André Laban, le Peintre du Bleu, s’en est allé vers le paradis bleu

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Artiste peintre, cinéaste, explorateur, ancien compagnon du Commandant Cousteau pendant plus de 20 ans, mais aussi poète, humoriste et écrivain, André Laban, l’une des grandes figures des arts subaquatiques, a tiré sa révérence à quelques jours de son 90anniversaire.

Né le 19 octobre 1928 à Marseille, André Laban était une grande personnalité du monde de la plongée sous-marine, à plusieurs titres. Tout d’abord pour avoir passé plus de 20 ans aux côtés du célèbre Commandant Cousteau, à bord de la Calypso, puis en devenant l’un des très rares artistes peintres à exercer leur art directement sous l’eau, enfin en mettant en scène devant une caméra immergée des allégories cinématographiques aux thèmes oniriques et poétiques, non sans un certain degré d’humour.

Embarqué en 1952 comme ingénieur chimiste sur le navire océanographique de l’Odyssée sous-marine, il se tourna très vite vers l’image sous-marine en fabriquant, dès 1953, un caisson étanche pour y placer une caméra de télévision en vue de l’émission télévisée « En direct du fond des mers ». Du coup, d’André Laban trouva sa voie et ce ne serait pas la chimie, mais l’image sous-marine, sous toutes ses formes.

En 1956, lors de la réalisation du célèbre film « Le monde du silence » par Louis Malle et Cousteau, qui allait gagner la Palme d’or au Festival de Cannes en 1957, ce fut encore André Laban, qui avec Claude Strada et Armand Davso, deux autres compagnons de la Calypso, fabriqua les caissons des caméras de 35 mm nécessaires au tournage en format cinéma.

André Laban continua par la suite les explorations en pilotant la soucoupe plongeante de Cousteau et en co-réalisant deux films de la série « L’Odyssée sous-marine de l’équipe Cousteau ». Puis ce fut l’opération « Précontinent 3 » à 100 mètres de profondeur pendant 3 semaines au large du Cap Ferrat, une première mondiale. En tant que chef de la mission, André intervenait dans tous les domaines de l’expérience, aussi bien sur le plan scientifique que technique ou humain. C’est à cette période que, saisi de l’envie de matérialiser le plus fidèlement la vision du plongeur dans le bleu des profondeurs, tout en traduisant les impressions ressenties dans cette zone crépusculaire engloutie, André Laban commença à peindre des paysages sous-marins, dans une palette où apparaissent toutes les tonalités du bleu. Alors qu’il était passionné de peinture depuis l’âge de 11 ans, ses premières œuvres subaquatiques sortirent de l’eau en 1966. Il était alors le premier artiste à réaliser ses œuvres en plongée.

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Son congédiement de l’équipe Cousteau au début des années 70, pour des raisons financières, fut une déchirure pour André Laban, qui reconnaissait avoir énormément appris pendant cette période ponctuée des plus belles aventures de l’Odyssée sous-marine. Mais il ne baissa pas les bras pour autant.

Puis les distinctions s’enchaînèrent, autant pour ses peintures que pour ses films. En 1996, il obtint la palme d’or au Festival Mondial de l’Image Sous-Marine d’Antibes pour son film « Iris et Oniris ». Puis il édita un livre, « La passion du Bleu », ainsi qu’un album de dessins, Des lames de fond au fond de l’âme ». Son dernier film, « Neptunia », a remporté le prix de l’humour au Festival d’Antibes en 2007. En 2010, il publia un ouvrage humoristique intitulé « Dictionnaire des petit mots logiques », suivi de son dernier, « On ne radine pas avec l’humour ».

Mais au milieu de ce foisonnement intellectuel et artistique, ce sont de nombreuses œuvres qui sont venues enrichir le patrimoine de cet artiste accompli au cours des quelque 50 années de peinture sous-marine, couronnées par une exposition au Salon de la Plongée de Paris en 2015, année qui fut celle de la réalisation des ses deux dernières toiles subaquatiques à l’Estartit, en Espagne devant les caméras de la télévision espagnole. Lors de cette dernière plongée, André affichait 86 printemps à son compteur…

André Laban est décédé le 10 octobre 2018, à moins de 10 jours de son 90eanniversaire, dans son atelier de Saint Antonin Noble Val, dans le sud de la France. Puisse-t-il reposer en paix après une vie aussi bien remplie et avec une Œuvre aussi riche qui, gageons-le, lui survivra encore bien longtemps. La rédaction de Plongée Infos s’associe à la douleur de la famille et lui adresse ses plus sincères condoléances.

Source : Maecene Arts – www.maecene-arts.com

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