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Texte et photos Patrick Désormais

Avec les chaleurs caniculaires de l’été, quoi de mieux que d’aller trouver un peu de fraîcheur sur les magnifiques côtes bretonnes, dont les fonds tellement riches n’ont rien à envier aux destinations plus exotiques ?…

Brehat plage de Guerzido

On dit que séjourner sur une île est une expérience particulière. Ceci se vérifie sur l’île de Bréhat où toutes voitures et motos sont absentes, qu’il n’y a pas de pont vers le continent qui n’est pourtant éloigné que de 700 m maximum, et que tous les visiteurs journaliers ont regagné le continent. A ce moment un calme langoureux s’installe sur l’île et l’on apprécie cette zenitude. On sait que l’on va bien dormir et pouvoir profiter au maximum de nos plongées. 

Coquette (femelle) – Labrus bimaculatus

L’île de Bréhat est constituée en fait de deux îles, à marée haute, reliées par le pont de la prairie, long d’une vingtaine de mètres, depuis le XVIIIème siècle. Son point culminant le Chrec’h Simon, culmine à 35 mètres et permet d’avoir une large vue sur l’archipel. Longue de 3.5 km et large de 1.5 km au maximum, les marées étant importantes dans cette région, Bréhat fut en France le premier site naturel classé en juillet 1907.

Erigeron

Elle bénéficie d’un microclimat particulièrement favorable qui donne des hivers doux et favorise donc la croissance d’une grande diversité de fleurs et plantes, cela lui a valu le surnom d’ « île aux fleurs ». On y trouve des mimosas, des eucalyptus, des agapanthes, des hortensias, des géraniums, des figuiers et même des palmiers, les gelées y étant extrêmement rares.

Devant la plongeuse : Fucus vesiculeux – Fucus vesiculosus

Constituée pour une grande part de granit rose, l’île se situe à l’extrême est de la côte de granit rose, les couchers de soleil y sont particulièrement flamboyants. Les 86 îlots et récifs qui constituent l’archipel, rendent la navigation dangereuse sans de solides connaissances maritimes des lieux. Mais pour les yeux, c’est un régal de voir se couvrir et se découvrir toutes ces formes abstraites au fil des marées.

Brehat Guerzido

Cinq sentiers de randonnées parcourent l’île et ses monuments. Le phare du Paon (reconstruit après-guerre suite à son dynamitage par les allemands lors de leur déroute), l’église Notre-Dame, le sémaphore, le moulin à marée sont quelques-uns des lieux à visiter entre deux plongées. Les distances sont courtes, les chemins agréablement non fatigants bordés de fleurs et la mer jamais loin pour pouvoir admirer le paysage.

Plage de Guerzido
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Nous posons nos sacs au centre nautique les Albatros. Le centre de plongée et le gîte sont attenant au centre, tout est sur place et nous sommes à 10 m de la mer, autant dire les pieds dans l’eau. David nous accueille sympathiquement comme d’habitude, il faut dire que c’est notre troisième séjour. C’est un professionnel du coin qui connait bien Bréhat et ses moindres récifs. Il nous emmènera toujours sans problème en fonction des marées et des courants pour que nous puissions réaliser de bonnes plongées. Notre groupe de douze personnes, capacité maxi du gîte, embarque facilement sur le zodiac de 18 places et son moteur de 300 chevaux. Cela nous arrange, nous les photographes, nous serons à l’aise avec notre matériel.

Gorgone verruqueuse – Eunicella verrucosa

Plonger autour de l’île de Bréhat, c’est laminaires et crustacés à chaque immersion. Les champs de laminaires côtoient des éboulis de roches pleins de cachettes et des langues de sable.

Araignee de mer – Maja brachydactyla

C’est le domaine des araignées, tourteaux, étrilles et homards. Chaque plongée vous permettra d’en observer certains de tailles imposantes.

Tourteau – Cancer pagurus

Attention où vous mettez vos mains, car certaines araignées sont particulièrement bien camouflées et des pinces de 10 cm peuvent faire quelques dégâts sur vos pauvres doigts.

Coquille Saint-Jacques – Pecten maximus

Sur le sable, à moitié enterré, vous remarquerez des rangées d’yeux qui vous observent, ce sont les coquilles Saint-Jacques. Si elles se sentent trop importunées, elles filent en pleine eau de façon saccadée, pour aller se poser plus loin.

Dragonnet lyre – Callionymus lyra

Au passage, elles effraient de petits dragonnets qui, immobiles sur le sable, passent inaperçus avec leur robe d’un mimétisme impressionnant avec le substrat. Les vieilles sont en nombre, elles se faufilent furtivement entre les laminaires, leurs couleurs sont très variées et elles se laissent difficilement approcher, timides comme elles le sont.

Oeuf de raie

Les coquettes, de couleur rose sont plus abordables et certains spécimens atteignent les 30 cm. Sur les plongées les plus au large, ce sont des bancs de lieus que vous serez amenés à rencontrer ainsi que des tacots reconnaissables à leurs bandes verticales sombres et argentées.

Plie – Pleuronectes platessa

Ne manquez pas de scruter les langues de sable, vous y découvrirez des turbots et leurs yeux exorbités insouciants des nasses réticulées traçant leur route vers quelques rendez-vous.

Raie torpille marbree – Torpedo marmorata

Des raies torpilles se reposent immobiles dans quelques recoins et il faut de la chance pour les croiser.

Blennie gattorugine – Parablennius gattorugine

Les seiches sont aussi présentes et il est toujours fascinant de les voir changer de couleur en fonction du décor qu’elles survolent.

Petite roussette – Scyliorhinus canicula

La présence de roussettes, suivant les saisons, nous permettent d’étudier de près ces petits requins placides, elles se posent n’importe où et restent tranquilles, on se demande qui observe qui.

Congre – Conger conger

La plus belle plongée est à mon avis la « Basse du Nord », située au large à 20’  de bateau, c’est une plongée qui est sportive mais qui vaut le déplacement. En fonction de la marée, David nous indique une heure précise de départ, la mise à l’eau se fait environ 20’ avant l’étale, donc avec courant, descente au bout obligatoire, il faut se hâler vers le fond en drapeau jusqu’à être abrité par un tombant bienvenu qui nous protège tout à coup de la violence de la marée. La plongée se fait donc tranquille et la remontée de même, paliers en pleine eau, grâce à l’étale salvatrice.

Anemone bijou – Corynactis viridis

Ce tombant est magnifique, parsemé de corynactis, c’est une véritable nurserie à blennie gatorugine.

Flabelline verruqueuse – Flabellina verrucosa

Des gorgones parsèment la paroi, elles abritent quelques tritonia pour qui a de bons yeux. Ces limaces sont repérables à leurs pontes qui, légèrement grisâtres se repèrent plus facilement qu’elles, leur mimétisme de forme étant très performant.

Homard europeen – Homarus gammarus

Un homard au pied du tombant se carapatera dans son trou en nous voyant arriver, tandis qu’un crénilabre de Baillon se prélassera devant nos hublots, sûrement le moins craintif des poissons de Manche.

Blennie gattorugine – Parablennius gattorugine

De retour au gîte, après une bonne douche chaude, surtout pour ceux qui n’ont pas d’étanche, nous nous installons sur la terrasse du gîte pour un apéro tranquille.

Brehat fleuri

A 10 m de la mer, le regard perdu sur les écueils de l’archipel, nous apprécions le silence reposant de l’île de Bréhat entrecoupé du cri des goélands. Nous refaisons le monde de la plongée en devisant, tournés face au soleil…

Geranium maderense

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