatre images) participeront à un tirage au sort final qui permettra d’attribuer 4 lots : une plongée d’initiation au recycleur offerte par l’un des grands spécialistes européens du genre, Pat Vanstraelen. Pour les personnes non-plongeuses, possibilité de remplacer le recycleur par un baptême de plongée en scaphandre classique.

Les autres concours seront eux aussi clôturés une semaine après leur parution.

Les plongées d’initiation au recycleur avec Pat Vanstraelen et ABYSS UWE

Abyss Underwater World Experience, initialement basé en Belgique, s’est installé à Nice pour proposer de la plongée en recycleur à circuit fermé, dans la lignée de son activité belge et internationale. Pat Vanstraelen, le boss, propose aux plongeurs de loisir une prestation “CCR Rebreather Experience” (baptême de plongée en recycleur), afin de découvrir le plaisir et les avantages de la plongée en recycleur dans le cadre magnifique des tombants de la côte d’Azur.

Les recycleurs à circuit fermé offrent des performances inégalées en plongée : autonomie exceptionnelle à toutes profondeurs, décompressions optimisées, respiration d’un gaz chaud et humide limitant le refroidissement et la déshydratation, silence, absence de bulles…

Ce programme d’expérience proposé par Abyss UWE Nice est conçu pour présenter aux plongeurs les concepts de base des recycleurs et fournir une première expérience à la plongée sans bulles en toute sécurité, encadrée par un instructeur.

Lien vers la page ABYSS UWE Nice sur Diving Away

Corse : les meilleures plongées de Galéria

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Texte et photos Patrick Désormais

 La Corse est l’un des meilleurs spots de plongée de France, avec des eaux cristallines et des paysages aussi accidentés au-dessous du niveau de la mer qu’au-dessus. Patrick Désormais a exploré les vallées sous-marines de Galéria et a été conquis par la visibilté exceptionnelle et le décor extraordinaire… 

Mer et montagne corse

Malgré mes années de plongées, c’était mon premier séjour en Corse. Un petit aperçu il y a quelques années avait été non représentatif de la plongée sur l’île pour cause de pluie ininterrompue, de mer déchainée et de mauvaise visibilité. Bref, un coup de malchance plutôt rare de l’avis de tous les habitués. Un premier séjour donc, dont j’attendais énormément d’après les récits d’autres plongeurs. Qu’en était-il exactement ? Le voyageur plongeur ayant tendance à embellir démesurément ses voyages pour se persuader qu’il a fait le bon choix et qu’il ne verra jamais mieux autre part.

Un paysage sous-marin très accidenté

D’abord un petit coup de gueule auprès des compagnies aériennes. Le plongeur est une vache à lait qu’il faut ponctionner dès qu’il a un petit kilo de trop, même si leurs balances ne sont pas fiables (différences de poids entre les différentes balances pèse-bagages) ou même si l’on a un accord de poids supplémentaire déjà payé auprès du voyagiste (discussion sans fin pour obtenir gain de cause). Sans m’étendre de trop, prenez le bateau et boycottez l’avion si vous voulez apporter plus d’un slip de bain pour vous vêtir.

Le village de Galéria. Au premier plan, de délicieuses arbouses

Le transfert entre Calvi et Galéria vous permettra brièvement de découvrir les paysages Corse. Mais pour une vision plus représentative de cette partie de l’île, je vous recommande de faire la visite de la réserve de Scandola en bateau. L’érosion a créé ici un travail d’orfèvre dans la sculpture des roches et ce sont de véritables dentelles minérales qui s’offrent à vos yeux. Le décor est impressionnant de beauté et les paysages sont magnifiques, vous verrez des falaises de granit rouge, des orgues de pierre, des arches. Cet ensemble correspond à un ancien volcan effondré et est classé Natura 2000. Cette réserve est aussi inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mostelle

Le club de l’Incantu fait partie des plus grosses structures de plongée de France. Sept bateaux avec une capacité de 120 plongeurs, du matériel en bon état et régulièrement renouvelé, des blocs bien gonflés, une organisation pro parfaite. Il faut associer à cela des logements simples mais fonctionnels avec de la place pour son matériel, une restauration à plat unique qui ne laisse personne sur sa faim. En résumé, une structure faite pour vous faire plonger et bien plonger, mais la taille d’un tel club aussi professionnel soit-il a un revers, c’est l’absence d’un côté familial, à leur décharge on ne peut pas gérer un tel flux de plongeurs et prendre le temps de discuter avec chacun.

Murène et sa crevette nettoyeuse

Et les fonds marins dans tout ça ? Ma première impression a été d’être déçu, les premiers mètres sont vraiment pelés, il est vrai que beaucoup de fonds méditerranéens sont à l’identique. Peut-être aussi en ce début de 21èmesiècle, les voyages étant beaucoup plus faciles (hors période covid…), nous faisons des comparaisons avec d’autres endroits dans le monde, notamment en Asie, où la vie foisonne dans quelques mètres d’eau. Heureusement les fonds corses ont d’autres atouts à nous offrir et ma déception s’est envolée après quelques plongées. D’abord la visibilité est exceptionnelle, 30 m de visi est une moyenne normale et l’on peut apprécier le décor sous-marin dans son ensemble. Le relief est extraordinaire, les roches sont torturées comme à l’extérieur. Les structures rocheuses de la réserve se poursuivent sous la surface, et vous nagez entre dentelles de roches, canyons et grottes où la faune abonde.

Poulpe commun

Pas de problème d’orientation avec une telle visibilité, vous pouvez nager ainsi au milieu des concrétions rocheuses pour explorer le territoire des sites sur une large surface, pas de palanquée à touche-touche qui se gêne pour les photos d’ambiance. Les premiers mètres étant essentiellement minéraux, la visi étant au rendez-vous, il est possible de descendre à 40 m, voir plus, sur la plupart des sites, histoire d’aller côtoyer quelques gorgones rouges ou axinelles jaunes pour ajouter de la couleur à vos clichés d’ambiance. Les sites étant quasiment tous près de la falaise, vos paliers se feront naturellement dans quelques mètres d’eau en terminant votre plongée. Attention tout de même, car une bonne visibilité fait facilement oublier la profondeur…

Méduse “œuf au plat”

Quelques sites à ne pas manquer :

  • Pori : Le site se trouve juste au nord de la réserve de Scandola, il est entre l’île de Pori et une roche à fleur d’eau. Pelé les premiers mètres, comme je l’ai dit précédemment, mais dans un décor minéral découpé à souhait, puis deux vallées séparées par une arête de roche descendent régulièrement jusqu’à 40 m puis plus doucement jusqu’à la limite de notre pratique. Dès la mise à l’eau, nous sommes au milieu des anthias qui virevoltent autour de nous, un peu plus bas ce sont les sars qui tournent autour des dentelles de roches, et plus bas vous croiserez quelques mérous craintifs. Plus vous descendez, plus vous rencontrez des axinelles jaunes, vers 30 m de belles nacres se dressent, cernées de posidonies. Le long de la deuxième vallée, vers 20 m, une grotte s’enfonce horizontalement dans la paroi sur une vingtaine de mètres, elle sert d’habitat à plusieurs mostelles et à un banc d’apogons. Le fond de sable héberge quelques belles cérianthes mauves. Cette vallée remonte sur les roches à fleur d’eau. Profitez-en pour aller voir quelques colonnes minérales recouvertes d’éponges orange et de parazoanthus. De retour en surface vous pourrez tirer le portrait de méduses œuf sur plat ou pélagies.
Galathée noire
  • Morsetta : Au nord du golfe de Galéria se situe une île entourée de trois sites de plongée. Le premier, entre la côte et l’île n’est pas très intéressant mais sert de mouillage abrité s’il y a du vent. Le second, en contournant l’île par le nord, nous amène dans un canyon encaissé qui est le repère d’innombrables bancs de poissons : corbs, sars, anthias, mérous nagent en banc ou seuls entre les blocs de roche. Sous ces blocs, mostelles, rascasses et murènes se partagent les cavités. J’ai rarement vu autant de poissons sur un site. Ce canyon descend assez rapidement et les 40 m sont rapidement atteints. La macro n’est pas en reste : les parois sont remplies de petites failles où crabes, galathées, bernard-l’hermite et crevettes pointent leur nez. Sur morsetta sud, un ensemble de failles profondes forment d’autres canyons un peu moins riches en poissons mais tout aussi passionnants en petites bêtes. Un petit surplomb de corail rouge vers 20 m, quelques limaces, des spirographes, des araignées et des gorgones rouges au fond présentent un vrai décor de Méditerranée. 
Pagure anachorète
  • Le tunnel : Comme son nom l’indique, un grand boyau d’une quarantaine de mètres s’enfonce dans la falaise qui borde la côte à une profondeur de 15 m. Cette cavité est très peuplée : rascasses, porcelaines, mostelles, apogons, pagures et ophiures colonisent ce lieu. Au fond, nous apercevons de loin d’innombrables paires d’yeux qui nous observent. En s’approchant, un tapis de crevettes peuple le fond de la caverne sous les yeux d’un immense congre débonnaire. Après un virage à droite, nous apercevons la sortie qui débouche sur une aire de posidonies. Un monde dans le noir que dévoile votre torche au fur et à mesure de votre progression.
Limace pélerine

La Corse, tout du moins à Galéria, nous montre donc de magnifiques plongées méditerranéennes. Toutes n’ont pas un niveau exceptionnel, certaines sont même décevantes, mais d’autres font parties des meilleures plongées que vous pourrez faire dans la grande bleue.

Lien vers le site de photos de Patrick Désormais : http://www.patrick-desormais.com/fr/patrick-desormais-photographe

Comment trouver le spot de plongée de ses rêves

Une plateforme de réservation en ligne pour votre prochain voyage-plongée… Choisir le meilleur spot, contrôler les tarifs, vérifier les disponibilités et réserver, le tout en quelques clics… Vous en réviez ? Sandrine, Alizée et Océane l’ont fait ! Présentation du tourisme subaquatique version 2.0 avec Diving Away.

Les vacances arrivent ; pour les retardataires, il est temps de trouver la destination-plongée idéale : belles plongée, centre bien équipé, encadrement compétent et surtout… Loin de la foule ! Deux solutions s’offrent au plongeur, selon son degré de débrouillardise : la première, la plus facile mais aussi la plus chère, est de s’adresser à une agence de voyage. L’inconvénient est de se retrouver sur des sentiers (ou des spots) archi-battus, au milieu de la foule de touristes… La deuxième solution, plus individuelle, consiste à faire le tour de tous les centres de plongée, des hébergements, des transports et de tout réserver en direct par soi-même. Solution plus personnalisée, mais relativement galère, au regard du temps passé à faire les recherches, sans garantie sur la véracité des infos.

Diving Away est la seule plateforme de réservation en ligne de type “lastminute”

Il existe une troisième solution, de loin la plus pratique : une plateforme de réservation en ligne. Là, plus besoin de vous casser la tête, vous trouvez tous les renseignements au même endroit. Il suffit de taper dans le moteur de recherche la destination choisie et la plateforme vous livre toutes les informations sur les centres de plongée du secteur, leurs prestations, leur équipement/encadrement, leurs tarifs… Mais aussi, les spots de plongée, l’environnement, la faune/flore, les épaves… Ce genre de plateforme de réservation existait déjà pour le tourisme hôtelier, il existe désormais pour la plongée sous-marine. Vous pouvez trouver le spot de vos rêves, vérifier en direct les disponibilités et réserver illico, en profitant des tarifs les plus attractifs.

La plongée, cela peut aussi être une affaire de famille…

Diving Away, la plateforme « familiale »

Nous avons rencontré l’équipe qui a récemment lancé la plateforme de réservation Diving Away, une plateforme qui met en relation directe les amoureux de la mer, plongeurs, apnéistes et snorkeleurs, avec les centres de plongée. En fait, c’est une affaire familiale, puisque le site internet ultra-performant a été créé par… une mère et ses deux filles, toutes trois professionnelles et passionnées de plongée !

Invitation au voyage…

L’objectif du trio féminin était alors de guider toutes personnes, novices ou expertes, souhaitant savoir quand et où plonger suivant la saisonnalité des espèces marines, la meilleure période pour découvrir les zones de plongée, et les plus belles épaves du monde. L’équipe a également souhaité mettre à l’honneur toutes les formes de plongée : le snorkeling, l’apnée, la plongée scaphandre ainsi que la plongée tek, trop souvent délaissée. Mais trouver le meilleur centre de plongée dépend également du profil du plongeur, en famille, en groupe, ou en individuel. De la recherche d’une espèce marine spécifique, une formation, un safari ou un séjour dans un « resort » de plongée, il a été ajouté des filtres de recherche pour que chaque plongeur puisse vivre l’aventure sous-marine qui lui convient.

Plongeuses, mère et filles, un trio de choc

On ne présente plus Sandrine Kolau, la globe-plongeuse auteur des fameux topoguides de plongée, parus il y a quelques années, décrivant les destinations mondiales, avec pour chaque destination une description détaillée richement illustrée de croquis et de photos, de chaque site de plongée. Sandrine Kolau est à l’origine de la création de la plateforme Diving Away. 

Sandrine Kolau, monitrice de plongée, créatrice de la plateforme de réservation Diving Away

Passionnée par la plongée sous-marine et la nage avec palmes depuis plus de 30 ans, elle a passé ses Brevets d’Etat français à Antibes et d’Instructeur PADI à Cannes. Très vite, Sandrine a décidé de vivre de sa passion de la mer et des voyages. Pendant 10 ans elle a géré un centre de plongée sur le Cap d’Antibes, puis a travaillé pour Le Routard et Le Petit Futé en tant que pigiste, chargée de repérer des centres de plongée et des hébergements adaptés à la clientèle francophone dans la zone Caraïbes, la Nouvelle Calédonie, l’Egypte, la Jordanie et Israël. Un coup de cœur l’a amenée dans l’un des meilleurs spots de plongée au monde, l’Egypte. Responsable des croisières de plongée de Dune à Safaga, elle a été chargée de la logistique et des réservations pendant 5 belles années. Les graines semées tout au long de son parcours ont fait germer l’idée de Diving Away. De la réflexion à la mise en ligne de la plateforme, Sandrine s’est attachée à fournir l’outil adapté pour les plongeurs et les professionnels du milieu. 

Alizée Kolau, Divemaster, apporte son expertise en hôtellerie et en gestion de plateforme

Sandrine est accompagnée dans cette entreprise par ses deux filles. Alisée, l’ainée, Plongeuse depuis son plus jeune âge (avec une telle mère, c’était tout naturel !), amoureuse de la nature et des grands espaces ; épauler sa mère dans l’aventure Diving Away fût une évidence. Alisée a passé son divemaster en Egypte et a eu la chance de tremper ses palmes dans les eaux indonésiennes, malgaches et méditerranéennes. De formation supérieure en hôtellerie, appliquer son expertise hôtelière concernant les plateformes de réservation, la gestion financière et le marketing, est venu spontanément. 

Océane Kolau, Instructeur PADI, experte en outils et création numériques

Océane, la cadette tout aussi entreprenante, a soufflé ses premières bulles au Cap d’Antibes sur le double détendeur de sa mère. Certifiée Divemaster au Mexique et Instructeur PADI en Thaïlande, Océane poursuit ses études supérieures et se spécialise progressivement dans le numérique. Elle a donc rejoint naturellement l’aventure familiale, de la création jusqu’à la mise en ligne de Diving Away, avec en tête, le souci constant de l’expérience utilisateur et du référencement.

En fait, une plateforme qui, à l’opposé des organismes « mainstream », se distingue par ce triple avantage d’être une structure familiale, féminine et réellement plongeuse…

Vue d’une fenêtre donnant tous les renseignements sur un centre de plongée, avec possibilité de vérifier les disponibilités et de réserver en ligne

Comment utiliser la plateforme

La plateforme Diving Away présente pas moins de 36 pays, 209 zones de plongée, 367 centres de plongée, 337 épaves recensées, 416 formations de plongées expliquées, 40 organismes de plongée, 800 cartes de sites de plongées à télécharger, 1000 photos de faune, d’épaves, de pays, de zones de plongée… La France n’est pas en reste (ainsi que l’Europe en général), ce qui distingue une nouvelle fois la structure des voyagistes qui eux, portent le principal de leurs activités vers l’étranger. En ces temps de pandémie et de restrictions de circulation internationale, il est bon de pouvoir trouver une destinations française (ou espagnole, portugaise, italienne…), proche, n’ayant aucune difficulté d’accès, sanitairement sûre et présentant toutes les garanties de vacances réussies.

Un moteur de recherche pour répondre à toutes les demandes

Diving Away est présenté en anglais et en français, avec des centres présents dans 36 pays, accessibles à la communauté des amoureux de la mer, de toutes les nationalités. Le site a été créé pour que les infos qui se donnent entre plongeurs, apnéistes et snorkelers en rentrant d’une sortie en mer, sur le coin d’une table, entre deux bières, soient accessibles au plus grand nombre. 

Les promos ont aussi leur page

Pour effectuer une recherche sur la plateforme, sur la page d’accueil on trouve quatre possibilités : 

  • Les destinations, par continents puis par pays ; 
  • Les thématiques, qui comprennent les promos, l’exploration, l’apnée, la rando palmée, les formations, les prestations pour les groupes, les familles, les handicapés, la photo ou encore le teck ;
  • Les espèces marines avec un moteur de recherche par noms, espèces, habitat, type ;
  • Les épaves, avec là aussi un moteur de recherche par noms, types, pays…
Les recherches peuvent se faire par thème d’intérêt

Si l’on choisit une destination, ce qui est le plus souvent le cas dans les recherches, on obtient d’abord des renseignements sur la région (tourisme, hébergement, activités, météo), puis en scrollant on arrive sur la liste des centres de plongée.

Des renseignements touristiques et hôteliers complètent les recherches

Pour chaque centre on trouve une présentation détaillée, puis tous les renseignements concernant l’exploration, les formations, le snorkeling, le matériel ainsi que les gaz proposés, l’encadrement, les hôtels disponibles ainsi que les transferts, et aussi un assemblage de cartes des sites de plongée.

La faune locale est décrite de façon détaillée

Sur la présentation du centre, les différentes thématiques proposées sont indiquées par des logos, ainsi que la météo et les fourchettes de tarifs. À côté de ceux-ci, le bouton de réservation permet d’atteindre le tableau des prestations.

Des logos représentent les prestations possibles dans chaque centre de plongée

Nombre de plongées, encadrement, matériel fourni sont présentés ainsi que la tarif de chaque prestation. En cliquant sur une prestation, une nouvelle fenêtre offre un récapitulatif de tous les éléments compris dans la prestation, de façon à effectuer une réservation en connaissance de toutes les indications nécessaires pour que le client obtienne entière satisfaction. 

Les prestations et leurs prix sont clairement indiqués et donnent accès immédiatement à la réservation

L’avantage d’un tel service, c’est que pendant que l’on fait la recherche du prestataire idéal, on obtient immédiatement en ligne les tarifs et les disponibilités, de façon à pouvoir réserver immédiatement.

Le voyage-plongée nouvelle génération

Avec l’évolution du tourisme et le développement d’internet, depuis quelques années, les voyagistes ont vu leur activité baisser progressivement. Sur le web, les internautes ont pris l’habitude d’effectuer leurs recherches eux-même, mais trouver le centre de plongée idéal demande beaucoup de temps, tellement la toile est encombrée, entre les infos et les intox. L’arrivée sur le marché du voyage-plongée d’une plateforme de réservation en ligne telle que Diving Away représente une réelle avancée et certainement, si l’on en juge par le succès de ses homologues dans le tourisme classique, une évolution vers le futur du voyage subaquatique, version 2.0 !

Renseignements : https://divingaway.com

Avec la plateforme de réservation en ligne Diving Away, gagnez une plongée gratuite au Plongée Club de Cannes

Une plongée gratuite, ça vous dit ? En réservant une prestation plongée via la plateforme de réservation en ligne Diving Away, au Plongée Club de Cannes (06), vous pourrez avoir la chance de gagner une plongée gratuite sur la prestation que vous aurez réservée.

— MISE À JOUR : LA PLONGÉE GRATUITE A ÉTÉ GAGNÉE CE JEUDI 24 JUIN 2021. LE CONCOURS EST DONC CLOS MAIS LES RÉSERVATIONS RESTENT OUVERTES.—

Pour gagner, dépêchez-vous ! il faut réserver votre prestation plongée au Plongée Club de Cannes SUR la plateforme de réservation Diving Away, AVANT DIMANCHE SOIR, 27 juin 2021 à minuit !

Deuxième condition, cette plongée gratuite sera offerte à LA PREMIÈRE RÉSERVATION faite sur le site pour une prestation plongée chez le prestataire indiqué.

Le Plongée Club de Cannes est situé sur le Vieux Port de Cannes, sur le quai Saint Pierre, non loin du Palais du Festival éponyme. A bord du Sylpa, bateau de 43 plongeurs, vous pourrez explorer les sites extraordinaires de la baie de Cannes et de la baie de Juan-les-Pins, ainsi que les îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, sans oublier la mythique Fourmigue, qui abrite une statue immergée du Commandant Le Prieur…

Fred et Véro, les patrons du Plongée Club de Cannes, offriront cette plongée gratuite à la première réservation passée via Diving Away. Alors dépêchez-vous !!! (L’image en titre est à but purement illustratif et n’a pas de valeur contractuelle)

Comment réserver : 

https://divingaway.com/fr/centres-de-plongee-2362/Plong%C3%A9e%20Club%20de%20Cannes

Renseignements https://divingaway.com

Le 23ème Salon de la Plongée est officiellement reporté

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C’est ce samedi 14 novembre que la décision a été prise officiellement, après de longues négociations avec la direction du Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, au terme desquelles un accord a enfin été trouvé pour reporter la 23e édition du Salon International de la Plongée Sous-Marine à une date ultérieure en 2021, date qui n’est pas encore fixée.

L’accord a été obtenu à l’arrache par Hélène de Tayrac, présidente du Salon International de la Plongée Sous-Marine, face à une direction du Parc des Expositions intraitable, qui est connue pour être particulièrement dure en affaires… Mais la blonde plongeuse ne s’en est point laissée compter et a défendu bec et griffes les conditions de report qui soient les mieux adaptées aux intérêts des plongeurs.

Pour des raisons contractuelles, il n’était pas possible à Hélène de Tayrac d’annoncer un éventuel report tant que les négociations avec le Parc des Expositions n’avaient pas abouti à un quelconque accord. Ce retard a été mis à profit par des personnes du milieu professionnel qui ont cru bon d’annoncer haut et fort sur les réseaux sociaux une annulation avant l’heure, au risque de perturber les négociations qui se déroulaient et qui n’étaient pas encore finalisées. Tout rentre donc dans l’ordre dorénavant, la présente annonce étant, elle, parfaitement officielle, comme le montre le communiqué reçu aujourd’hui même de la direction du Salon de la Plongée.

Le Salon 2020. Pour répondre à l’état d’urgence sanitaire voté par le Parlement, il est désormais impossible d’organiser le moindre événement jusqu’à nouvel ordre…

Communiqué du Salon International de la Plongée Sous-Marine, le 14 novembre 2020 :

” La situation actuelle étant particulièrement complexe, c’est avec soulagement que nous venons d’obtenir un accord avec le Parc des Expositions de la Porte de Versailles pour reporter la 23ème édition du Salon International de la Plongée Sous-Marine, qui devait se tenir du 8 au 11 janvier 2021, à Paris.

Si les dernières directives gouvernementales ne précisent pas encore les consignes sanitaires de l’année prochaine, ce compromis est un premier pas qui nous permet de décaler l’évènement à une date ultérieure en 2021.

Naturellement, nous avons parfaitement conscience que dans nos négociations, il nous faudra à la fois tenir compte du calendrier global et respecter la haute saison pour la plongée sous-marine.

Depuis plus de six mois, nous avons travaillé d’arrache-pied pour que ce rendez-vous, si convivial, puisse se tenir. Nous avons investi pour la mise en place de mesures sanitaires et pour assurer le respect de toutes les normes exigées pour un Salon protecteur de la santé de tous.

Hélène de Tayrac, présidente du Salon International de la Plongée Sous-Marine et Jean-Louis Blanchard, Président de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins

De nombreux exposants et visiteurs comptent sur le Salon pour se retrouver après cette longue période difficile et rien ne peut remplacer un salon en présentiel.

Nous allons faire face ensemble. Dans cette crise sans précédent, et parce que la plongée sous-marine suscite toujours autant de passion, nous devons être solidaires.

Nous souhaitons, plus que jamais, continuer notre engagement à vos côtés : nous sommes bien décidés à poursuivre nos actions de promotion de la plongée, nos différents concours et  à faire vivre la plongée sous-marine, sous toutes ses formes.

Soyez assurés que nous restons mobilisés pour maintenir un évènement à la hauteur de vos attentes. Nous suivons avec attention l’évolution de la crise sanitaire et nous prendrons les dispositions nécessaires, dans le respect des mesures prises par le gouvernement dans la lutte contre la Covid-19 et de leur évolution.

Nous vous remercions sincèrement, chers partenaires, chers exposants et chers participants, de votre soutien et confiance dans cette période incertaine.

Prenez soin de vous et de vos proches.

Hélène de Tayrac-Sénik, Présidente

La jolie sirène du Salon vous donne rendez-vous dans quelques mois… Encore un peu de patience pour profiter de cette grande fête de la plongée française !

Gageons que la 23e édition du Salon sera, malgré les circonstances particulières, un grand moment de retrouvailles pour tous les plongeurs et les professionnels du monde sous-marins. De grands événements sont d’ores et déjà prêts et viendront créer une ambiance de fête durant tout le week-end de ce prochain rendez-vous.

Les renseignements complémentaires, notamment la date du Salon, seront communiqués dès qu’ils seront fixés par la direction du Salon, et bien sûr, relayés immédiatement par votre web-magazine préféré : Plongée Infos !

Renseignements : https://www.salon-de-la-plongee.com/fr/accueil.html

Photos : Salon de la Plongée

Jean-Pierre Joncheray, hommage à une figure emblématique de la plongée

Texte : Marc Langleur – Photos : Marc langleur, Philippe Rousseau, Jean Toulet, Chris Brandon, Arevpam. 

Jean-Pierre Joncheray, un pionnier, une figure emblématique du monde de la plongée… Et même encore plus, tellement il a fait pour le monde des passionnés d’histoire et d’archéologie sous-marine. Car il a été à l’origine du développement de cette discipline, ainsi que de nombreuses vocations, notamment grâce à la publication de ses fameux “Cahiers d’Archéologie Sous-marine”. Jean-Pierre s’en est allé vers d’autres horizons, ce mercredi 28 octobre 2020. Nous avons choisi, pour lui rendre un dernier hommage, de republier ce portrait initialement paru dans le magazine OCTOPUS en 2017, à l’occasion de ses 75 ans, sous la plume de Marc Langleur…

Jean-Pierre Joncheray a fêté ses 75 ans en 2017. Pour cette occasion je m’étais donné comme objectif de dresser le portrait de ce plongeur, devenu ami lors d’une recherche d’identification d’épave, mais comment relater la carrière de cet homme qui est l’un des pionniers de la plongée, pionnier de l’archéologie, inventeur d’épaves (terme officiel), infatigable explorateur, à la poursuite non pas de diamants, mais d’histoires et d’Histoire (avec un grand “H”. Comment vous expliquer que lorsqu’il a découvert le sous-marin “Alose”, il a persuadé Henri-Germain Delauze, le défunt Pdg de Comex, de remonter l’épave ! L’ “Alose” est aujourd’hui déclaré monument historique…Et bien c’est ce que je vais tenter de faire le plus simplement possible.

JP à la barre de l’archéonaute dans sa jeunesse à l’andré malraux (toujours aussi jeune…)

Jp, dit Jip pour les intimes, est né au mois de juin 1941 à Souk-Ahras, dans l’Est Algérien, il fait ses premières bulles en novembre 1960 sur le bateau d’un certain Georges Beuchat… Equipé d’un détendeur CG45 et d’un masque Squale, c’est une révélation pour Jean-Pierre. Par la suite arrivèrent  les détendeurs  “Mistral” dont il ne lâchera plus jamais l’embout pour les milliers de plongées qu’il a effectuées durant toute sa carrière. “Le meilleur détendeur du monde” s’évertue t’il a répéter sans cesse.

Il a commencé ses études à Alger et, convaincu que la pharmacie menait à tout si l’on s’en éloignait un peu, est devenu biologiste à Frejus. Encore étudiant, il achète alors son premier bateau, une chaloupe de 3m, équipée d’un moteur Evinrude de 3cv qui tombait en panne régulièrement. Ce bateau fut naturellement baptisé “Pilule”. Il découvre avec ce fier navire sa première amphore à l’ile Moyade, près de Riou. Il confie ses trouvailles à Fernand Benoit, Directeur des Antiquités de Marseille de l’époque, qui gardait les pièces rares et laissait le reste à Jean-Pierre, pratique courante à l’époque.

Jp a, par la suite, eu d’autres petits navires (Pilule 2, puis 3,…) pour organiser ses opérations archéologiques : épave Dramont D, plus connue sous le nom “d’épave des pelvis”, Tradelière, Bataiguier, Chrétienne C… 

Agay 1998

Il  déclare ses premières épaves (Dramont F) dès le début des années 70. En 1971, il édite la toute première classification des Amphores, le tirage est de 15 000 exemplaires. Depuis, cette classification a été rééditée trois fois, dont la dernière mouture date de 2013.

En 1972 il édite les “Cahiers d’Archéologie Subaquatique”, dont il est le directeur de publication. Ces cahiers ont une renommée internationale, et sont pris pour exemples par les plus hautes autorités. Ces cahiers sont toujours édités, le n°22 est sorti en 2014.

Une autre aventure démarre alors, c’est celle de la découverte par Jp en 1975, du sous-marin “Alose”.

Ce sous-marin, de classe Naïade, lancé en 1904, coulé en 1917 (il avait servi de cible) avait disparu des souvenirs. Lors d’un sondage “au hasard”, un écho apparait au sondeur au large du Lion de Mer (St Raphaël). Une plongée s’en suit et les plongeurs accompagnant Jp ont la surprise de découvrir le sous-marin planté à la verticale dans la vase par 50 m de fond, l’étrave pointant vers la surface. L’identification se fera rapidement car une plaque en bronze recouverte de concrétions, porte le nom Alose. Le Pdg de la Comex s’intéresse à la découverte et propose de devenir le mécène de Jp pour le renflouement, ce qui est chose faite en 1977. Depuis la coque est exposée dans la cour extérieure de la Comex et a été classée monument historique par un arrêté de 2008. Cette incroyable aventure est relatée dans un des livres de Jp : “L’aventure du sous-marin Alose”.

JP en compagnie de Marc Langleur, auteur de cet article

Ce n’est évidemment qu’une étape dans l’incroyable parcours de ce plongeur qui a découvert au moins 25 épaves antiques, et deux à 3 fois plus d’épaves dites “modernes”. 

Les trouver c’est une chose, mais les étudier en est une autre et c’est ce qui l’attire beaucoup plus. En effet, passé l’excitation et la montée d’adrénaline que procure toute découverte d’épave “vierge”, il va s’investir dans des recherches longues et minutieuses afin de percer leurs mystères, de découvrir l’origine ou la cause du naufrage, qui était le constructeur, la destination, bref, tout ce qui constitue l’historique du navire. Un travail de grande patience qui va également aboutir à la publication de la “bible” des épaves que beaucoup de plongeurs possèdent dans leurs bibliothèque, il s’agit du coffret “Naufrages en Provence” (édité à 4000 exemplaires…).

Le livre est un moyen de partager sa passion, et ses connaissances, sans restriction. Il écrit également des articles pour toutes les revues de plongée existant ou ayant existé.

JP sur une épave. Non, ce n’est pas un recycleur, ce sont les tuyaux de son vieux Mistral…

Même s’il n’aime pas trop les voyages, rien ne l’arrête lorsqu’il s’agit d’explorer une épave, la preuve en est par une de ses dernières expéditions avec son épouse, Anne, en Islande, à la recherche du “Pourquoi pas” de l’explorateur Jean Charcot, disparu en 1936. Ais-je besoin de préciser qu’ils ont retrouvé l’épave ? Dans une eau à 6°, Jp l’a trouvée juste un peu fraiche… et sans gants…

Sa dernière découverte date de 2012, c’est celle du “Alain” par 75m de fond, et c’est à l’occasion d’un tournage pour Tf1 que nous avons fait réellement connaissance. Nous sommes partis ensemble explorer les épaves de Scapa Flow en Ecosse, par la suite. J’ai pu apprécier la réelle convivialité de cet homme qui a un savoir extraordinaire, qui a toujours plaisir à raconter une anecdote ou une histoire invraisemblable et pourtant réelle, qui a côtoyé tellement de plongeurs connus ou moins connus du grand public qu’il serait impossible de les énumérer ici.

Jean-Pierre, moniteur fédéral, scaphandrier classe 2B, dirigeait encore régulièrement des chantiers de fouilles.

Je vais laisser la parole à quelques uns de ses amis , qui ont eu l’occasion de travailler avec lui sur des chantiers de fouilles, ou lors d’explorations. Je vais commencer par un des ses amis intimes, qui lui répare et révise ses détendeurs “Mistral”, puisqu’il  ne plonge qu’avec ça, et lorsque ceux-ci arrivent en bout de course. Il s’agit de Philipe Rousseau, qui a écrit une lettre a Jean-Pierre, en lui faisant un compte-rendu des opérations effectuées sur un de ses détendeurs :

« J’ai démonté ton Mistral cet après-midi (non sans mal vu que tout est oxydé et quasiment soudé par l’oxydation).

Tu as le record du monde du Mistral le plus pourri que j’ai vu à ce jour, et j’en ai réparé des wagons !

JP (à droite) en compagnie de Philippe Rousseau (au centre) et Maurice Fenzy (à gauche)

Comment pouvait-il encore fonctionner ? Le porte-clapet était bloqué, le pointeau était bloqué, etc…

Il avait dû être monté sur une bouteille et l’ensemble avait dû tomber par terre : le demi-boitier arrière de chambre sèche était enfoncé et déformé de près d’un centimètre ! J’ai donc d’abord été obligé de jouer au carrossier pour détordre et redonner une forme correcte à ce demi-boitier arrière…

Toutes les pièces baignent actuellement dans une solution de désoxydation.

Je pense arriver à te le sauver et à te le remettre en état de plonger, mais c’est parce que la « clinique Rousseau » est spécialisée dans les cas désespérés.  

Qu’est-ce que ça te coûterait de rincer ton matériel à l’eau douce au moins une fois par mois, et avant les longues périodes de stockage ? »

Malgré ls progrès technologiques, Jean-Pierre Joncheray gardait sa préférence pour le bon vieux détendeur Mistral…

Un autre ami, Francis Le Guen, rencontre Jean-Pierre dans les années 90 :

“Ayant entrepris pour l’agence SYGMA un reportage sur les épaves du débarquement en Provence, nous avions pris contact avec Jean-Pierre Joncheray, qui faisait déjà autorité dans le domaine… Et qui dirigeait par ailleurs un cabinet d’analyses médicales à Fréjus. On plongeait donc pendant la pose de midi et, sur son bateau, Jean-Pierre enfilait son étanche directement par dessus sa blouse blanche.

Une combinaison étanche “customisée”…

Aujourd’hui, direction le Cap Camarat. L’épave d’un Stuka, renversé sur un tombant, dans les 70m… JP Joncheray consulte son cahier d’enseignures, rond à force d’être rempli de ses griffonnages. De quoi rendre plus d’un chasseur d’épaves jaloux. Mais, en pleine mer, un avion, ce n’est pas gros, d’autant qu’une brume légère estompe la côte… L’œil au sondeur, Joncheray crie soudain :

– Le zizi, envoie le zizi !

Et je jette aussitôt le plomb (effectivement en forme de…) relié au filin enroulé autour d’un bloc de polystyrène. 


Descente interminable le long du fil guide, dans une eau qui noircit. Trouver un avion ? Allons donc !

Mes pensées sont légèrement confuses : l’ivresse me gagne. Soudain, il est là. Intact, posé en bordure d’un petit tombant et comme prêt à décoller. Le “zizi” planté en plein cœur ! 

Un Stuka de la Luftwaffe comme en témoignent ses ailes caractéristiques. Nous planons vers l’arrière, à la recherche de la queue. Nous en trouvons huit… de langoustes ! L’arrière de la cabine, sectionnée, sert de refuge aux crustacés dont les antennes se confondent avec les fils électriques et les tubulures concrétionnées.

Autre plongée sur le Consolited Liberator B24 G, dont les restes reposent au pied de l’Esterel, à quarante mètres de profondeur. Avec son masque en Panavision, son détendeur de Mistralopithèque, sa combinaison étanche de Du Guesclin balafrée par d’autres combats, ses vieilles Jetfins, Jean-Pierre disparaît dans un nuage de sédiments. Il s’adonne à son vice : il fouille !

Seul le couinement du détendeur archaïque nous rassure sur son état de santé. Partout de longues balles de mitrailleuses 12,7mm s’étalent, encore dans leurs chargeurs en bandes. C’est alors qu’avec un flegme presque britannique, Jean-Pierre pense qu’il est bon de nous signaler qu’il vient de crever son tympan droit ! Pas d’erreur de plongée mais simplement une fragilisation due à ses descentes journalières et en toutes saisons. Malgré la douleur, sans doute vive, il fouille de nouveau ! La remontée, on verra plus tard.

JP remonte des munitions

Pas une raison en tout cas pour renoncer au rituel de la décompression médicalement assistée : une large rasade de vieil Armagnac, injectée directement dans la bouche grâce à une grosse seringue à silicone…”

Nicolas Ponzone, qui a participé à quelques campagnes de fouilles témoigne:

“C’est lors d’un sondage, l’épave de la Tour Fondue, que j’ai rencontré J-P et très vite, j’ai plongé avec lui assidûment. A l’époque depuis son Pilule, j’ai attrapé le virus de la recherche archéologique et de la recherche d’épaves. Il m’a beaucoup appris.

JP,  toujours avec son étanche et son Mistral, un personnage authentique, avec du caractère et grand cœur, un personnage ! Un érudit, un cuisinier, un passionné, un collectionneur… un ami. C’est un personnage ! “

JP présente son livre “90 épaves à Marseille”

Gérard Loridon, ancien scaphandrier professionnel :

« Mon ami Jipé »

“Nous nous sommes connus sur une demande que m’avait fait mon ancien Pacha et ami Philippe Tailliez qui m’avait écrit « il faut que tu rencontres Jean Pierre Joncheray qui veut te connaître et te parler d’épaves ». Ce qui fut fait quelque temps après, alors que j’étais dans notre cabanon en Corse à Pianotolli-Caldarello.

Et là des épaves on en a parlé, et des amphores, et des plongées…

Et depuis cela n’a jamais cessé et il n’y a pas si longtemps, alors que j’étais dans mon mazet cévenol, où on échangeait au téléphone quelques sujets, idées et souvenirs.

Et ce diable d’homme capable de s’adapter à bien des situations en dehors de la plongée, je l’ai invité dans nos Cévennes un 31 décembre, où dans la journée je l’ai fait monter avec Anne, sac au dos, une piste un enneigée pour aller griller des andouillettes au sommet de la colline en plein le soleil.

Le soir nous avons vécu un réveillon au coin du feu… mémorable.

Jipé, j’ai encore des questions en cours sur l’une de ses 50 épaves, on va se voir cet hiver. 

Et je promet de ne pas lui poser des questions insidieuses sur le trésor de Rommel lors de sa prochaine conférence. Encore que…” (Rappelons que ce texte a été écrit en 2017 – NDLR)

Grand amateur d’Histoire, JP était aussi un collectionneur averti

et pour finir, le témoignage de Philippe Castellano :

” La remontée du Ju 87 Stuka de La Moutte, à Saint-Tropez, en juin 1989. Après les premiers travaux de « déblaiement » au fond, Jean-Pierre gonfle “à mort” le parachute de plus de 2 tonnes de poussée. D’un coup, le Ju 87 remue puis décolle comme une fusée et arrive intact en surface, se balançant tranquillement comme un pendule sous le parachute. Imaginez la frayeur des plongeurs que nous étions en sécurité-surface, de voir arriver du fond et en trombe une telle masse… Pffffff….” 

L’avion est aujourd’hui exposé dans un musée en Allemagne. 

Sera suivi le travail d’étude du P-38 de La Ciotat, et de bien d’autres épaves d’avions encore… 

JP donnait souvent des conférences pour présenter ses ouvrages et… son fameux mistral !

Sacré Jean-Pierre, j’en passe, il y en a tellement à raconter…

Une chose est par contre certaine à mes yeux, s’il y a un “Monsieur Plongée” en France, voire même… Ailleurs dans le monde, c’est bien toi, Jean-Pierre, en sachant que tu as effectué tout cela en amateur, avec une passion hors du commun, tout en travaillant bien après l’âge légal d’ailleurs (belle leçon de vie !).

Chapeau bas Jean-Pierre, ta rencontre a changé beaucoup de choses dans ma vie de plongeur, et aussi de tous les jours, que tu en sois grandement remercié, en tout cas, on s’est vraiment amusés durant toutes ces années de farfouilles et d’échanges, ce qui est en finalité le principal dans une vie, non ?

Jean-Pierre Joncheray laissera toujours un souvenir impérissable à ceux qui l’ont rencontré…

Alors, je te dit simplement « à plouf »…, en sachant que tu risques de plus, de battre des records, tant par le nombre de plongées effectuées à ce jour (incomptable…) que dans la durée de cette longue vie d’homo-palmus  !

Donc, Jean-Pierre Joncheray a tiré sa révérence ce mercredi 28 octobre 2020, après 79 années d’une vie particulièrement bien remplie.

Les gens qu’on aime, on les croit immortels. Pour beaucoup c’était un ami, une inspiration, pour d’autres un mentor. Une chose est certaine, quand on rencontrait JP, il y avait quelque part en soi, quelque chose qui changeait et tous ceux qui ont croisé sa route en ont gardé un souvenir impérissable. Il nous a tant apporté, ses connaissances sur le monde des épaves étaient inépuisables, les fiestas chez lui, mémorables…

Un homme au caractère bien trempé. Tu me manques déjà, JP…

Nos pensées vont tout naturellement à ses enfants et à Anne, son épouse.

 

Confinement d’un plongeur souterrain

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Texte Vincent Rouquette Cathala – Photos terrestres : karla Ortega/Gran Acuifero Maya – Photos subaquatiques : Marcelin Nebenhaus

Comment un plongeur souterrain vit-il l’isolement et les émotions liées à ces explorations extrêmes ? Vincent Rouquette Cathala, explorateur des cénotes mexicains du Yucatan, se confie…

Cela faisait longtemps que je pensais écrire une série de textes, touchant à des sujets personnels voire intimes, en relation avec ce que je recherche et ce que je trouve dans ma pratique de la plongée technique et souterraine, plus particulièrement lors des plongées d’exploration. 

Même entouré des personnes nécessaires à un projet d’exploration, l’isolement est avant tout un exercice de discipline mentale.

À contrepied des articles techniques, des destinations de voyages et des équipements clinquants, nous avons tous au fond de nous de profondes raisons de nous immerger : tout plongeur entretient j’en suis sûr, un jardin secret rempli d’émotions, de sentiments et de réfections personnelles, alimenté et motivé par cette activité unique.

Je n’aurais pas la prétention de voir en mes états d’âme des vérités universelles, puisque ce ne sont finalement que mes vérités personnelles, le noyau dur de mes pensées lors d’une exploration. Je ne parlerai ni de technique, ni de distance, ni de profondeur, mais essaierai humblement de donner forme à un mélange complexe d’idées, de ressentis et d’émotions vécues au fil d’années d’expérience.

Voici donc le premier texte de cette série hors des sentiers battus, intitulé « confinement ».

Par ces temps étranges, assis derrière l’écran de mon ordinateur, je ne pouvais évidemment pas aller bien loin. Seuls mes doigts pianotaient au hasard dans l’espoir de faire jaillir une inspiration qui semblait elle aussi confinée.

Mon esprit en revanche, n’avait aucun mal à flotter, isolé lui aussi mais heureux, dans une des nombreuses grottes ou il m’arriva un jour de laisser un bout de moi-même.

La nature révèle souvent ses secrets à qui prends le temps d’observer et de l’écouter.

Isolement, confinement, solitude, sont autant de termes généralement chargés de connotations négatives telles que la frustration, l’ennui, l’incapacité à se développer ou même à s’exprimer.

J’imagine donc ne pas avoir besoin de vous expliquer pourquoi l’isolement social obligatoire, destiné à ralentir une pandémie, entrave les déplacements, les projets et les rêves, lourd à traîner comme une chaîne invisible aux chevilles, plus encore pour qui, comme moi, passe le plus clair de son temps en contact direct avec la forêt et la nature.

C’est de cette expérience de mon propre isolement physique et mental lors de mes plongées d’exploration, de cet isolement formateur et libérateur tant recherché dont j’ai envie de vous parler, ou de comment conquérir sa propre liberté par le confinement volontaire.

Ce processus d’isolement très personnel débute lorsque je m’endors :  C’est toujours là que reviennent me hanter les vieilles obsessions exploratrices, les mêmes questions récurrentes : La grotte continue-t-elle ? Sera-t-elle plus profonde, va-t-elle se connecter ? 

Répondre à ces questions et apprendre quelque chose de plus sur la planète devient alors un nouvel objectif de vie, qui ne disparaîtra pas jusqu’à avoir obtenu des réponses. Le signal est donné ! Le signal qu’il est temps pour moi d’aller explorer, de m’isoler pour trouver mes réponses.

Confiné, caché au sein de la roche et de la planète, mes vérités se révèlent.

Les contacts humains et le travail d’équipe sont paradoxalement des préalables logistiques à mes retraites minérales, des matériaux nécessaires et volontaires, car c’est de briques humaines que se construit l’édifice d’un projet d’exploration (Des personnages trop souvent négligés, auxquels j’ai rendu un hommage dans un article intitulé « hommage aux héros de l’ombre »).

Comme une pyramide dont la base large de contacts, de rumeurs, de pistes à déchiffrer avec ou sans succès, permet à chacune de ses arrêtes de converger en un tout unique et homogène, au point que représente la véritable raison d’être de la pyramide : son sommet. La plongée de pointe est quant à elle le sommet du processus exploratoire.

Au fur et à mesure que le temps et l’espace convergent vers la date et l’endroit de ma prochaine aventure aquatico-souterraine, je me force à opérer une transition psychologique entre les milieux terrestres et souterrains. La concentration augmente.

M’exprimant de moins en moins, limitant les contacts au minimum, je me replie alors dans ma bulle (sans jeux de mots) et me force à visualiser les facteurs connus de la plongée, lorsqu’il y en a : mise à l’eau et ses spécificités, aspects techniques du trajet jusqu’au point où commence l’inconnu. 

Une sorte d’hypnose consciente s’installe et le film se déroulant en pensées est alors bien différent de ce que voient mes yeux, une grande partie de moi-même est déjà partie. Cette étape est absolument nécessaire à ma concentration.

Les efforts nécessaires à l’approche des sites font partie du processus d’isolement.

Trajet initiatique, début de l’isolement.

Bien que ce ne soit pas toujours le cas, il arrive souvent que les marches d’approche des sites convoités soient longues et exténuantes. Humidité à 100 %, insectes, charges lourdes à porter ne sont que quelques exemples parmi d’autres, des difficultés à surmonter pour qui désire dompter la jungle mexicaine. J’ai fréquemment constaté avec curiosité, que même ces souffrances et leur répétitivité, qui seraient agaçantes voire insupportables dans de nombreuses situations de la vie quotidienne, deviennent à leur tour des éléments sur lesquels fixer mon attention, facilitant encore la concentration de toutes les ressources mentales vers un unique objectif.

La douleur se convertit alors en un exercice de résistance, une transe permettant de calmer l’impatience, un rite initiatique en fin duquel s’offre la cavité à découvrir.

En éveil total, mes sens sont alors décuplés et totalement focalisés sur l’objectif principal : trouver des grottes vierges et immergées. Les parfums sont plus intenses, les couleurs plus vives et les espoirs plus frétillants, à mesure que se rapproche l’objet de ma convoitise. Une zone plus humide, un bosquet plus vert et plus haut sont autant de promesses et d’indices de paysages millénaires jamais dévoilés. Il ne dépend que de moi de m’imprégner de mon environnement et de déchiffrer les indices semés par la nature, en espérant en résoudre l’énigme.

Le bruit du vent dans les arbres et l’absence de sons humains sont alors des atouts majeurs de l’analyse de ce qui m’entoure. Isolé dans mes pensées et sous le couvert des arbres, les idées parasites disparaissent, et le temps change alors de rythme et de texture jusqu’à ce qu’apparaisse au détour du sentier l’objectif de la marche.

Retiré à l’écart des porteurs, des binômes et des compagnons, débute alors le dialogue intérieur entre moi et la grotte. Par superstition, peur, ou respect, je ne peux me mettre à l’eau sans avoir demandé permission, sans montrer patte blanche et respect aux Dieux de la grotte, ou au nom que vous leurs donnez. Cette pause impérative permet à mon esprit de se détacher de la matière organique qui me constitue, pour se diriger vers la matière minérale dans laquelle je m’apprête à disparaître.

Organiser le matériel est une phase importante de ma concentration.

Rituel de l’équipement, pour accueillir l’imprévu.

S’équiper devient une extension de l’état méditatif dont j’ai besoin avant de m’immerger. La mémoire musculaire de protocoles répétitifs, réglés comme du papier à musique, élimine les derniers parasites mentaux qui auraient survécu aux rigueurs de l’approche. Toutes mes pensées convergent alors vers la visualisation des prochains gestes à réaliser-

Au fil des ans une manière rigide, presque rituelle de vérifier tout mon matériel s’est imposée à moi. Bien que cette rigueur puisse sembler superstition aux yeux du néophyte, elle est à mes yeux un moyen d’avoir sur ma vie un contrôle maximal, une façon de renforcer la confiance dans ma capacité à prendre en main mon futur et ma survie.

Cela me permet aussi d’accepter, voire d’apprécier, que je serai peu de temps après dans une des très rares situations de l’existence, ou l’aide d’autrui n’est pas une option.

Je continue alors à me fermer au monde terrestre que je laisse, pour me donner au monde aquatique qui m’attend et l’anxiété diminue, finalement. Concentré et détendu, l’immersion peut alors commencer.

Finalement prêt, l’aventure m’appelle, irrésistible.

Finalement présent au sein même de la planète, je suis un privilégié. Et bien qu’essayant de laisser une trace, je préfère qu’elle soit légère et qu’elle ne fasse pas référence à mon nom, à mon être, que l’indiscrétion de mes éclairages accompagnant mon éphémère passage ne troublent pas de trop l’obscurité éternelle. 

L’objectif n’est alors plus que d’atteindre la fin de cette ligne insignifiante. Insignifiante et à la fois symbole de tant de choses : le symbole ponctuel de l’isolement jouissif, de la curiosité à son apogée, l’espoir que chaque paysage qui s’ouvre soit absolument vierge d’œil humain, et dévoile une infinité de formes abstraites, si souvent reflets de mon état d’esprit.

Je n’ai rien à enseigner à la terre, mais elle dévoile alors des secrets que je suis sensé être le seul à connaître, sur elle comme sur moi-même.

Un satellite, une galaxie, peu importe la taille du passage, explorer c’est aussi savoir se contenter de n’importe quelle surprise et accepter que la surprise consiste souvent à ne faire aucune découverte…

Les mains sur la roche, les yeux fermés, l’isolement se brise alors puisque je suis au cœur de la terre, en contact indirect avec chaque élément qui la compose, dans une bulle temporairement intemporelle, en apesanteur méditative. 

Certains sens exacerbés par la disparition de certains autres, intimement lié à l’univers par l’isolement le plus brutal, je suis alors au sommet de la pyramide, au sommet du sens de ma vie.

Le retour à la réalité terrestre ne mérite sans doute pas de vous ennuyer plus avec mes états d’âme. Il se compose en effet essentiellement de frustrations, pour la plupart positives et constructives. Le sujet est en lui-même si vaste, qu’il sera l’objet d’un autre texte.

En attendant je suis là, face à moi-même, à l’univers, et à ma propre existence comme explorateur des derniers endroits cachés de la planète.

Vincent Rouquette Cathala

Je suis né dans le sud de la France,
J’ai commencé à plonger à l’âge de 12 ans.
J’ai fait une carrière dans l’ingénierie des procédés industriels, avant de décider de devenir moniteur de plongée à plein temps.
Cela fait maintenant 19 ans que je travaille dans le domaine de la plongée, et j’enseigne la spéléologie ainsi que la plongée technique depuis plus de dix ans.
Après avoir plongé et travaillé au Canada, en Nouvelle-Zélande, aux Tonga, en France, en Espagne, aux États-Unis et au Mexique.
Je vis ici au Mexique depuis 17 ans, où je suis resté par amour pour ces lieux spéciaux que sont les cénotes.
Avec ma meilleure amie, Natalie Gibb, nous recherchons, explorons et documentons les cénotes de la péninsule du Yucatan depuis maintenant plus de 10 ans.

Jacques Chabbert, hommage à une «mémoire» de la plongée française

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Connu principalement chez les collectionneurs, les amateurs de plongée vintage mais aussi chez les plongeurs d’Occitanie avec son magasin d’Agde, Jacques Chabbert était une référence nationale en matière de matériel de plongée, doublé d’un grand historien du monde de l’exploration subaquatique. Jacques est parti pour son ultime voyage, discrètement, comme il l’a été toute sa vie. Ses amis, consternés par l’annonce du décès, ont tenu à rendre un hommage sincère à cet homme dont l’érudition n’avait d’égale que la gentillesse…

Jacques avec, en médaillon, le casque de scaphandrier lourd des années 70 «La Spirotechnique», un objet rarissime qu’il a cédé à Philippe Rousseau… Avant d’en trouver un autre !

Philippe Rousseau : «un complice de 40 ans»

Notre vieil ami Jacques CHABBERT (avec deux B, il insistait d’ailleurs régulièrement pour la bonne orthographe de son patronyme) vient de nous quitter subitement. Jacques était depuis des décennies un vrai passionné du matériel de plongée. Il était depuis 1969 agent agréé d’une grande marque française (*). Il avait ouvert deux magasins de vente de matériel de plongée, l’un à Béziers et l’autre à Agde. Depuis déjà un certain temps, il n’avait conservé que son magasin à Agde. Au fil des années, Jacques est devenu le plus ancien agent agréé de la marque qu’il représentait. Il connaissait parfaitement l’historique de la société et il maîtrisait toutes les subtilités de fonctionnement des différentes productions, même les plus anciennes.

C’est cette passion commune qui nous a rapprochés. Nous nous connaissions depuis environ une quarantaine d’années.

Il y a environ une vingtaine d’années, j’avais racheté à Jacques un casque de scaphandrier lourd des années 70 dont « La Spirotechnique » avait fait fabriquer une série limitée en Espagne par l’artisan ayant produit précédemment les casques lourds vendus par la société espagnole « Nemrod ». Il porte d’ailleurs la plaque-fabricant « La Spirotechnique – Espana ». Quelques semaines plus tard, Jacques a regretté de s’en être séparé en me le vendant et il s’est mis à en rechercher un autre exemplaire qu’il a d’ailleurs fini par trouver et acquérir.

Plus récemment, nous avions travaillé ensemble sur un article historique consacré à Georges Herail et à ses scaphandres autonomes « Poumondeau ». Notre papier était d’abord paru dans la revue de plongée « Octopus » avant d’être traduit dans différentes langues et publié à l’étranger ainsi que sur le web-magazine Plongée Infos.

Jacques est parti pour le paradis des passionnés de matériel de plongée et il nous manque déjà cruellement. J’ai une pensée affectueuse toute particulière pour sa femme Huguette et l’ensemble des membres de sa famille.

Salut, vieux complice, tu fais toujours partie de nos palanquées et garde bien ton embout car ta bouteille d’air est maintenant devenue inépuisable.

À gauche, Patrice Strazzera ; à droite, Jacques Chabbert

Patrice Strazzera : «un peu comme un père»

Quelle tristesse de perdre un membre de la famille des plongeurs. Jacques était un homme qui ne faisait pas de vague, il était toujours discret, il n’aimait pas être dans la lumière des projecteurs. Ce qu’il aimait, c’était partager sa passion humblement et sans prétention. 

Je me souviens lorsque j’ai commencé à m’équiper en matériel de plongée il y a 43 ans, ma mère m’avait emmené avec sa Simca 1000 à Béziers au magasin Plongée Technic, j’avais même téléphoné à Jacques pour qu’il me réserve ma première Fenzy (bouée stabilisatrice, ancêtre du gilet – NDLR). Devant mon jeune âge, il m’avait fait la leçon pour l’utilisation de celle-ci, un peu comme un père qui donnerait des conseils à son fils. 

Mon regard sur lui a toujours été celui d’un gamin de 14 ans émerveillé devant cet homme avec tant gentillesse. Puis avec le temps il est devenu ma référence pour le matériel, pour moi c’était Monsieur Mistral. 

Je me souviens qu’un jour je lui avais dit qu’il était capable de démonter et remonter un Mistral les deux yeux fermés, il m’avait répondu avec amusement que maintenant il le faisait que d’un œil depuis qu’il avait perdu l’acuité visuelle du gauche… 

Pour moi et pour beaucoup, il restera la référence du matériel vintage, c’est une grande perte pour notre communauté.

Photo prise lors du Plongée Rétro à Cerbère en 2018, Jacques est à gauche, Luc Fuster au centre et Stéphane Eyme à droite

Luc Fuster : «une véritable bibliothèque»

Une légende de la plongée en France vient de nous quitter. Jacques, c’était avant tout un homme discret, simple et passionné. Ses connaissances n’avaient d’égal que sa gentillesse. Il était la mémoire vivante de la plongée française. Une bible ? Non ! Une bibliothèque. Une véritable bibliothèque qui vient de disparaître comme jadis celle d’Alexandrie.

Il partageait son savoir avec une telle générosité ! Il m’a tellement appris !… il était simplement incollable. Nos échanges vont me manquer comme ils manqueront à bon nombre d’entre nous.

Aujourd’hui, c’est toute une communauté qui est en deuil. Mes pensées et toute mon affection vont à Huguette, n’oublions pas que derrière un grand homme il y a toujours une femme qui se cache…

J’espère qu’il est bien arrivé à bon port dans le monde du silence. Salut Jacques ! 

Jaques aux commandes du sous-marin Saga à Marseille

Sylvie Rouvet : «un homme discret, cultivé, passionné»

Dix lignes ne me suffisent pas à rendre hommage à Jacques, tant c’était un homme discret, cultivé, passionné… 

Il est parti cette nuit, sans rien dire, emportant avec lui tous ses secrets… C’était une bible à lui tout seul. Il est parti pour l’ultime plongée, tellement profonde que l’on n’en remonte jamais. 

Reconnu dans le milieu comme un grand spécialiste et passionné, tous ceux qui trempent plus ou moins, en bouteilles ou pas, le connaissent. Bon voyage jacquot, on ne t’oubliera pas !

Jacques était toujours là pour donner un coup de main, ici (à droite) il aidait Eric Souverville à équiper les gens lors du Plongée Vintage à Canet en Roussillon en 2013.

Eric Souverville : «un féru du matériel de plongée»

Passionné ! Voilà comment on pourrait définir Jacques en un seul mot…

Passionné par la vie et les gens, c’était un féru de la technique du matériel de plongée, répondant toujours présent aux différentes sollicitations, il était très actif au sein de différentes associations locales et nationales.

Il était attiré et passionné par la mer et ne pouvait vivre loin de celle-ci. 

Passionné par la plongée et son histoire, il était membre de « HDS France » (Historical Diving Society – NDLR) et modérateur de groupes Facebook dédié à l’histoire de la plongée.

Et enfin passionné par sa marque de prédilection dans le matériel de plongée (*). Son histoire, il la connaissait par cœur, cette marque l’a accompagné tout au long de sa vie professionnelle, de Béziers jusqu’à Agde. 

Merci Jacques pour tout ce que tu m’as apporté, tout ce que tu m’appris sur la plongée, merci de ces grands moments de vie partagés lors de nos rencontres. Je te souhaite une bonne dernière plongée mon ami.

Photo de groupe prise lors d’une des nombres réunions conviviales au GPES 

Martine Fournier : «plus qu’un ami, un frère»

Pour nous Jacques était plus qu’un ami, un frère, un homme simple, discret, d’une gentillesse et d’une disponibilité qu’on constate peu de nos jours. Il était un puits de connaissances historiques et techniques, une référence dans le monde la plongée. Il était en contact avec le monde entier à travers le site Plongée Vintage et les collectionneurs de partout.

Il a été depuis les années 70 le pilier du GPES du Languedoc, il occupa le poste de secrétaire et trésorier du club. Tous les vendredi, c’était apéro dans son magasin de Béziers et on s’y agglutinait tant bien que mal alors qu’il continuait  à travailler dans ce brouhaha, toujours souriant, content de faire plaisir aux plongeurs et amis.

Le club a un bateau, la Jeanne (je pense que c’est le troisième du nom), basé à l’avant-port du Cap d’Agde. Il assurait le transport des plongeurs membres du club souvent au lieu dit “les tables”. Jacques et son épouse Huguette assuraient le gonflage des bouteilles dans leur magasin d’Agde, puis ensuite du Cap d’Agde. 

Les plongeurs des années 70/80 sont restés pour certains amis et forment encore aujourd’hui un groupe sur Facebook, les Anciens du GPES se retrouvaient régulièrement pour des repas et entretenaient des relations fortes dont Jacques était le pilier. Nous sommes tous effondrés par sa disparition.

Mon mari Roger et moi-même sommes à Nouméa, car nous n’avons pas encore pu rentrer en métropole à cause de la Covid et nous en sommes d’autant plus malheureux.

Mon mari était le moniteur principal du GPES à la fin des années 79, « le chef », comme Jacques s’amusait à l’appeler. Jacques était d’une profonde humanité et d’une grande humilité, c’était notre ami, notre frère. 

Nous lui souhaitons une dernière belle plongée et toutes nos condoléances à Huguette.

(*) La marque que Jacques Chabbert représentait depuis plus de 51 ans n’a pas souhaité s’associer à cet hommage, nous respectons son souhait et n’avons donc pas cité le nom de cette compagnie dans l’article.