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Connu principalement chez les collectionneurs, les amateurs de plongée vintage mais aussi chez les plongeurs d’Occitanie avec son magasin d’Agde, Jacques Chabbert était une référence nationale en matière de matériel de plongée, doublé d’un grand historien du monde de l’exploration subaquatique. Jacques est parti pour son ultime voyage, discrètement, comme il l’a été toute sa vie. Ses amis, consternés par l’annonce du décès, ont tenu à rendre un hommage sincère à cet homme dont l’érudition n’avait d’égale que la gentillesse…

Jacques avec, en médaillon, le casque de scaphandrier lourd des années 70 «La Spirotechnique», un objet rarissime qu’il a cédé à Philippe Rousseau… Avant d’en trouver un autre !

Philippe Rousseau : «un complice de 40 ans»

Notre vieil ami Jacques CHABBERT (avec deux B, il insistait d’ailleurs régulièrement pour la bonne orthographe de son patronyme) vient de nous quitter subitement. Jacques était depuis des décennies un vrai passionné du matériel de plongée. Il était depuis 1969 agent agréé d’une grande marque française (*). Il avait ouvert deux magasins de vente de matériel de plongée, l’un à Béziers et l’autre à Agde. Depuis déjà un certain temps, il n’avait conservé que son magasin à Agde. Au fil des années, Jacques est devenu le plus ancien agent agréé de la marque qu’il représentait. Il connaissait parfaitement l’historique de la société et il maîtrisait toutes les subtilités de fonctionnement des différentes productions, même les plus anciennes.

C’est cette passion commune qui nous a rapprochés. Nous nous connaissions depuis environ une quarantaine d’années.

Il y a environ une vingtaine d’années, j’avais racheté à Jacques un casque de scaphandrier lourd des années 70 dont « La Spirotechnique » avait fait fabriquer une série limitée en Espagne par l’artisan ayant produit précédemment les casques lourds vendus par la société espagnole « Nemrod ». Il porte d’ailleurs la plaque-fabricant « La Spirotechnique – Espana ». Quelques semaines plus tard, Jacques a regretté de s’en être séparé en me le vendant et il s’est mis à en rechercher un autre exemplaire qu’il a d’ailleurs fini par trouver et acquérir.

Plus récemment, nous avions travaillé ensemble sur un article historique consacré à Georges Herail et à ses scaphandres autonomes « Poumondeau ». Notre papier était d’abord paru dans la revue de plongée « Octopus » avant d’être traduit dans différentes langues et publié à l’étranger ainsi que sur le web-magazine Plongée Infos.

Jacques est parti pour le paradis des passionnés de matériel de plongée et il nous manque déjà cruellement. J’ai une pensée affectueuse toute particulière pour sa femme Huguette et l’ensemble des membres de sa famille.

Salut, vieux complice, tu fais toujours partie de nos palanquées et garde bien ton embout car ta bouteille d’air est maintenant devenue inépuisable.

À gauche, Patrice Strazzera ; à droite, Jacques Chabbert

Patrice Strazzera : «un peu comme un père»

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Quelle tristesse de perdre un membre de la famille des plongeurs. Jacques était un homme qui ne faisait pas de vague, il était toujours discret, il n’aimait pas être dans la lumière des projecteurs. Ce qu’il aimait, c’était partager sa passion humblement et sans prétention. 

Je me souviens lorsque j’ai commencé à m’équiper en matériel de plongée il y a 43 ans, ma mère m’avait emmené avec sa Simca 1000 à Béziers au magasin Plongée Technic, j’avais même téléphoné à Jacques pour qu’il me réserve ma première Fenzy (bouée stabilisatrice, ancêtre du gilet – NDLR). Devant mon jeune âge, il m’avait fait la leçon pour l’utilisation de celle-ci, un peu comme un père qui donnerait des conseils à son fils. 

Mon regard sur lui a toujours été celui d’un gamin de 14 ans émerveillé devant cet homme avec tant gentillesse. Puis avec le temps il est devenu ma référence pour le matériel, pour moi c’était Monsieur Mistral. 

Je me souviens qu’un jour je lui avais dit qu’il était capable de démonter et remonter un Mistral les deux yeux fermés, il m’avait répondu avec amusement que maintenant il le faisait que d’un œil depuis qu’il avait perdu l’acuité visuelle du gauche… 

Pour moi et pour beaucoup, il restera la référence du matériel vintage, c’est une grande perte pour notre communauté.

Photo prise lors du Plongée Rétro à Cerbère en 2018, Jacques est à gauche, Luc Fuster au centre et Stéphane Eyme à droite

Luc Fuster : «une véritable bibliothèque»

Une légende de la plongée en France vient de nous quitter. Jacques, c’était avant tout un homme discret, simple et passionné. Ses connaissances n’avaient d’égal que sa gentillesse. Il était la mémoire vivante de la plongée française. Une bible ? Non ! Une bibliothèque. Une véritable bibliothèque qui vient de disparaître comme jadis celle d’Alexandrie.

Il partageait son savoir avec une telle générosité ! Il m’a tellement appris !… il était simplement incollable. Nos échanges vont me manquer comme ils manqueront à bon nombre d’entre nous.

Aujourd’hui, c’est toute une communauté qui est en deuil. Mes pensées et toute mon affection vont à Huguette, n’oublions pas que derrière un grand homme il y a toujours une femme qui se cache…

J’espère qu’il est bien arrivé à bon port dans le monde du silence. Salut Jacques ! 

Jaques aux commandes du sous-marin Saga à Marseille

Sylvie Rouvet : «un homme discret, cultivé, passionné»

Dix lignes ne me suffisent pas à rendre hommage à Jacques, tant c’était un homme discret, cultivé, passionné… 

Il est parti cette nuit, sans rien dire, emportant avec lui tous ses secrets… C’était une bible à lui tout seul. Il est parti pour l’ultime plongée, tellement profonde que l’on n’en remonte jamais. 

Reconnu dans le milieu comme un grand spécialiste et passionné, tous ceux qui trempent plus ou moins, en bouteilles ou pas, le connaissent. Bon voyage jacquot, on ne t’oubliera pas !

Jacques était toujours là pour donner un coup de main, ici (à droite) il aidait Eric Souverville à équiper les gens lors du Plongée Vintage à Canet en Roussillon en 2013.

Eric Souverville : «un féru du matériel de plongée»

Passionné ! Voilà comment on pourrait définir Jacques en un seul mot…

Passionné par la vie et les gens, c’était un féru de la technique du matériel de plongée, répondant toujours présent aux différentes sollicitations, il était très actif au sein de différentes associations locales et nationales.

Il était attiré et passionné par la mer et ne pouvait vivre loin de celle-ci. 

Passionné par la plongée et son histoire, il était membre de « HDS France » (Historical Diving Society – NDLR) et modérateur de groupes Facebook dédié à l’histoire de la plongée.

Et enfin passionné par sa marque de prédilection dans le matériel de plongée (*). Son histoire, il la connaissait par cœur, cette marque l’a accompagné tout au long de sa vie professionnelle, de Béziers jusqu’à Agde. 

Merci Jacques pour tout ce que tu m’as apporté, tout ce que tu m’appris sur la plongée, merci de ces grands moments de vie partagés lors de nos rencontres. Je te souhaite une bonne dernière plongée mon ami.

Photo de groupe prise lors d’une des nombres réunions conviviales au GPES 

Martine Fournier : «plus qu’un ami, un frère»

Pour nous Jacques était plus qu’un ami, un frère, un homme simple, discret, d’une gentillesse et d’une disponibilité qu’on constate peu de nos jours. Il était un puits de connaissances historiques et techniques, une référence dans le monde la plongée. Il était en contact avec le monde entier à travers le site Plongée Vintage et les collectionneurs de partout.

Il a été depuis les années 70 le pilier du GPES du Languedoc, il occupa le poste de secrétaire et trésorier du club. Tous les vendredi, c’était apéro dans son magasin de Béziers et on s’y agglutinait tant bien que mal alors qu’il continuait  à travailler dans ce brouhaha, toujours souriant, content de faire plaisir aux plongeurs et amis.

Le club a un bateau, la Jeanne (je pense que c’est le troisième du nom), basé à l’avant-port du Cap d’Agde. Il assurait le transport des plongeurs membres du club souvent au lieu dit “les tables”. Jacques et son épouse Huguette assuraient le gonflage des bouteilles dans leur magasin d’Agde, puis ensuite du Cap d’Agde. 

Les plongeurs des années 70/80 sont restés pour certains amis et forment encore aujourd’hui un groupe sur Facebook, les Anciens du GPES se retrouvaient régulièrement pour des repas et entretenaient des relations fortes dont Jacques était le pilier. Nous sommes tous effondrés par sa disparition.

Mon mari Roger et moi-même sommes à Nouméa, car nous n’avons pas encore pu rentrer en métropole à cause de la Covid et nous en sommes d’autant plus malheureux.

Mon mari était le moniteur principal du GPES à la fin des années 79, « le chef », comme Jacques s’amusait à l’appeler. Jacques était d’une profonde humanité et d’une grande humilité, c’était notre ami, notre frère. 

Nous lui souhaitons une dernière belle plongée et toutes nos condoléances à Huguette.

(*) La marque que Jacques Chabbert représentait depuis plus de 51 ans n’a pas souhaité s’associer à cet hommage, nous respectons son souhait et n’avons donc pas cité le nom de cette compagnie dans l’article.

1 COMMENTAIRE

  1. Très étonnant de la part d’Aqualung de ne pas vouloir être cité et associé à l’image de ce monsiuer qui a beaucoup fait pour eux …

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