Par Jean-Louis Maurette pour l’Expédition Scyllias www.scyllias.fr

Plus de 60 ans se sont écoulés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale mais aujourd’hui encore on retrouve des sépultures de soldats, des épaves de navires disparus comme le sous-marin soviétique SH 211…

Plus de 60 ans se sont écoulés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale mais aujourd’hui encore on retrouve des sépultures de soldats inconnus, des carcasses d’avions et des épaves de navires disparus. Durant de longues années la Russie était restée sans nouvelle du célèbre sous-marin Shuka (brochet) 211 à l’origine de plusieurs croisières de guerre fructueuses au départ de Sebastopol en direction des côtes bulgares et disparu sans laisser de trace en novembre 1941. Il faudra attendre l’automne 2000 pour que, à environ 8 milles au sud-est du port de Varna, un pêcheur bulgare croche ses filets dans une épave qui allait se révéler être celle d’un sous-marin reposant par –25 mètres. Or quatre sous-marins soviétiques, dont trois déjà retrouvés et formellement identifiés, figurent parmi la liste des navires coulés dans cette zone. Il ne restait donc que le quatrième, le Sh 211. Lors du second conflit mondial prés d’une centaine de submersibles soviétiques coulèrent, 93 en opération et 14 par accidents. La Voenno Morskoï Flot (Marine de guerre russe) paya le prix fort et les résultats obtenus par ses sous-marins ne furent pas réellement à la hauteur de leurs sacrifices. En Mer Noire nombreux furent les sous-marins soviétiques victimes des mines près des côtes bulgares et roumaines. Au début de la guerre, 44 submersibles étaient en service dans la Flotte de la Mer Noire au sein d’une force divisée en deux brigades navales. La première, commandée par le Capitaine de Vaisseau P. Boltounov, se composait de quatre divisions. Le Sh 211, aux ordres du Lieutenant de Vaisseau Alexandre Deviatko depuis le 22 juin 1941, était affecté à la quatrième division commandée par le Capitaine de Corvette B. Ouspenski.

Aux tous premiers mois du conflit le Sh 211 fut le premier sous-marin soviétique à remporter des succès. Le 15 août 1941 il coulait le cargo roumain Peles qui transportait de l’armement destiné aux troupes du Reich. Le 22 septembre, en embuscade près de Varna, c’était au tour du pétrolier italien Superga de goûter aux torpilles du Shuka, suivit le 14 novembre par le mouilleur de mines roumain Prince Karol. Avec ce palmarès décroché à une période de la guerre où les troupes soviétiques étaient souvent mises à mal il va sans dire que le commandant Deviatko était reconnu comme un excellent officier et que ces victoires étaient une bénédiction pour le moral des soldats et de la population. Le rôle attribué aux sous-marins de la Voenno Morskoï Flot comportait aussi d’autres missions que l’attaque des navires ennemis. Ainsi, en août et septembre, les sous-marins soviétiques avaient déposé en Bulgarie sept groupes de résistants composés d’hommes entraînés spécialement pour la guérilla.

Le 14 novembre 1941 le déjà légendaire Sh 211 quittait sa base de Sébastopol pour déposer des maquisards en Bulgarie, mission déjà effectuée sans problème le 11 août en débarquant 14 hommes sous les ordres du Commandant Tsviatko Radoïnov. Le lendemain peu avant l’aube les résistants bulgares débarquaient sur la terre ferme comme prévu. Cependant le principal danger pour le sous-marin résidait dans l’obligation de naviguer en surface durant quelques heures à cause de la profondeur insuffisante près de la côte et qui empêchait toute plongée. Pour des raisons de sécurités évidentes il était impératif que le retour s’effectua de nuit. Malheureusement l’opération ayant duré plus longtemps que prévu le soleil se levait déjà que le Sh 211 était loin d’avoir atteint la zone où il pouvait trouver la relative sécurité des profondeurs. Un avion de la Luftwaffe en patrouille anti-sous-marine l’aperçu et attaqua immédiatement. A bord du submersible soviétique les veilleurs détectèrent le danger et essayèrent de faire face mais les dés du destin étaient jetés. Tout en mitraillant le Sh 211 l’appareil allemand lança une bombe qui toucha l’avant du sous-marin, déclenchant l’explosion des torpilles. L’étrave pulvérisée le Sh 211 effectua alors son ultime plongée, emportant avec lui dans la mort la totalité de son équipage. Plusieurs jours après le drame un corps fut retrouvé près de Varna et identifié comme étant celui du commandant en second. Peu de temps avant le Lieutenant de Vaisseau Alexandre Deviatko venait d’être proposé pour l’Ordre de l’Etoile rouge. Il ne reçut jamais cette médaille…

Jusqu’à la fin 1941 les submersibles soviétiques effectuèrent 103 sorties opérationnelles et coulèrent trois sous-marins allemands, sept transports, deux petits bâtiments de guerre et une vingtaine de bateaux de servitude, soit environ 40 000 tonnes envoyées par le fond. Mais ces victoires furent chèrement acquises avec la disparition de sept sous-marins soviétiques et leurs équipages, soit presque trois cents hommes. Aux archives centrales de la Voenno Morskoï Flot figure la directive N° 159, un intéressant rapport de l’Amiral Nikolay Kouznetsov destiné à l’Etat Major des opérations navales en Mer Noire, dans lequel on peut lire : «Pendant ces six mois de la guerre les résultats ont été absolument désastreux. Mes ordres sur l’utilisation des sous-marins n’ont pas été suivis. Sept transports ennemis coulés pour la perte de sept sous-marins. Un transport pour un sous-marin. Par comparaison la Flotte du Nord avec ses quinze sous-marins au début de la guerre et ses vingt-et-un fin 1941 a coulé quarante-huit transports ennemis sans aucune perte ! Les causes sont les suivantes :

  • Mauvais positionnement sur les lignes de communication ennemies allant du Bosphore jusqu’à Odessa avec seulement 5/6 sous-marins. Le 18 novembre j’avais ordonné d’augmenter ce nombre à quatorze. Au lieu de quatorze vous en avez seulement repositionné trois.
  • Vous avez utilisé les sous-marins sans but défini, action que j’avais interdite. Maintenant à Koktebele vous avez débarqué vingt hommes à l’aide d’un sous-marin alors que vous pouviez le faire avec succès à l’aide de petites unités M0.
  • Vous avez effectué de mauvaises reconnaissances sans aucun résultat vers la zone de Poti. Pendant six mois pas une fois a été signalé un bateau ou un sous-marin ennemi.
  • Mauvais travail de l’état major dans la planification et l’organisation des opérations sous-marines, sans analyse de la situation, sans reconnaissance des zones. Manifestement les Sh 204, Sh 211 et C34 ont coulé. Le Sh 205 et le L4 ont coulé à cause de mines dans la zone N° 28 mais les sous-marins ont continué à y être envoyé.
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J’attends qu’on obéisse à mes ordres dans l’utilisation des sous-marins ainsi que votre rapport sur ce que vous avez fait et le résultat de vos analyses sur les six mois de la guerre pour diminuer les pertes de nos sous-marins et augmenter leur influence sur les zones de communication ennemie ».

Malgré cette directive qui donna certainement quelques cheveux blancs à nombre d’officiers de l’Etat Major soviétique de la Flotte de la Mer Noire aucune action ne permit de réduire les pertes des sous-marins durant la guerre. Il semble que les responsables de la Marine soviétique en Mer Noire cumulèrent les fautes tactiques et stratégiques pendant une grande partie du conflit. Il est probable aussi que les services de renseignements ne fournirent pas suffisamment d’informations, en particulier sur les positions des champs de mines, principale cause des pertes des sous-marins. Cette situation ne diminua en rien l’héroïsme dont firent preuve les sous-mariniers soviétiques mais réduisit notoirement leur efficacité.

 

L’identification

Un mois de juillet à la base navale russe de Sébastopol. Il est très tôt ce matin mais les rayons du soleil naissant commencent déjà à réchauffer l’atmosphère et donnent aux bâtiments militaires à l’aspect habituellement agressifs un air de fête. D’autant plus qu’une animation étrange règne à bord du navire de sauvetage Epron et du bateau de travail Kil 158. En effet, à bord de l’Epron montent plusieurs officiers de haut rang de la Voenno Morskoï Flot, des vétérans et… des journalistes de la télévision et de la presse écrite ! Les matelots sont alignés sur le pont au garde-à-vous alors que les caméras se tournent vers eux avant de se fixer sur un officier qui prend la parole. Tout le monde écoute avec attention car les personnes réunies ce jour attendent ce moment avec impatience depuis déjà plusieurs mois. Aujourd’hui les deux bâtiments de la flotte russe vont se rendre sur les côtes bulgares afin de plonger sur l’épave du sous-marin russe inconnu dans le but de l’inspecter et l’identifier. Dans la presse plusieurs informations ont déjà été publiées concernant la trouvaille faite par des plongeurs bulgares à la suite de la croche d’un filet par un pêcheur local, dont un article dans lequel Igor Larichev écrivait que l’épave devait être probablement celle du Sh 211 Shuka. Mais l’Etat Major de la Marine russe souhaite lever le doute et rendre ainsi un dernier hommage à l’équipage du sous-marin. Quelques heures après la fin de ce meeting peu ordinaire les deux navires voguent de concert, accompagnés parfois de dauphins jouant dans leur vague d’étrave. Pour ce premier jour de navigation un des officiers de l’Epron, le Lieutenant de Vaisseau Egrachin, a organisé dans la plus pure tradition de la Voenno Morskoï Flot la remise des diplômes aux jeunes plongeurs nouvellement promus. La procédure qui accompagne cette cérémonie est assez originale et déclenche l’hilarité d’une partie de l’équipage sur le pont. En effet les heureux élus sont tour à tour aspergés d’eau de mer contenue dans un vieux casque de scaphandrier datant de près d’un siècle ! Auparavant il fallait boire cette eau de mer trouble et sale directement dans ce vieux casque de scaphandrier. Maintenant les temps ont changé et… le médecin veille à la santé de l’équipage.

Arrivés près de Varna, les deux bâtiments russes sont réceptionnés par les Bulgares qui ont envoyé à leur encontre un navire de recherche afin de les assister dans leur tâche. L’accueil est chaleureux mais les marins et plongeurs bulgares restent stupéfaits par le fait que l’Epron et le Kil 158 se soient déplacés dans l’unique but d’identifier une épave de sous-marin de la seconde guerre mondiale et de lever le mystère qui entoure sa disparition. Une conférence de presse est d’ailleurs organisée à bord de l’Epron à ce sujet mais les questions posées aux officiers russes par les journalistes bulgares sont souvent chargées d’ambiguïté. Certains pensent que du fait que la Bulgarie se soit rapprochée de l’OTAN, sa grande sœur russe est venue rappeler sa présence, d’autres privilégient la thèse que la Voenno Morskoï Flot profiterait de l’expédition Shuka pour poser discrètement des balises acoustiques immergées. Pourtant tous les compartiments du navire sont ouverts et les reporters peuvent aller et venir comme bon leur semble, fait exceptionnel sur des unités militaires ! Il faut avouer que Bulgares et Russes s’apprécient car les années de lutte commune contre l’ennemi nazi ont tissé des liens étroits entre ces deux peuples, des années sombres qui restent présentes dans leurs mémoires, qui plus est dans le cadre bien particulier de cette rencontre exceptionnelle.

Le lendemain les recherches débutent mais il s’avère que les coordonnées géographiques de l’épave ne sont peut-être pas suffisamment précises et celle-ci n’est pas localisée au sondeur. La zone est quand même quadrillée par plusieurs équipes de plongeurs et scaphandriers qui se relaient sans discontinuer mais la mauvaise visibilité de l’ordre de trois mètres au grand maximum ne facilite pas leur travail. Le commandant de l’Epron et responsable de l’expédition, le Capitaine de Vaisseau V. Vassilichouk, lâche alors cette phrase : « Je pense que les âmes des marins craignent que nous les dérangions ». Après une nuit chargée d’interrogations les recherches reprennent à la pointe du jour. Cette fois-ci l’Epron change de place et l’un des scaphandriers, Vladimir Shihov, trouve immédiatement l’épave par –24 mètres, à 150 mètres de la position présumée exacte. Curieusement cette zone avait été quadrillée la veille ! C’est une énigme pour tout le monde mais la mauvaise visibilité est peut-être la cause de cette bizarrerie. L’équipe de plongeurs de l’Epron est composée de quatre scaphandriers militaires et du plongeur civil photographe/cameraman Sergueï Denissov. Il est prévu de nettoyer l’épave des nombreux lambeaux de filets qui la recouvrent avant d’essayer de pénétrer à l’intérieur et chercher des documents ou des objets permettant de l’identifier formellement. Deux scaphandriers russes en tenue réglementaire de pied lourd passent ainsi de longues heures en plongée afin de nettoyer l’épave et dressent les premières constatations. Ils sont aidés par des plongeurs bulgares en scaphandres autonomes qui utilisent des combinaisons sèches et des blocs d’air comprimé de 18 litres. Une myriade de bulles crevant la surface marque la zone où reposent les restes du sous-marin.

Il s’avère que le Shuka se tient dans une curieuse posture, l’avant encastrée dans la vase, l’arrière s’élevant au-dessus du fond, laissant voir les hélices et les barres de plongée. Les tôles qui formaient la baignoire ont disparu, le panneau qui permet d‘accéder au poste central est ouvert et le petit canon de 45 mm est toujours en place. Les pieds d’antennes et les puits des périscopes sont également visibles. L’étrave n’existe plus, volatilisée par une forte explosion mais de gros morceaux disséminés dix mètres en avant sont visibles. L’épave précisément localisée c’est au tour du Kil 158 d’entrer en action et de poser quatre énormes blocs de bétons autour du site afin que l’Epron puisse s’y amarrer à demeure le temps des travaux et investigations. Il est décidé de démonter le canon et une hélice et d’en faire don au Musée Naval de Sébastopol.

L’embase du canon est fixée au pont du sous-marin par une trentaine de vis récalcitrantes au démontage. Il en va de même pour l’hélice. Pas de problème, le chalumeau découpeur entre en action et bientôt ces deux pièces s’élèvent au-dessus des flots, suspendues au câble d’une grue, avant d’être montées à bord de l’Epron. Des marins nettoient avec hâte les concrétions, la rouille et les grosses moules de la Mer Noire qui recouvrent le canon. Une date apparaît… 1939, puis un numéro… 62, qui identifient formellement le Sh 211. A la stupéfaction de tous il apparaît qu’un obus est chambré !! La thèse officielle selon laquelle le Shuka aurait coulé après avoir heurté une mine n’est donc plus de mise. De plus, des constatations faites sur l’épave confirment que le sous-marin aurait bien été victime d’une attaque aérienne causant l’explosion des torpilles. Le scaphandrier Youri Gousev compare les dégâts avec ceux du Koursk sur lequel il a travaillé et, pour lui, nul doute que les dommages encore apparents sur la partie avant ont cet aspect caractéristique d’une explosion interne.

La prochaine plongée est destinée à investiguer l’intérieur du sous-marin. C’est un scaphandrier confirmé, Vladimir Koucheriavi, qui pénètre le premier dans les entrailles du vénérable Shuka. Son casque est équipé de phares, d’un système de communication radio et d’une caméra qui permettent de suivre sa progression en surface à bord de l’Epron. La régie est gérée par le Capitaine de Corvette J. Frolov. Le casque bardé de matériel qui équipe V. Koucheriavi ne facilite pas son passage par l’orifice d’un diamètre de 70 cm permettant d’accéder au poste central, compartiment où il évolue dans un espace sombre, étroit et encombré de nombreux câbles et tuyaux détachés pendant dans tous les sens tels des pièges mortels. « Comment ça va ? » questionne le Capitaine Frolov. « ça va bien ! » dit Koucheriavi en détachant chaque syllabe afin que sa réponse soit bien comprise en surface. Sur l’écran apparaissent soudainement, le compas, des cadrans divers… concrétionnés.

La vision d’un casque soviétique reposant sur le fond ramène les marins russes des années en arrière à l’époque de la Grande Guerre Patriotique, nom donné en Russie au second conflit mondial. Derrière tous ces visages penchés sur l’écran se cachent des pensées émues pour leurs frères d’armes qui reposent pour l’éternité dans les eaux limoneuses des côtes bulgares. Koucheriavi profite de son séjour à l’intérieur de l’épave pour nettoyer le plus possible le passage et le compartiment central afin qu’un second scaphandrier puisse mener des recherches afin d’essayer de trouver des documents. C’est au tour de Youri Gousev de pénétrer dans la sépulture. Il y arrive sans trop de problème mais se heurte dans ses recherches à l’épaisse couche de sédiments qui s’est déposée au cours des ans dans le sous-marin. Il faudrait employer une suceuse afin de désenvaser le Shuka mais personne ne souhaite déranger les âmes des sous-mariniers qui y dorment à l’abri des tempêtes des hommes depuis des décennies. De plus, le temps est compté pour l’expédition. Le Capitaine de Vaisseau V. Vassilichouk décide de fermer définitivement l’accès au Sh 211 en soudant le panneau supérieur du kiosque. A présent il s’agît d’une tombe de guerre qui porte officiellement un nom et dans laquelle reposent 44 sous-mariniers soviétiques. De retour à Sébastopol une cérémonie est organisée à la mémoire de ces hommes courageux qui donnèrent leur vie pour leur patrie, exemple d’un sacrifice qui permit, comme tant d’autre, d’accéder à la victoire finale contre l’envahisseur nazi. Après la guerre une rue de Varna fut déjà baptisée Deviatko en souvenir et en l’honneur du commandant du Sh 211.

CARACTERISTIQUES

 Classe : Sh, 5.

Chantier : Nikolaïeve.

Mise en chantier : 3 septembre 1934 sous le numéro 1035. Lancement : 3 septembre 1936.

Mise en service : 5 mai 1938.

Déplacement en surface: 586 tonnes.

Déplacement en plongée : 702 tonnes.

Longueur: 58,50 m.

Largeur: 6,20 m.

Tirant d’eau: 4,20 m.

Machines et propulsion : en surface 2 moteurs diesel développant 1370 CV- En plongée 2 moteurs électriques développant 800 CV.

Rayon d’action en surface : 6700 milles à 8 nœuds.

Rayon d’action en plongée : 100 milles à 2 nœuds.

Vitesse maximale en surface : 12,9 nœuds.

Vitesse maximale en plongée : 7 nœuds.

Armement : 6 tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l’avant et deux à l’arrière) et 4 torpilles de réserve – 2 pièce de 4,5 cm, une sur l’avant du kiosque et une sur l’arrière.

Effectif : 44 hommes.

Date de la perte : 16 novembre 1941.

Commandant : Lieutenant de Vaisseau Alexandre Deviatko

Disparus : 44.

Survivants : Aucun.

Succès : 3 navires.

 

Remerciements : Sergueï Denissov, Andreï Loubianov, Alexandre Ostrovski.

 

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