Publicité

Le palmage a toujours été une phase délicate de l’apprentissage de la plongée. Les moniteurs nous réchauffent sans relâche l’éternel «mouvement jambe tendue, qui part de la hanche…», alors qu’eux-même, en immersion, plient allègrement les jambes… La solution nous vient encore des Tekkies, comme bien souvent. Ceux-là ont mis au point une méthode à la fois efficace, peu fatigante et qui permet de ne pas se retrouver rapidement dans un nuage de vase… Cette technique, innovante, est pourtant vieille comme le monde puisqu’elle est pratiquée avec beaucoup d’efficacité par les grenouilles : le Frog Kick !

Le Frog Kick (en Anglais litteralement «coup de pied de grenouille» ou palmage grenouille), est une technique mise au point par les plongeurs spéléo afin de se déplacer efficacement, sans effort et surtout sans remuer les sédiments pour ne pas obscurcir la visibilité. En effet la position des palmes est beaucoup plus haute que le palmage classique et les battements brassent beaucoup moins l’eau. Si le plongeur est parfaitement équilibré, il peut alors se déplacer à quelques centimètres au-dessus du fond sans soulever les sédiments. Cet avantage peut-être vital en plongée souterraine où la détérioration de la visibilité ajoute une difficulté supplémentaire à une plongée déjà bien compliquée.

Cette technique a été reprise par les plongeurs d’épaves, pour les mêmes raisons, c’est-à-dire éviter de remuer les sédiments à l’intérieur des épaves, ce qui pourrait empêcher le plongeur de retrouver la sortie. Là encore, le déplacement en est facilité et moins fatiguant.

Ce sont enfin la majorité des plongeurs Tek qui ont adopté la technique du Frog Kick, pour son efficacité et sa facilité d’utilisation.

Un palmage peu conventionnel

En plongée loisir, fédérale ou non, on n’aborde quasiment jamais le Frog Kick. Les moniteurs, formatés dans le moule de leurs écoles respectives, sont en général très conservateurs et n’aiment pas beaucoup avoir à se remettre en question…

La technique du Frog Kick peut surprendre, voire même laisser sceptique au premier abord, car elle va à l’encontre de la technique classique de palmage «en ciseau». Dans tous les clubs, les encadrants insistent lors de la formation pour que les élèvent pratiquent un palmage symétrique, les jambes tendues formant un ciseau dont le mouvement part de la hanche. Cette technique du ciseau est certes efficace dans certaines conditions, comme la nage avec palmes, mais ne répond pas aux besoins spécifiques de certains types de plongée. Elle est même plus difficile à assimiler que le Frog Kick, car c’est un mouvement de force peu adapté à une plongée fluide et intelligente.

La technique

Publicité

Contrairement au palmage en ciseau où il est demandé de tendre les jambes, le Frog Kick peut parfaitement se pratiquer avec les jambes pliées. Car plus les palmes sont éloignées du fond, moins elles vont soulever les sédiments. Le plongeur, bien équilibré, se trouve en position horizontale avec les genoux pliés à 90°. les mollets sont donc en position quasiment verticale, mais ils peuvent très bien se trouver à un angle intermédiaire (45°, 60°…) et garder toute l’efficacité au palmage.

Les palmes quant à elles doivent se trouver toujours en position horizontale, parallèles au fond. Le mouvement ne partira donc plus de la hanche, comme dans le cas du ciseau, mais de la cheville, voire éventuellement du genou. Moins de muscles utilisés, un mouvement plus fluide, donc moins d’effort et moins de consommation, c’est donc tout bénéfice pour le plongeur.

Le plongeur se trouvant dans cette position, pieds et palmes relevés, il va dans un premier temps écarter les voilures des palmes, en les gardant toujours bien horizontales, de façon à retrouver ses pointes de pieds à 45° par rapport aux talons. Il peut s’aider dans se mouvement en écartant les jambes, ce qui aura pour effet d’ajouter un peu plus de force au palmage.

Dans un second temps, il va incliner les voilures de ses palmes, en abaissant les bords intérieurs, un peu comme s’il voulait rassembler ses palmes en faisant se toucher le dos des voilures (sous le pied). Pour s’aider dans ce mouvement, il peut en même temps écarter les genoux, ce qui aidera à incliner les voilures des palmes.

Le plongeur ramène ensuite ses pieds l’un contre l’autre. Quand les voilure vont arriver en contact, elles ne seront plus horizontales, mais se trouveront inclinées vers l’intérieur (l’entrejambe) à 45°.

C’est l’eau repoussée vers l’arrière par les voilures inclinées des palmes qui va provoquer en réaction la propulsion du plongeur et comme elle se retrouve canalisée par les voilures, le flux d’eau est dirigé vers l’arrière et non pas vers le bas, d’où le fait que les sédiments du fond ne sont pas dérangés. Quand les deux palmes arrivent en contact, le plongeur les replace en position horizontale, prêtes à recommencer le mouvement.

Comme dit plus haut, le Frog Kick peut avoir une faible amplitude si le mouvement est initié à partir des cheville. C’est la technique utilisée dans les endroits exigüs où l’on avance très calmement. Dans un endroit dégagé, si l’on veut donner plus de force au palmage, on pourra aider le mouvement avec les jambes, en les écartant et en les resserrant, augmentant par la même occasion l’amplitude du mouvement, donc la force de propulsion.

Quelles palmes ?

Les palmes utilisées pour la technique du Frog Kick ne doivent pas être très sophistiquées, puisque de toutes façons elles ne vont pas travailler dans le sens pour lequel elles ont été fabriquées. Les tuyères, fenêtres, renforts, articulations et autres n’apportent rien de plus puisque le mouvement du Frog Kick n’est pas longitudinal, mais transversal par rapport à la longueur de la voilure. Celle-ci devra donc être la plus plate possible. Tout au plus, les nervures pourront aider à diriger le flux dans la seconde phase du palmage.

Le Frog Kick peut aussi bien se pratiquer avec des palmes courtes et larges, qu’avec des palmes longues et étroites. Mais la largeur apporte un plus à l’efficacité.

Le Frog Kick, quand il est correctement pratiqué, se montre tout aussi efficace qu’un palmage classique, tout en étant beaucoup moins fatiguant. C’est donc un atout important en plongée et la simplicité de mise en œuvre, la facilité avec laquelle le plongeur va trouver ses appuis en font une méthode de premier ordre. Dommage qu’il n’est pas plus pratiqué en plongée de loisir, car il pourrait faciliter grandement l’apprentissage du déplacement subaquatique.

Ce n’est pas un hasard si dans la nature, les grenouilles utilisent cette technique avec l’efficacité qu’on leur connaît…

1 COMMENTAIRE

  1. c’est quoi cette histoire, des formateurs trop formatés?

    Vous ne pensez pas que cet argument est facile et bon marché et non justifié dans votre plaidoyé ?

    Je vous vois bien faire du frog pour rejoindre un bateau en surface ou faire du maintien surface.

    Les usages essentiels du palmage ne sont pas le frog.

    Personnellement je ne fais que du frog en plongée, mais pour cela enseigner le trim toujours horizontal est nécessaire, y compris aux débutants a remplacer par l hipocampe… vous ne le dites pas cela cependant.

LAISSER UNE RÉPONSE

Entrez votre commentaire s'il vous plaît !
Veuillez entrer votre nom ici


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.