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Par Philip Simha et Paul Poivert

L’eau est là, toute l’année, comme la montagne. Et, tout comme la montagne se prête aussi bien à la randonné en été, qu’au ski en hiver, l’eau, elle aussi, nous accueille et nous permet de profiter de sa diversité toute l’année. En été, avec un vêtement humide plus ou moins épais ; l’hiver, bien protégé par un vêtement étanche. Le confort, quoi !

Quel dommage, l’automne venu, de ranger son matériel de plongée dans l’armoire alors que là, dehors, la vie continue sous l’eau et que des tas d’autres découvertes vous attendent ! La plongée en vêtement étanche, c’est une chance unique de plonger confortablement toute l’année et son apprentissage ne présente – contrairement à une croyance parfois répandue – aucune grosse difficulté, il suffit d’ailleurs de deux plongées seulement pour découvrir toutes les particularités de la “combi sèche” et adapter ses techniques de plongée à ce nouvel équipement. Pour rester fidèles à la philosophie de formation continue « étape par étape » et de la diversification des activités en plongée, suivre une formation à l’utilisation d’une combinaison étanche amène aux plongeurs les outils nécessaires pour pouvoir ensuite plonger en vêtement sec en toute sécurité et surtout avec un confort maximal, dans une variété d’environnements allant de la plongée en toutes saisons en mer comme en eau douce, à la plongée en milieux froids comme sous la glace ou en zone polaire.

Néoprène, trilaminé… Des combinaisons pour tous les goûts

La plongée en étanche présente toute une série de considérations qui nécessitent un apprentissage compact mais tout de même conséquent. Dans le cadre de la formation, l’instructeur passera d’abord en revue avec les élèves les différents types de vêtements secs et aidera les élèves à sélectionner celui qui leur est le mieux adapté. Cet essayage est l’un des éléments critiques pour s’assurer que le plongeur se sente ensuite bien dans son vêtement. Mais au-delà de la taille et du confort eux-mêmes, l’instructeur aborde aussi les autres notions liées au matériel, telles que les différentes sortes de manchons ou de collerettes qui existent et l’option de monter des gants étanches ; de même, on pourra souligner l’importance de la bonne étanchéité des jointures et voir comment entretenir proprement la fermeture Eclair, l’un des éléments-clés de l’étanchéité du vêtement. Puis d’autres éléments liés au matériel vont aussi être abordés, comme par exemple la conformité du détendeur, qui doit être à même d’alimenter le vêtement sec sans perte sur le confort respiratoire, et ainsi de suite. Profitant de cet atelier articulé autour du matériel lui-même, l’instructeur peut également démontrer comment effectuer des réparations de base sur un vêtement sec – aussi bien sur du néoprène que sur du trilaminé – et comment en tester l’étanchéité. Même des aspects plus techniques peuvent être passés en revue, comme par exemple le remplacement de manchons usés par des manchons neufs, etc.

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Au sec sous l’eau…

Les plongées peuvent se dérouler à n’importe quel moment du cours et ne doivent pas forcément être précédées de la théorie, même si l’efficacité du cours est maximisée lorsque les participants ont effectué leur étude individuelle au préalable. Côté pratique, pour ceux qui n’ont jamais eu l’occasion d’employer un vêtement étanche, mieux vaut découvrir les facéties de la plongée en vêtement sec dans une zone tranquille et de faible profondeur, que de se lancer directement dans le grand bain.

Au cours de cette première plongée, le néophyte de l’étanche aura l’occasion de redécouvrir la maîtrise de la flottabilité et de se familiariser avec les finesses de réglage entre combi sèche et gilet stabilisateur.

Le moniteur démontre aussi bien les techniques de gestion de la flottabilité, que les méthodes qui permettent de se sortir adroitement des différents petits soucis qui peuvent être liés à cet équipement. Vous vous souvenez du légendaire plongeur en étanche qui remonte les pieds en l’air ? Cette grande particularité du vêtement sec devient souvent une occasion de se divertir et de rire comme rarement en plongée! Après quelques tentatives – et la découverte de positions sous-marines qu’ils ne soupçonnaient peut-être même pas – les élèves parviennent à maîtriser les retournements et autres pirouettes tridimensionnelles qui permettent d’éviter cette remontée « pieds en haut ».

… Et au chaud aussi !

En matière de plongée en milieu naturel, ces deux plongées de formation à l’étanche vont donner l’occasion aux plongeurs de retrouver le plaisir d’évoluer dans des eaux plus fraîches sans souffrir du froid. Avant même de descendre, il est utile d’effectuer en surface une vérification de la bonne quantité et de la bonne répartition du lestage. Aussitôt la descente entamée, c’est le bon positionnement du corps qui va éventuellement donner un peu de fil à retordre. Ce sont en général les plombs de cheville qui jouent un rôle déterminant dans la bonne position du corps sous l’eau, contrant la flottabilité positive due à l’air dans le vêtement.

Pour un meilleur contrôle, il est judicieux d’effectuer la première descente le long d’un bout. Lente et contrôlée, la descente s’achève en flottabilité nulle, au-dessus du fond. Sous l’eau, les exercices se font oublier pour laisser place essentiellement à des explorations, agrémentées de petites étapes techniques qui font partie de l’utilisation normale du vêtement étanche. La plongée se terminera par une remontée lente et contrôlée, pour bien gérer la purge du volume d’air en expansion dans la combinaison et tenir un palier de principe confortablement.

Les trucs du moniteur

Voici maintenant deux « trucs », deux techniques fondamentales qui vont permettre de régler 95% des problèmes que l’on peut rencontrer en combinaison étanche. Le reste ne sera qu’entraînement et manipulation des commandes.

Pour bien maîtriser son équilibre dans l’eau et sa flottabilité avec une combinaison étanche, il est inutile d’injecter beaucoup d’air dans la combinaison. Contrairement à ce que l’on peut entendre (ou lire) lors de certaines formations, le volume d’une combinaison étanche n’a aucune vocation à remplacer le gilet stabilisateur. A l’exception de certaines combinaisons spécifiques pourvues d’une poche dorsale de flottabilité, la combi étanche classique ne doit pas être utilisée pour gérer sa stabilisation, ce qui impliquerait d’injecter des quantités d’air qui seraient difficilement contôlables par la suite. L’intérieur d’une combinaison étanche, qui n’est forcément pas compartimenté, permet la circulation de l’air autour du corps, ce qui a pour intérêt de décoller la combinaison du corps et éviter le phénomène de dépression créé à la descente (squeeze, effet loi de Boyle – Mariotte). Si l’on injecte trop d’air, celui-ci va donc circuler le long du corps du plongeur pour aller s’accumuler dans les parties les plus hautes. Quand le plongeur est en position verticale ou au moins inclinée, tête en haut, l’air va se cantonner au niveau de la poitrine. Mais si le plongeur effectue une descente tête en avant (canard), l’air va aller s’accumuler dans les jambières et les botillons. Le plongeur aura alors toutes les peines du monde à retrouver sa position normale et risque de terminer sa plongée en émergeant les pieds les premiers, sous les rires et les quolibets de ses copains…

La quantité d’air à injecter doit être juste suffisante pour décoller la combinaison et éviter l’effet de compression ; une simple petite injection suffit. Ainsi la quantité d’air injectée ne sera pas suffisante pour transformer vos pieds en bouées et même après un canard, vous pourrez aisément replier vos jambes et les ramener pour renvoyer l’air qui s’y est accumulé vers les autres parties du corps, retrouvant facilement votre position normale.

A ceux qui gonflent inconsidérément leur combinaison pour s’isoler de l’extérieur et lutter contre le froid, nous répondrons qu’il vaut mieux s’équiper d’une sous-combinaison permettant un bon confort thermique, ce qui sera préférable au fait de ressembler à un Bibendum, avec tous les aléas décrits ci-dessus…

Le deuxième conseil est de s‘équiper de plombs de chevilles, ce qui présente deux intérêts : d’une part, la présence de poids (0,5 ou 1 kg suivant les combinaisons et les goûts du plongeur) permet de contrebalancer la flottabilité de l’air accumulé dans les jambières ; d’autre part, le fait de serrer les sangles tenant les poids au niveau des chevilles, a pour effet de resserrer les jambières de la combinaison et réduire la quantité d’air qui peut s’y accumuler, évitant ainsi de transformer les jambières en ballons.

 Les quatre saisons de la renaissance

Alors que nombre de plongeurs ont encore à l’esprit les images anciennes des vêtements étanches qui donnaient l’impression que leurs utilisateurs s’étaient équipés auprès d’un marchand de sac de pommes de terre, il est juste de souligner que les sèches d’aujourd’hui procurent un confort extraordinaire. Les matériaux, tout comme les techniques de fabrication, assurent non seulement un vêtement souple et confortable, mais permettent aussi chez la plupart des fabricants de faire couper un vêtement étanche sur mesure, parfaitement adapté à la morphologie de son utilisateur.

Le plongeur étanche peut ainsi profiter de la plongée pendant les quatre saisons et il aurait bien tort de se priver. Les saisons plus fraîches amènent aussi leurs beautés, que ce soit dans le comportement de la faune ou dans la clarté que les lacs retrouvent avec l’hiver. Mais au-delà du plaisir incontestable de pouvoir évoluer sur des sites familiers douze mois par an, il faut surtout y voir aussi la chance de découvrir de nouveaux horizons. La maîtrise du vêtement étanche vous amène en effet des possibilités uniques d’effectuer des plongées insolites ou spectaculaires. Au rang des décors de rêves, en étanche on peut découvrir la plongée sous un lac gelé au cœur d’un cirque montagneux ; dans des environnements à prime abord plus exigeants, comme les lacs, l’étanche nous amènera à réaliser que ces sites ont aussi leur beauté, tant au niveau de la faune et de la flore, qu’en matière d’épaves mystérieuses. Et bien sûr, même dans les environnements plus cléments, comme la Méditerranée, plonger sec en hiver reste le meilleur moyen de profiter confortablement des périodes de l’année où les mers sont moins peuplées… En fin de compte, la plongée en vêtement étanche bien enseignée, c’est un atout pour le plaisir, pour la sécurité, pour le confort, pour l’aventure et pour la découverte. Alors, surtout, ne rangez pas votre matériel au fond du garage pendant la saison froide ; là, dehors, sous la surface, la vie continue toute l’année !

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