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Texte et photos Henri Eskenazi

Et si le corps et l’esprit trouvaient leur source à Maurice ? La rencontre du ciel et de la mer, ici-bas. Chauffée par le soleil, baignée par les flots, cette île des Mascareignes représente un superbe compromis entre culture et nature : de la mer sont venus les hommes, témoins du passé, avec leur noblesse multiple; du ciel, ce bijou de l’océan Indien conserve une infinie légèreté qui concrétise les rêves…

J’explore ainsi les couleurs insulaires harmonieuses, les horizons changeants au gré des heures, les vestiges du passé, les danses d’aujourd’hui, l’accueil mauricien enfin. Telle une danseuse créole sur le sable blanc, l’île Maurice joue de ses charmes sur fond de mer turquoise.

Donc, destination : le bonheur !

Là-dessus, le point de vue est unanime. Maurice, posée sur l’océan inlassablement azur, fait toujours rêver. Comme si ce prénom usuel incarnait au mieux les vacances avec une couche de soleil immuable.

L’évidence posée, il reste à choisir le style de rêve qui me tente : au nord-ouest, j’apprécie ici et maintenant, plus que n’importe où, l’air tiède de la plage immense de Trou aux Biches et le doux sourire de Stéphanie à l’arrivée. Deux valeurs sûres ! Plus tard, à l’Est, après avoir laissé l’église au toit rouge de Cap Malheureux et sa vue imprenable sur l’île Coin de Mire, l’hôtel Belle Mare Plage m’accueille avec un raffinement mesuré. En m’invitant à l’évasion, avec la nature pour écrin, il demeure le parfait exemple de savoir-vivre et de recevoir, à l’esprit ouvert, davantage soucieux d’un bien-être convivial que de luxe excessif.

Désolé, je m’émerveille encore des oiseaux colorés qui viennent picorer les miettes sur ma table. Birdfeeding ?

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A chacun ses goûts donc et ses envies. Traîner par exemple dans le marché de Port-Louis au bazar des épices, entouré de sourires rythmés de couleurs et de parfums créoles qui content l’ailleurs, l’autrement, mais surtout une véritable douceur de vivre. Découvrir un séga improvisé, cette danse qui fait tourner les têtes. S’émouvoir des regards d’enfants amusés au milieu de villages dessinés tels des tableaux naïfs.

Là-bas, entre ces quelques monts égarés, le Corps de Garde à gauche, le Pouce et le Pieter-Both à droite, j’aperçois de part et d’autre de la route, les champs de canne à sucre, haute, prête à être coupée en juillet. Je perçois presque cette odeur suave si caractéristique comme si l’une des plus sublimes îles de la planète ne faisait pas déjà assez fantasmer.

Une mangouste traverse la route bordée de flamboyants, formant des tunnels dans l’attente de se fleurir en rouge. Un temple tamoul richement orné accroche mon regard.

Plus haut, un vol d’oiseaux me cache presque le seul nuage blanc qui tache le ciel.

Sous le miroir

Plus profond enfin, je goutte aux joies de la 3D en multicolore. Le monde du silence devient bruyant car la vie y bat son plein : crépitement du corail, percussions des poissons-chirurgiens, sifflements et cris des dauphins.

Je me trouve face à l’océan… Les pensées dans le vague et l’âme pointée vers l’horizon. Une petite brise subtile traverse la plage, surfant sur les ondulations du lagon et provoquant des courants d’air chaud entre les palmes. Je ferme les yeux pour mieux humer les odeurs du vent, m’imprégner de l’intemporalité de l’instant tout comme de l’intense jouissance qu’ils me procurent.

Des trois kilomètres de la plage de Trou aux Biches, la réalité fait ici place à l’imaginaire nourri tout au long de mes nombreux voyages. De plus, la beauté des lieux, en plongée, se succède à l’extérieur du lagon. Une fois dans l’eau, mes perceptions habituelles reviennent malgré une excitation toujours constante, presque virginale : les impressions étranges, le corps si différent, l’esprit perturbé, l’âme qui s’envole… Peut-être ? Plongée dans l’émotion, pleine de sens. Ravissement de l’instant.

Pour aimer la mer, il faut rêver d’elle. L’extraordinaire voyage dans l’océan commence dans sa tête en stimulant un esprit aventureux : dans ce monde sous-marin, à la fois magique et mystérieux, se mêlent toutes les formes de vie. Du plus petit au plus fou. Du plus coloré au plus étrange.

Dans mon enfance déjà, j’imaginais l’océan Indien avec des Peaux-Rouges sous l’eau… au galop, chevauchant des plaines enfouies et poursuivis par des requins ! Plus tard, le rêve est toujours là. Sans Apaches ni Cheyennes mais avec les squales. Une vie ne suffit pas pour jouir de tout ce qu’il y a de beau sous la surface…Je côtoie, dans ce vaste monde, une féerie corallienne de couleurs vives au milieu de poissons heureux. Je me sens tel un extraterrestre se glissant impunément au milieu d’une nature généreuse, frôlant des anges, des papillons, des clowns, des cochets, des perroquets, des lions, des coffres, des raies tachetées ou des tortues débonnaires. D’un petit signe de la main, je salue les autochtones. Si je connaissais leur langage, il est certain que je m’exprimerais à eux avec ravissement dans un état de quasi-béatitude. Cousteau disait : « C’est beau la vie, surtout sous l’eau ! »

Des épaves

Lors de l’un de mes jours plongée, l’épave du Stella Maru, un bateau de pêche de 44m de long sur 7m de large, s’étale à 24m sur le sable blanc, bien droite, toujours fière depuis son immersion décidée le 6 décembre 1987 pour le bien-être des plongeurs ( quand la législation française autorisera t’elle ce genre d’initiative aux conséquences positives pour tous, y compris pour les poissons ? ). Une dizaine de barracudas accompagnent ma descente en pleine eau. Aussitôt une nuée de poissons papillons m’attendent sur le pont : l’un d’eux, encore plus téméraire, vient même tapoter la vitre de mon masque. Un baliste titan, dépourvu de toute agressivité (pour une fois !), poursuit mon binôme : pas de coups de dents, rires, étonnement de la palanquée… Que la nature est bizarre ! Un banc de rougets pâlichons observe la scène tandis que notre guide me fait un signe complice pour me montrer deux gobies posés sur une branche de corail jaune. Apparemment, c’est son secret et merci à lui de bien vouloir le partager avec moi… clic.

A Lost anchor, on retrouve bien la grosse ancre perdue depuis le XVIIème siècle et coincée dans le rocher vers 25m de fond. Tout près, un labre curieux joue à cache-cache avec moi derrière une immense gorgone Subergorgia mollis. Un léger courant nous pousse vers le site de Holt’s rocks : deux plongées pour le prix d’une ! hi hi hi. Un poulpe change sa robe pour se fondre dans le substrat à deux pas d’un magnifique nudibranche Nembrotha vert et rouge. Puis, rendez-vous avec un couple de balistes intimes qui nous mène à la fameuse grosse murène de Java annoncée lors du briefing.

Puis, show et danse sensuelle de la bête de deux mètres et du plongeur : un beau moment d’émotion que celui de voir Hugues caresser langoureusement cette énorme murène ! Le compte est bon.

Les deux barges métalliques Water Lily et Emilie sont toujours là, vautrées sur le sable à 26m. Lovées à l’intérieur des pneus qui les entourent, je retrouve les nombreuses murènes d’espèces différentes. Des dizaines de ptéroïs flottent paisiblement. Des bancs denses de Lutjanus kasmira, à rayures bleues, tournoient autour des supra structures. Deux beaux poissons anges juvéniles, à cercles bleus et blancs grandissent patiemment autour des deux épaves tandis que sous l’une d’elle, se tapissent deux poissons crocodiles des sables. Un magnifique Ocellatus, peu farouche, se niche à la gauche de l’intérieur de la poupe, tandis qu’un poisson feuille rouge se ballade sur le côté droit de la barge cassée (avis aux photographes !).

Mais, à mon goût, la plus belle architecture sous-marine de la région se retrouve à Stenopus reef avec ces immenses gorgones ou ces coraux durs verts qui dessinent leur silhouette squelettée dans le soleil. Les deux gros rochers décorés sont espacés d’une bande de sable à 38m : Beau, sans hésitation !

Des poissons

Plus confidentielles, les plongées effectuées dans l’est de l’île sont autant de promesses de rencontres inattendues avec des espèces pélagiques (requins, raies, barracudas, thons…). Bien entendu, les poissons de récifs, les coquillages et les nudibranches restent représentés, pour mon plus grand plaisir.

Ici, les immersions peuvent être surprenantes même si quelquefois le vent du sud-est vient perturber le programme. Peu importe car il est toujours possible de plonger.

Par exemple, à la Forêt de gorgones, on trouve bien évidemment beaucoup de belles gorgones. Un requin qui passe aussi.

Par contre, dans la Passe du puits, il y a trois nœuds de courant et donc beaucoup plus de poissons : carangues, capitaines, bécunes, lutjans, soldats… L’architecture, très tourmentée, y est originale. Il y a des trous partout dans les amas coralliens, laissant passer les rayons du soleil et créant autant de contre courants où il est possible de s’abriter. L’astre du jour dessine ainsi sur le sable blanc de furtifs dessins abstraits. « Léon», le vieux barracuda solitaire nous attend en pleine eau.

Les guides mauriciens, avec beaucoup de joie de vivre, nous montrent les beautés du Jardin japonais ; nudibranches minuscules, poissons feuilles à peine perceptible, étoiles de mer aux couleurs prétentieuses avec un diodon par ci, une murène par là.

Sur le trajet du retour en pneumatique, les commentaires vont bon train : « Camarad, twa bien contan ? Twa po véni demin ?». J’acquiesse d’un sourire satisfait.

Bien au large, vers le Nord, l’île Ronde pointe sa silhouette sur l’horizon. On peut y plonger également…

D’autres noms encore goûteux nous rappellent qu’Anglais et Français ont marqué leur présence avant l’indépendance de l’île Maurice : Château, Tombant plat, Lobster canyon, Madrass, Yen place, La Passe canon avec des plongées toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

Le peu de place qu’il me reste dans cet article ne me permet pas de décrire les magnifiques plongées de la région de Flic-en-Flac, au sud-ouest. Un magazine entier ne suffirait pas tant, dans une si petite île, il y a de variétés de poissons, de coraux avec en plus quelques épaves pour agrémenter le décor !

Une île de douceur

L’île Maurice… Son nom rime avec lagons azurés, plongées inoubliables, jardins tropicaux exubérants, farniente à l’ombre des cocotiers et des filaos, ces arbres d’origine indonésienne, mais également avec tourisme vert, senteurs d’épices cueillies sur les flancs doux de ses collines, accompagnées du gazouillis des oiseaux, saveurs indiennes, créoles, chinoises, festivals multiples et passionnants avec surtout, l’indéfectible hospitalité des Mauriciens à la générosité communicative.

Ainsi, en conclusion de ce séjour exceptionnel, je me permets de citer le Docteur A. Karl Mootoosamy qui connaît mieux que quiconque son île et sait la décrire avec les mots justes: « Maurice est passionnante et généreuse. Terre plurielle, elle livre à chaque instant de la journée l’un de ses nombreux secrets. En vous guidant sur quelques pistes essentielles, (…) saisir l’âme de cette île, son harmonie, sa faculté de réunir les courants des civilisations, sa tolérance religieuse, son entente exemplaire.

Poésie des regards, sourires amis, la population très accueillante sera heureuse de vous faire découvrir l’exotisme des marchés, partager avec elle son engouement pour la fête.

Saveurs et senteurs se conjuguent. Maurice, île plurielle, fascine. Douce caresse des alizés, le corps se délasse et l’âme se repose. Paysages enchanteurs et magie du décor procurent une sensation indéfinissable de bien-être.

Subtile alliance de couleurs et de lumières, la surprise est immense. Le rêve merveilleux s’anime : la rencontre est humaine. »

L’île Maurice, c’est plus qu’un voyage, c’est un mélange des sens! Comment donc ne pas en tomber amoureux ?

SITUATION : A l’est de Madagascar, sur le Tropique du Capricorne, près de La Réunion

CAPITALE : Port-Louis

FUSEAU HORAIRE : + 3 heures en hiver ; + 2 heures en été

TEMPERATURE : Air = 24 à 30°C ; Eau = 20 à 26°C

LANGUE : Anglais, Créole, Français, Langues indiennes

MONNAIE : La Roupie mauricienne (1€ = 38MUR environ)

FORMALITES : Passeport valide encore 6 mois après la date de retour

TELEPHONE : Si vous téléphonez de France, l’indicatif est le 00 230 mais pour contacter quelqu’un à Maurice, composez seulement les 7 numéros et vous ne serez facturé que pour une communication locale !

SANTE : Pas de vaccination obligatoire. Pas de paludisme mais protection anti-moustiques conseillée

METEO : Chaud et humide mais grâce aux brises côtières, la chaleur est rarement excessive. Les pluies, parfois abondantes, tombent sous forme de promptes averses orageuses laissant place à de belles éclaircies. La mer est souvent calme

VOL : 2 à 3 vols quotidiens sans escale de 11h30 (jour ou nuit) entre Paris-CDG 2C et Maurice en Airbus A340 avec, gratuit, 20Kg d’équipement sportif = entre 600 et 1000€ aller-retour. L’aéroport de Plaisance est situé à 80 km de Trou aux Biches, à 50 km de Belle Mare, à 55 km de Flic-en-Flac.

CONDUITE AUTOMOBILE : On roule à gauche mais la priorité est à droite…

Un peu d’histoire

 Maurice est une île de 1865km2 avec 330kms de côtes et de plages. Inhabitée jusqu’en 1498 quand, dans le sillage de Vasco de Gama, des navigateurs portugais découvrirent ce petit paradis tropical qui, avec Rodrigues et La Réunion, fut nommé « archipel des Mascareignes » . Au cours des années suivirent l’occupation hollandaise, les colonies française et anglaise avec l’affluence conséquente de différentes ethnies de l’Afrique, l’Inde et la Chine. Actuellement, on compte 1 200 000 habitants.

Depuis 1968, Maurice est indépendante et gouvernée par une république parlementaire. Son économie est surtout basée sur la culture de la canne à sucre, l’industrie textile et le tourisme.

 

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